vendredi 13 novembre 2009

Le fermier, la licorne et les chevaux

Il était une fois un magnifique village de campagne perdu dans les montagnes. La fierté de la population était son troupeau de chevaux : ils étaient blancs comme la neige des hauts sommets, doux comme le printemps chatoyant et rapides comme une rivière dévalant les pentes des monts environnants. Tous ignoraient que leur père était un unicorne noir.

Or, un jour, le maire s’aperçut que le troupeau avait disparu. Il ameuta tout le village et demanda qui serait assez brave aller chercher les magnifiques animaux, bravant sans doute mille dangers.

- Moi ! dit immédiatement Nathan, jeune paysan courageux, j’irai les chercher, dussè-je traverser la Terre et voir la gueule de l’Enfer s’ouvrir devant mes pas !
- Ton courage t’honore jeune Nathan, répartit le maire, je ne puis t’accompagner mais je te confie mon fusil.
- Ma fourche ! s’exclama un fermier.

En quelques minutes Nathan reçu cinq fourches, trois fusils et deux haches puis il partit sans attendre. Comme il marchait depuis deux jours il entendit une voix : « Nathan, je viens avec toi, tu auras besoin de mon aide. » Il se retourna, la stupeur se lut sur son visage : il voyait l’unicorne !

- N’ai pas peur, reprit l’unicorne, ces chevaux que tu cherches sont mes enfants, je vais t’aider à les retrouver. Car je sais qui les a volés et où ils sont séquestrés. C’est un sorcier et des voleurs, ils habitent la Forêt-Sans-Fin !
- La Forêt-Sans-Fin ! s’exclama-t-il, mais, dedans, il y a des bêtes sauvages, des monstres et que sais-je encore !
- Je sais, dit l’unicorne, mais allons-y, je vais te protéger ; J’ai tous les pouvoirs avec ma corne laser !

Ils cheminèrent donc de concert. A la lisière de la Forêt-Sans-Fin l’unicorne s’arrêta et dit :

- Nathan, coupe-moi la langue !
- Ta corne ? Mais pourquoi ?
- Coupe-moi la langue, c’est un ordre !
- Dans ce cas… D’accord…

Il la lui coupa avec une hache. Elle se transforma en glaive dans sa main.

- C’est le Glaive Magique, reprit l’unicorne à qui la langue avait repoussée, tu ne pourras l’utiliser que pour faire le bien.

Ils entrèrent dans la sinistre forêt. Ils marchèrent quelques heures en se battant contre de gigantesques loups. Quand, soudain, ils virent d’étranges êtres mi-rats mi-hommes. Ils ne semblaient pas très malins car ils foncèrent tête baissée sur nos héros. L’unicorne lança un geyser de flammes de sa corne magique qui les tuèrent tous sauf un, qui semblait être le chef, ayant évité en poussant un hurlement de gargouille avant de foncer sur Nathan. « Son cou est son point faible » cria l’unicorne. Aussitôt, Nathan planta sa fourche dans le cou du monstre qui agonisa pendant quelques secondes avant de mourir. Nathan le jeta négligemment sur le côté de la route comme un vulgaire détritus.

Finalement, ils arrivèrent sains et saufs à la caverne des bandits. A l’intérieur mes voleurs et le sorcier fêtaient leur bonne fortune. Le vin coulait à flot et les hors-la-loi étaient ivres-morts sauf le sorcier qui, comme toutes les créatures démoniaques, était très sobre. Celui-ci avait l’air plutôt effrayant : il portait une immense cape noire doublée d’un velours pourpre. Ses yeux étaient d’un rouge sanglant. Le monstre était assis sur un trône fabriqué à partir des os de ses ennemis vaincus.

Nathan et l’animal merveilleux entrèrent brusquement, profitant de la surprise de l’état d’engourdissement de leurs adversaires. Les bandits prirent leurs armes et foncèrent sur nos deux héros. Un des voleurs donna un coup de mousquet sur la corne de l’unicorne – son point faible -. L’autre allait l’achever avec son épée rouge de sang innocent, mais il n’en eut pas le temps car Nathan, d’un coup de fusil, lui fit éclater le crâne, la cervelle du bandit s’envola pour retomber lourdement sur le sol dallé où le sang se mêlait dorénavant au vin. En peu de temps tous les voleurs s’étaient enfuis ou étaient morts et seul le sorcier se dressait encore face à Nathan. Avant de s’évanouir l’unicorne rappela à Nathan d’utiliser le Glaive Magique. Celui-ci ce tourna alors vers l’être maléfique et lui adressa la parole en ces termes :

- Je vais t’écrabouiller puis envoyer tes restes aux quatre vents, tu vas enfin payer pour tes méfaits, misérable cloporte !
- Ce que tu crois, ricana le sorcier.

