mercredi 2 juillet 2008

Comment bien se servir d'un 11 septembre

Le 11 septembre 2001 deux avions de ligne percutèrent violemment les tours jumelles du World Trade Center, un troisième s’écrasa sur le Pentagone et un quatrième qui devait selon toute probabilité tomber sur la Maison Blanche finit sa course dans la prairie de Pennsylvanie. Cette action sans terroriste sans précédent fut condamnée par les gouvernements du monde entier et moi-même je ne peux cautionner une action aussi violente (et stupide). Mais c’est étrange le nombre de fois que cette tragédie fut utilisée pour des intérêts très divers, allant de la guerre économique à la vente de yaourt, comme quoi ceux qui ont perdu la vie dans les avions ou les tours ne sont pas morts pour rien…

Au bout de quelques jours on découvrit qui est celui qui a monté cette opération : un certain Oussama Ben Laden, islamiste de son état et chef du mouvement islamiste armé agissant sous le nom d’Al Qaeda. La seule chose étrange étant que jusqu’à aujourd’hui aucune preuve n’a été avancée. Mais bon c’est pratique que ce soit un arabe, ça fait un bon prétexte pour aller faire de la purée Mousline dans les pays producteurs de pétrole. Excusez-moi, il faut dire aller combattre l’Axe du Mal, on ne rigole pas avec la terminologie.

Et pour commencer les USA décident d’aller en Afghanistan, où est censé être Ben Laden et ainsi faire tomber le gouvernement des Talibans, un gouvernement notoirement connu comme islamiste qui fut mis en place par… les USA (à l’époque c’était la Guerre Froide, il fallait bien contrer ces chiens de communistes). Mais, me direz-vous, pourquoi ne pas aller faire la guerre en Arabie Saoudite où le gouvernement est aussi islamiste qu’en Afghanistan et dont Ben Laden est issu ? Quelle idée saugrenue ! Ils donnent du pétrole, donc ils sont gentils (il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes).

La guerre est donc déclarée en Afghanistan et les médias occidentaux se sentent soudainement très concernés par la résistance afghane contre les talibans alors que le commandant Massud, le chef de la-dite résistance était mort le 10 septembre 2001 dans la plus grande indifférence, témoignée pas ces mêmes médias. C’est vrai que c’est sa faute, quelle idée de mourir la veille ? S’il était mort le 12 toutes les télévisions occidentales auraient pleuré sa mémoire.

La guerre est rondement menée et les anciens compagnons du commandant Massud arrivent à prendre plus ou moins le contrôle du pays. Puis, bizarrement, plus rien. L’Afghanistan disparaît du jour au lendemain de nos écrans de télévision (pas les tours qui s’écroulent, il faut toujours la ressortir de temps en temps pour faire pleurer dans les chaumières). Il faut comprendre nos médias : c’est drôle de voir des arabes taper des arabes mais au bout d’un moment ça ennuie le téléspectateur alors on parle de choses plus importantes comme la Star Academy.

Puis s’ensuivit une période calme ou les Etats-Unis (en la personne de Georges W Bush) se contentaient juste de promettre qu’il irait combattre l’Axe du Mal et casser de l’arabe d’ici peu. Puis, soudain, Bush (il avait dû parler avec papa) se dit que ça faisait trop longtemps que les USA étaient privés du pétrole irakien… Oups ! où ais-je la tête ? Il faut dire qu’il pensa à aller libérer le peuple irakien de la tyrannie sanglante qu’exerçait sur lui Saddam Hussein, dictateur de son état. Il demanda à l’ONU d’envoyer une équipe de spécialistes pour chercher des armes de destruction massive. Vu que l’enquête ne donnait rien il annonça qu’il possédait des preuves sur l’existence de telles armes en Irak. Bizarrement il ne les montrait pas ces fameuses preuves, peut-être parce qu’il s’agissait d’armes de distraction massive…

De concert avec le Royaume-Uni et quelques autres pays comme l’Espagne ou encore l’Italie ils demandèrent à l’ONU de pouvoir aller faire la guerre en Irak afin de renverser Hussein et, tant qu’à faire, récupérer le pétrole (ce serait bête qu’il soit perdu). C’est alors que la France entre en scène et au nom de la paix menace de poser son veto en cas d’attaque de l’Irak (juste au nom de la paix, l’idée saugrenue selon laquelle la France veut garder les 20% du pétrole irakien que lui vend le gouvernement de Saddam Hussein est évidemment totalement erronée).

Afin de convaincre l’opinion publique américaine le gouvernement Bush ressort alors les images du 11 septembre, tout en laissant entendre que Hussein et Ben Laden sont les meilleurs amis du monde et que finalement l’attentat avait été fomenté par eux deux. Comme quoi, ça peut toujours servir de resservir de temps en temps les images des avions qui s’encastrent dans les tours du World Trade Center. Avec l’opinion publique derrière elle, l’Amérique de Bush déclara la guerre à l’Irak (avec l’aide du Royaume-Uni et quelques autres) sans l’accord de l’ONU, ce qui était, de la part des Etats-Unis, la première fois depuis la création des Nation Unies. Enfin bon, quand on voit où ils en sont aujourd’hui, on se dit que la France a bien fait de s’opposer à cette guerre, même si la raison de son opposition n’était pas forcément des meilleures.

Depuis peu des maisons d’édition en perte de vitesse, voyant qu’il n’y a plus grand chose à dire sur Roswell et sur l’ « assassinat » de Lady Di se sont reconvertis dans le 11 septembre, une voie d’avenir. Ainsi on découvre tour a tour que le 11 septembre a été fomenté par la CIA pour ??? (on ne peut pas tout savoir), qu’il ne s’agit que d’un canular monté de toutes pièces par Hollywood, qu’en réalité des extraterrestres ont, par transmission de pensée, obligés les pilotes à rentrer dans le World Trade Center afin de mettre la pagaille sur notre monde en prévision d’une colonisation prochaine ou encore que c’est l’équipe de France de foot qui voulait faire oublier leur médiocrité chronique (ça n’a pas marché) et mille autres théories certes fort intéressante sur le plan littéraire, mais qui ne sont pas forcément très pertinentes sur le plan journalistique. Mais qui cela importe tant que cela peut permettre à certains de se remplir le portefeuille ?

Enfin bon c’est bien facile de montrer du doigt les Etas-Unis mais quand on regarde dans notre chère France le 11 septembre a eu certaines répercssions, à l’instar d’un certain nuage radioactif venu d’un endroit charmant nommé Tchernobyl. Car sinon comment expliquer que depuis les deux tours aux informations sept jours sur sept on nous parle d’insécurité ? Comment expliquer le score de Le Pen aux présidentielles de 2002 ? Comment expliquer la loi sur le voile ? Comment expliquer que le gouvernement se sente obligé de mettre un préfet musulman pour qu’on ne dise pas que la France est un pays raciste?

Mais il y a une chose à laquelle le 11 septembre 2001 a servi, et ce avec tout le succès qu’on puisse imaginer, c’est faire oublier un autre 11 septembre, celui de 1973 où un certain Pinochet, prit le pouvoir au Chili avec la bénédiction de l’Occident.










(p) & (c) Achim Shark 2004
dessins tirés de "Elftor" par Alex

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