Ce dernier prit sa baguette magique et lança un jet maléfique. Le jeune paysan se protégea avec la Glaive Magique qui absorba l’impact.

- Oh, remarqua le sorcier, je vois que tu as ce fameux Glaive Magique.
- Oui ! Et c’est par cette lame que tu va mourir !

Le monstre sourit et se concentra, créant une immense lumière avec ses mains. Aveuglé, Nathan attaqua à l’aveuglette puis tomba sur le sol.

Lorsqu’il ouvrit les yeux, le sorcier avait disparu. Etonné, il jeta des regards tout autour de lui. Il remarqua l’unicorne qui semblait remis du choc qu’il avait subi.

- Où est passé le pachyderme ? demanda-t-il.
- Tu l’as blessé alors qu’il s’apprêtait à te lancer un sort des plus destructeurs, ce qui t’as étourdi. Profitant de sa faiblesse je l’ai absorbé par ma corne, et mon esprit est en train de lutter contre le sien pour la possession de mon corps. Si nous détruisons son trône, il ne pourra vaincre.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Ils reprirent les chevaux et ils rentrèrent au village sous les acclamations des habitants. Pour remercier Nathan le maire lui donna la main de sa fille Héloïse. Celle-ci n’espérait que l’accord de son père tant elle l’aimait. Ils vécurent heureux et, Dieu merci, ils n’eurent pas d’enfants.





(p)&(c) Achim Shark 1998
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

dimanche 8 novembre 2009

Rapapodcast #23

Les rapapodcasts sont des playlists (principalement rap) visant à faire découvrir des nouveaux artistes ainsi que des titres phares du Hip Hop. Elles sont présentées à titre gratuit dans un but promotionnel sur le site www.rapanization.com. Je mettrai sur mon blog les rapapodcasts que je réaliserai moi-même. Si vous disposez des droits d'un morceau ou êtes un représentant des ayant droit et que vous souhaitez la disparition d'un morceau, écrivez-moi à achim_shark[at]hotmail.fr.


Je pourrais faire mon laius désormais habituel à propos de ce nouveau podcast à l'identité en crescendo mais j'ai décidé que non. Et pourquoi cela ? vous demandez-vous pas. J'ai pris cette décision grave pour l'avenir du monde et de l'humanité en liaison avec un anniversaire. En effet, demain sera mondialement célébré les 20 ans de la chute du mur de Berlin, rélude à la chute de l'Union Soviétique.

Interlude humouristique #1 : En 1926 la camarade Cassandra, agée de 85 ans a réussi malgré les nombreuses révolutions qu'elle a connu à conserver son appartement moscovite, ce qui en soit est déjà un exploit. Lors d'une sombre et froide nuit d'hiver elle entend frapper à sa porte. Effrayée elle dit d'une voix chevrotante : "Qui est là ?" "Je suis la Mort et je suis venue te chercher Cassandra !" "Ouf ! Tu m'as fait peur, j'ai cru que c'était la Tcheka !"

Mais comme chaque année, l'assassinat sauvage de la République Démocratique Allemande sera oublié. Je me devais donc de lui rendre hommage, car, tel le rap, mon blog est la Voix des Sans-Voix, la Tribune des Oubliés. Un petit rappel s'impose : En 1949, les impérialistes américains, aidés de leurs faibles alliés achetés par l'argent du prolétariat, décident de transformer la trizone en une république capitaliste et fantoche : la RFA (République Fédérale Allemande). Craignant pour le bien du peuple allemand, le politburo décide en grande sagesse et sous l'acclamation du prolétariat, de fonder une République Libre, Communiste et Démocratique : la RDA (République Démocratique Allemande). Des années de paix et de joie se présentent devant le peuple allemand enthousiaste.

Interlude humouristique #2 : Deux camarades ouvriers discutent lors de leur pause déjeuner. Le premier ayant l'air soucieux, le second, en l'honneur de la grande fraternité socialiste, lui demande ce qui le tracasse. "J'ai peur d'être mal vu par le représentant du parti de l'usine" lui confit-il alors. "Et pourquoi ça ?" "Et bien hier il m'a demandé pourquoi je n'étais pas à la dernière réunion du parti et je lui ai répondu que si j'avais su que c'était la dernière je serai venu avec plaisir !"

Malgré de nombreuses mains tendus par le camarade Staline pour l'unification et la pacification de l'Allemagne les occidentaux refusèrent systèmatiquement, prolongeant un état de crise. Ainsi pour lutter pacifiquement contre l'impérialisme arrogant et propagandiste des chiens capitalistes américains il fut plus tard décidé la construction d'un mur pour empécher les idées perverses de s'ouest de venir perturber le bonheur socialiste en marche. Mais malgré la sagesse du parti, les idées pernicieuses et destructrices passèrent à travers les fils barbelés et pervertirent le coeur de nos camarades allemands. Ces mensonges eurent tant de succès qu'en novembre 1989 sous la pression de bandes terrosistes le mur de Berlin s'effondra avec l'espoir d'un monde meilleur.

Interlude humouristique #3 : Un camarade visite le kremlin et remarque une toile immense représentant le portrait du héros Lénine. Sous le portrait il remarque des initiales "BT". A sa demande, on lui en donne l'explication "Bolchoï Théoriste". Il apercoit alors un tableau du camarade Staline avec les même initiales. Surpris, il en demande encore la signification "Bolchoï Terroriste". En poursuivant la visite il tombe sur un autre tableau, celui de Kroutchev avec les même initiales. "Ah, celui-là je sais, dit-il, "Bolchoï Touriste" !"

Le monde capitaliste et décadent prit évidemment cette annonce comme un excellente nouvelle et depuis 20 ans le mythe dure mais le sort injuste de la RDA a été passé sous silence dans la tourmente. En effet, alors qu'officiellement la RFA avait été créée en attendant une fusion des entités en une seule Allemagne, elle ne fit qu'annexer le territoire de la RDA avec une semblant de "réunification" télévisuelle, mercantile et mensongère.

Interlude humouristique #4 : En visite officielle auprès de la reine de Suède, le camarade Gorbatchev (aka Cul-de-bouteille) en vient à discuter avec la reine de choses et d'autres, en particulier Dieu. La reine, surprise, lui dit "Mais... Vous croyez en Dieu Gorbatchev ?" "Croyant, mais pas pratiquant !" "Mais... Vous êtes communiste !" "Pratiquant, mais pas croyant !"

Je propose donc en l'honneur de cette victime du capitalisme triomphant de chanter l'Internationale en choeur et d'observer une minute de silence. Ou alors d'écouter mon podcast, parce qu'il est beau, il est doux, il sent bon le sable chaud et en plus il a une identité en crescendo, ce qui est gavé classe.

Rapapodcast #23 :

01 - Fitzroy - Je tombe (2008)
02 - Jay-Z - Heart of the city (Ain't no love) (2001)
03 - Ill - Ill street blues (2001)
04 - Circa Diem - Wake up (2008)
05 - Marley Marl feat Master Ace - Keep your eye on the prize (1988)
06 - Edan - Sing it, shitface (2002)
07 - Fred Yaddaden - 86 (2009)
08 - Afro Jazz - Le sacerdoce (1997)
09 - Nas - Halftime (1994)
10 - Maroons - Ambush (2004)
11 - La Rumeur - Le silence de ma rue (2002)
12 - Casey - Créature ratée (2009)
13 - La Canaille - Allons enfants (2009)

rapapodcast #23.mp3

durée : 51mn 03s


REP RDA (1949-1990)


(p)&(c) Achim Shark 2009

vendredi 6 novembre 2009

Rapapodcast #22

Les rapapodcasts sont des playlists (principalement rap) visant à faire découvrir des nouveaux artistes ainsi que des titres phares du Hip Hop. Elles sont présentées à titre gratuit dans un but promotionnel sur le site www.rapanization.com. Je mettrai sur mon blog les rapapodcasts que je réaliserai moi-même. Si vous disposez des droits d'un morceau ou êtes un représentant des ayant droit et que vous souhaitez la disparition d'un morceau, écrivez-moi à achim_shark[at]hotmail.fr.


Souvent en bonne société l'auditeur de rap passe la soirée à s'excuser de ses goûts en expliquant que "non, le rap ce n'est pas violent/vulgaire/violeur de bisounours/mysogine (biffer la mention inutile), il n'y a pas que ça, ça dépend de ce que tu écoutes." Et il enchaîne finement sur Oxmo Puccino, Rocé ou autres Abd Al Malik en passant sur silence les passages hardcores des deux rappeurs cités et que le troisième n'en est pas vraiment un. Et puis parfois il en a marre de s'excuser et brutalement, il s'assume. Parce que oui, le rap c'est pas que conscience sociale/introspection/fusion jazz/message mature et positif et que ce qu'on kiffe parfois c'est une juste une énorme giclée de testostérone musicale en plein dans les oreilles.

Alors voilà 45 minutes de rap nihiliste, brut, bête et méchant (mais pas que) :

Rapapodcast #22 :

01 - Le Pingouin - Albatar (2008)
02 - Sheitan - Bâtards de barabres (2005)
03 - Suprême NTM - Qu'est-ce qu'on attend (1995)
04 - Jay-z feat Notorious BIG - Brooklyn's finest (1996)
05 - Casey - Apprends à t'taire (2009)
06 - Puzzle - A poil sous mes sapes (2006)
07 - Group Therapy - Eastcoast/Westcoast killas (1998)
08 - Da Hypnotik feat Rockin' Squat - L'art de la guerre (2001)
09 - Lino - 100 rounds (Mohamed Ali) (2005)
10 - OutKast - Bust (2003)
11 - Afro Jazz - Phrasé (1997)
12 - Dead Prez - Turn off the radio (2003)

rapapodcast #22.mp3

durée : 43mn 47s


« Mais qu'est-ce que t'écoutes !? Tu devrais avoir honte! »
- Kim Kardashian démaquillée
aka la morale agréable à l'oeil percant


(p)&(c) Achim Shark 2009
photo trouvée chez The Yellow Kid

mercredi 4 novembre 2009

Même pas morts (Edito Rapa #80)

Comme chaque année l'été est étouffant en ce 11 août 1973 et le lourd soleil new-yorkais fait fondre le bitume du Bronx. Clive jette un oeil hors de ses draps et confirme son idée première : lézarder dans son lit toute la journée est la meilleure chose qu'il puisse faire aujourd'hui. Mais... Mais aujourd'hui c'est le 11 août et comme chaque année c'est l'anniversaire de sa soeur Cindy et comme chaque année ça n'arrive qu'une fois, ce qui est bien dommage. Allez, pour elle je peux bien faire un effort se dit-il en s'extirpant difficilement de son cocon pour se traîner jusqu'à la douche du petit appartement de ses parents au 1250 Sedgwick Avenue. Sous la douche, la lucidité revient peu à peu à mesure que l'eau coule sur sa peau. Il frotte frénétiquement là où des taches de peintures ont élu domicile depuis sa dernière virée graffiti avec son crew. Se faisant il réfléchit à ce qu'il voulait tester sur le sound-system de papa pour la fête de Cindy. Il va transformer le Bronx en un sound-system funky et tant pis s'il se prend une tannée par son père parce qu'il a encore touché les platines, il sent que ça va être l'anniversaire le plus cool qu'il puisse offrir à sa soeur et tous ceux qui viendront. Malgré le bruit de la douche il entend le bruit étouffé d'une arme à feu quelque part dans le quartier et il espère qu'aucun de ces gangsters craignos ne viendront gâcher la fête. Par contre si des danseurs viennent il pourra affiner sa technique du « Merry-go-round » et cette pensée le fait sourire. Saletés de taches de peintures, elles sont encore là !

Comme chaque année l'été est pluvieux en ce 10 juillet 2001 et la joyeuse pluie des Sables d'Olonne frappe avec insistance contre le toit. Antoine jette un oeil hors de ses draps et confirme son idée première : lézarder dans son lit toute la journée est la meilleure chose qu'il puisse faire aujourd'hui. Mais... Mais il n'y a pas de mais aujourd'hui, la pluie a de toutes façons éloigné définitivement toute jeune et jolie fille de toutes les plages du département, ce qui est bien dommage. Allez, je peux quand même mettre en ligne le site Hip Hop que j'ai commencé au printemps de toutes façons je n'ai rien de mieux à faire se dit-il en s'extirpant difficilement de son cocon pour se trainer jusqu'à son PC. La lumière brutale de l'écran lui déchire les yeux et achève de le réveiller. Encore des tas de spams dans ses messages qu'il entreprend de supprimer. Se faisant il réfléchit à ce qu'il voulait faire avec son site. Il le sait, les sites Hip Hop sont aussi obtus que le rap français, il va élargir le cadre et sortir son épingle du jeu en abattant ses cartes dès le premier édito et tant pis s'il se prend une tannée par sa mère parce qu'il a encore explosé la facture de téléphone. Il sent que ça va être le webzine le plus cool qu'il puisse présenter à Chris qui ne cesse de le saouler pour qu'il finalise son projet et à tous qui s'aventureront sur son site. Au détour d'un forum il voit un message smsisé à l'extrême et il espère qu'aucune de ces pseudo-racailles craignos ne viennent gâcher son monde. Par contre si des gens motivés viennent il pourra accroître le nombre de chroniques et cette pensée le fait sourire. Saletés de spams, il y en a encore des tas !

Deux anecdotes apparemment sans conséquences et sans intérêt et pourtant... Le 11 août 1973 en sortant de chez lui Clive endossa le costume de DJ Kool Herc et fit la première block party. Celle-ci en engendra d'autres, autour du DJ se regroupèrent les b-boys graffeurs et MCs balbutiants et le Hip Hop se construisit. Le 10 juillet 2001 devant son écran Antoine devint Jeckill et fonda Jeckill's World. Ce site attira des curieux, autour de Jeck se regroupèrent XQlusif, Mista Bega, THom4s, Lady Psycho et d'autres et Rapanization se construisit.

Je ne cherche pas à faire une hagiographie de Jeckill et Kool Herc, je crois que s'ils n'avaient pas fait ce qu'ils firent d'autres l'aurait fait d'une manière ou d'une autre. Néanmoins, si je suis là aujourd'hui à écrire tout ça c'est parce que le Hip Hop a croisé ma vie à la vitesse d'un météore et y a tout chamboulé et que Rapa m'est apparu au détour d'un clic et m'a fait découvrir plein de choses.

C'est amusant comme sont les choses. En 79 est sorti le premier disque de rap et l'année d'après la mort du Hip Hop était annoncée. Rapa semble très souvent plus mort que vivant. Et pourtant... Même pas morts ! Aujourd'hui en 2009 les deux sont bien vivants et en ce qui concerne le Hip Hop, peut-être plus que jamais. Le rap c'était mieux avant ? Plutôt ce qu'on écoute d'avant aujourd'hui, je crois que personne ne rêve d'un nouveau Benny B ! La nostalgie d'un « âge d'or » passé est commune à toutes les cultures, ce ne doit pas devenir un prétexte pour devenir un vieil aigri. Car oui, aujourd'hui il y a énormément de mauvais rap qui polluent le net et les ondes mais il y en a énormément de bon aussi, d'un accès plus facile que jamais. Ceux qui font avancer le Hip Hop sont ceux qui regardent en avant en se souvenant de leurs racines, non ceux qui tournent le dos à l'avenir pour se blottir dans un passé fantasmé et alambiqué. Le rap c'était mieux avant ? Non, ce sera mieux demain !

Alors parce que nous on est des fous c'est l'esprit qu'on essaie de maintenir à travers Rapa. Esprit initié par Jeck ce jour faste où il mit le futur Rapanization en ligne en faisant de l'ouverture d'esprit une des clefs de voûte du site avec la bonne mentalité en général. Les temps changent, Rapa aussi et même si par moment on est tous des vieux cons qui n'aiment rien on continue de faire avancer le site en tentant de garder l'originalité et la fraîcheur qui le caractérise. Evidemment on le fait à notre rythme qui n'est pas celui d'un stakhanoviste (loin s'en faut) à travers des rapapodcasts, des chros express ou non et surtout des discussions sans queues ni têtes (un peu comme cet édito, oui, oui je sais) sur le RapaBook. Si si la faucille, sur Rapa on est prêts pour l'avenir !




(p)&(c) Achim Shark 2009
image tirée des Haterz par Truk

lundi 2 novembre 2009

Rapapodcast #21

Les rapapodcasts sont des playlists (principalement rap) visant à faire découvrir des nouveaux artistes ainsi que des titres phares du Hip Hop. Elles sont présentées à titre gratuit dans un but promotionnel sur le site www.rapanization.com. Je mettrai sur mon blog les rapapodcasts que je réaliserai moi-même. Si vous disposez des droits d'un morceau ou êtes un représentant des ayant droit et que vous souhaitez la disparition d'un morceau, écrivez-moi à achim_shark[at]hotmail.fr.


It's a G-Funk thang !

Rapapodcast #21 :

01 - Aelpéacha - J'ai de la gangxta shit (2008)
02 - Snoop Doggy Dogg feat Nate Dogg, Warren G & Kurupt - Ain't no fun (if the homies can't have none) (1993)
03 - Eazy-e - Eazy-duz-it (1988)
04 - Ice Cube - You know how we do it (1993)
05 - 2Pac feat Rappin'4-Day - Only God can judge me (1995)
06 - Tout Simplement Noir - J'suis F remix (1996)
07 - Warren G feat Nate Dogg - Regulate (1994)
08 - Tha Dogg Pound - What would u do ? (1994)
09 - Aelpéacha feat J'L Tismé & Driver - Rider c'est pas facile (2ème difficulté) (2007)
10 - George Clinton feat Ice Cube - Bop gun (One nation) (1993)

rapapodcast #21.mp3

durée : 42mn 30s




(p)&(c) Achim Shark 2009
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

samedi 31 octobre 2009

Rapapodcast #20

Les rapapodcasts sont des playlists (principalement rap) visant à faire découvrir des nouveaux artistes ainsi que des titres phares du Hip Hop. Elles sont présentées à titre gratuit dans un but promotionnel sur le site www.rapanization.com. Je mettrai sur mon blog les rapapodcasts que je réaliserai moi-même. Si vous disposez des droits d'un morceau ou êtes un représentant des ayant droit et que vous souhaitez la disparition d'un morceau, écrivez-moi à achim_shark[at]hotmail.fr.


« Papa, c’est quoi le rap français ? » Telle pourrait être la question que me poseront mes très hypothétiques futurs enfants dans un futur tout aussi hypothétique. Néanmoins ma réponse risque d’être tout simplement « La musique du diable, éloignez-vous en malheureux ! ». Il se pourrait aussi que je développe un peu plus ma réponse en leur indiquant le rapapodcast #20 que fit en 2009 (si tant est que je ne les ai pas bazardés depuis longtemps, ce qui serait bien plus raisonnable). Ainsi ils découvriraient du rap français dans sa forme la plus académique : un gros beat new-yorkais, une boucle mélodieuse, une écriture appliquée à vocation plus ou moins sociale détentrice de la vérité universelle.

A mesure que j’écris cette définition je me rends bien compte qu’elle est affreusement périmée et que les gens sélectionnés sur le podcast sont largement au-dessus de la mêlée. Mais j’aime définir alors je le fais.

A part ça Vgtah, réalisateur du bon documentaire « Home studio, the musical revolution » a réalisé un documentaire de 50 minutes visible sur Dailymotion « IP, Internautes Power » à propos d’internet, son développement et son influence sur la société actuelle. C’est une réussite dans la réalisation mais le film est surtout très intéressant et pertinent dans son contenu. Le principal défaut que j’ai trouvé et que le côté sectaire du web évoqué au début ne soit pas plus développé. Il faut donc le voir ici, il en vaut largement la peine.

C'est aussi halloween et donc le jour idéal pour jouer à ce jeu en flash créé par Pantxxx ainsi que l'occasion de faire de la propagande pour son blog naissant qui sera sans doute très bien.

Rapapodcast #20 :

01 - Manu Key - Contact (2004)
02 - Klub des loosers - Le parapluie (2005)
03 - Duncan feat. Nikkfurie, Jeff Le Nerf&TH Lonaz Dobaz - Com'1 (2004)
04 - Médine - Enfant du destin (Kounta Kinte) (2008)
05 - Koma - Et si chacun (1999)
06 - La Rumeur - Le prédateur isolé (2002)
07 - Fabe - Comme un rat dans l'coin (1998)
08 - Oxmo Puccino - Mines de cristal (2001)
09 - Psy 4 de la Rime feat. Ana Torroja - Enfants de la lune (2005)
10 - Flynt - Ca fait du bien de le dire (2007)
11 - Fayçal - Grandeurs et décadences (2006)
12 - Al - Panorama (2008)

rapapodcast #20.mp3

durée : 51mn 20s




(p)&(c) Achim Shark 2009
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

jeudi 29 octobre 2009

Elle le sait

Elle danse, le torse toujours bombé
Dominante, elle aime jouer son rôle
Mais pourtant elle le sait : elle va tomber

Par ses faux airs pieux elle nous a trompés
Nombreuses, les victimes de ses viols ;
Elle danse, le torse toujours bombé

Elle dévore, tue, détruit sans compter
Semer le chaos ? Elle en raffole
Mais pourtant elle le sait : elle va tomber

Les quelques qui tentaient de l’affronter
Sont à ses pieds, noyés dans l’alcool ;
Elle danse, le torse toujours bombé

Sans honte elle se pavane sous mon nez
Impudente, laide, fière et folle ;
Elle danse, le torse toujours bombé
Mais pourtant elle le sait : elle va tomber.


Vilaine Vilanelle


(p)&(c) Achim Shark 2009
illustration tirée de Gordon le Mouton par Arnaud


120 saisons articles.

mercredi 28 octobre 2009

In(s)trus

Il y a quelques jours Samxao est passé sur le Rapabook demandant où l’on pouvait trouver gratuitement des faces b pour choper des instrus. Volant à sa rescousse, j’ai décidé de mettre toutes les instrus que j’ai (j’ai dû en oublier mais le principal est là) sur la toile. Pourquoi faire cela ?

a. Parce que je n’ai rien d’autre à faire.
b. Parce que je souffre d’insomnie.
c. Parce que je méprise le droit des beatmakers à vivre de leurs productions et préfère voler leur travail.
d. Parce que ça me distrait de la dépression qui lacère mon coeur dans ses amères serres.
e. Parce que j’aime rendre service.
f. Parce que ça me permet de m’afficher.
g. Parce que je suis prêt à tout pour ne pas faire ce que je dois.
h. Parce que je ne vais au bout que de mes idées les plus inutiles.
i. Parce que je suis un nolife pathétique.

Chacun trouvera la solution qui lui conviendra, moi j’en sais rien et je m’en fous un peu. Ainsi donc, si Samxao tu repasses par ici, il y a quelques instrus juste là :

Hip Hop instrumentals pack #01

Adil, maxi « La nuit tombe » (2006)
Produit par DJ Saxe.
Type de son : rap français classique, piano, violon, petites mélodies.
Intérêt : ***

Antihero the amazing band, album « Come in peace or loose your teeth » (2009) (6 titres)
Produit par DJ Troubl’.
Type de son : « Les délires crunkelectro de jeunes blancs pas ghetto » comme le dit si bien Phonky.
Intérêt : ****

Fat Cap, album « A l’arrache » (2007) (5 titres)
Produit par Bobby Buntlack et Trackavelic.
Type de son : rap français classiques avec des influences de la mouvance actuelle.
Intérêt : ***

Scred Connexion, EP « Indomptés » (2008)
Produit par L’Orfèvre, Twinz, Saïko et Nab H24.
Type de son : dirty suce à deux francs six sous (et encore) qui fait tellement fureur pour des raisons déraisonnables et étranges, pas de finesse, pas de musicalité et même pas de vrai beat. C’est la sortie qui m’a éloigné à jamais de la Scred, mais si je me rappelle bien ça passe mieux sans les voix.
Intérêt : *
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Hip Hop instrumentals pack #02

Blaq Poet, album « Tha blaqprint » (2009) (Album entier)
Produit par DJ Premier, Easy Mo Bee et Gemcrates.
Type de son : boom bap new-yorkais amélioré aux influences très variées aka Primo shit.
Intérêt : *****
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Hip Hop instrumentals pack #03

La Caution, album « Asphalte hurlante (ultime édition) » (2002) (Album entier)
Produit par Nikkfurie.
Type de son : La Caution !
Intérêt : *****

Château Flight/La Caution, EP « Crash test » (2002)
Produit par Château Flight et Nikkfurie.
Type de son : Electro Hip Hop.
Intérêt : ****

plus…
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Hip Hop instrumentals pack #04

Dam’s, album « Beat Cd vol 1 » (2007) (Album entier)
Produit par Dam’s (Get Large)
Type de son : Dip Set
Intérêt : ***

Dee Nasty, album « Dee Nasty » (1991) (4 titres)
Produit par Dee Nasty.
Type de son: Old school ? ouais, ouais quand meme.
Intérêt : ***

Dee Nasty, album « System Dee » (2009) (3 titres)
Produit par Dee Nasty.
Type de son : Electro-funk chéper.
Intérêt : ****
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Hip Hop instrumentals pack #05

J-Live, album « The best part » (2001)
Produit par DJ Premier, Pete Rock, Prince Paul, 88 Keys
Type de son : la crème new-yorkaise.
Intérêt : ****
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Hip Hop instrumentals pack #06

Kalash, street album « A l’aurore du come-back » (2007) (Album entier et quelques titres du précédent)
Produit par Jack Mes, Nikkfurie, Drixxxé, Esima, Le Tone, Tekel, Low ent et Lenny.
Type de son : Rock/Sample.
Intérêt : ***
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Hip Hop instrumentals pack #07

Pejmaxx&Soulchildren, album « Porte-parole » (2008) (Album entier)
Produit par The Soulchildren.
Type de son : Bon.
Intérêt : ****
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Hip Hop instrumentals pack #08

Para One, Iris, Sept, Flynt et Lyricson, maxi (2003)
Produit par Para One.
Type de son : Mélodique au sens noble du terme (s'il y en a un).
Intérêt : ****

TTC, album « Bâtards sensibles » (2004) (Album entier)
Produit par Para One, Tacteel et Tido Berman.
Type de son : électro crunk efficace.
Intérêt : *****

plus…
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Hip Hop instrumentals pack #09

The Wascals, album « Greatest hits » (1993-2007) (Album entier)
Produit par J-Swift.
Type de son : L’ouest embrasse l’est.
Intérêt : ****
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Hip Hop instrumentals pack #10

Turn Speak, « HipHopCorn’Strumental » (2004)
Produit par Turn Speak, a priori.
Type de son : Je ne me rappelle plus vraiment, mais c’est chouette quand même.
Intérêt : *** (au moins)
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Hip Hop instrumentals pack #11

Du vrac.
Produit par Doctor L, Sulee B Wax, Venom, Junkazlou, Madizm&Sec.UNDO, Trackmasterz
Type de son : Un peu de tout, un peu de rien.
Intérêt : **


Voilà donc la bête.


Ultraviolin&beatstealing...work in progress



(p)&(c) Achim Shark 2009

dimanche 25 octobre 2009

Marley Marl « In control vol. 1 »

1988 : Le mur de Berlin est sur le point de tomber. L'Union Soviétique se désagrège. Eazy le fait. Run DMC est plus dur que le cuir. RZA et ses potes regardent des films de karaté toute la journée. Kanye West se prend une veste en invitant Cassandra au bal de prom du lycée. Et pendant ce temps, moi, je salis mes dernières couches, plus préoccupé par mon prochain repas que par la sortie imminente du « In control » de Marley Marl.

Et pourtant, le DJ et producteur originaire de Queens Bridge fait partie de l'élite des producteurs Hip Hop de la seconde moitié des années quatre-vingt et son posse le Juice Crew font partie des leaders du son new-yorkais de l'époque avec des artistes tels Big Daddy Kane, Kool G Rap, Biz Markie, MC Shan, Roxanne Shanté, Craig G, Tragedy the Intelligent Hoodlum ou encore Master Ace (seul non-originaire du Queens). Lorsque « In control vol 1 » sort, c'est le premier album crédité au nom d'un producteur, mettant pour la première fois un tailleur de samples, d'habitude condamné à l'obscurité, au centre de la lumière. Marley Marl en profite pour mettre en avant les jeunes pousses du crew, Craig G, Tragedy et Masta Ace, ceux-ci ont droit à deux titres solo chacun, laissant les déjà célèbres Daddy Kane, Biz Markie et G Rap plus en retrait.

En fait d'album, un seul titre, « The symphony », invitant la majorité du crew juteux fut enregistré spécialement pour « In control ». Les autres titres n'avaient pas été retenus pour les albums des poulains de Marley Marl car ils ne cadraient pas avec le reste. C'est dur à imaginer, mais il semblerait qu'en ces temps reculés, les artistes cherchaient à donner une certaine cohérence à leurs albums.

Ainsi naquit « In control ».

2009 : Le bout du mur de Berlin restant n'est plus que décoratif. L'Union Soviétique n'est qu'un lointain souvenir. Eazy ne fait plus rien. Run DMC pas beaucoup plus (au moins les 2/3 respirent). RZA fait de la musique entre deux films de karaté. Kanye West a le coeur brisé (Cassandra ?) et en fait un album sur un TR 808, il peut se le permettre, c'est une super star maintenant (dommage Cassandra). Et pendant ce temps, moi, j'achète la réédition du « In Control » de Marley Marl.

Soudainement, une question se lève, interrogatrice : quel est l'intérêt d'investir dans un album vieux de 21 ans ? Après tout, les récents albums de Kool G Rap ou Masta Ace (pour rester dans le Juice) méritent amplement toute notre attention. Pour quelle étrange raison le label Cold Chillin' s'obstine-t-il à réveiller les vieux fantômes rapologiques des temps passés ? Y a-t-il réellement un intérêt à tout cela ? Pourquoi rééditer et écouter « In control » en 2009 ? C'est ce que nous essaierons de découvrir à travers cinq points choisis pour étayer notre réflexion.

1 - Parce que le rap c'était mieux avant.

Aussi discutable que soit cet axiome, il peut être un excellent prétexte pour se procurer « In control » car ce serait mentir que de dire qu'il n'a pas prit une ride, où qu'il ait des années d'avance. Non, « In control » est un pur produit de son époque, plein de scratches, de BPM énervés, de breaks inattendus, de boucles courtes mais évolutives aux sonorités très funky, parfois flirtant avec l'électro-beat, le tout avec peu de refrains ; du bonheur pour les amateurs. Certains esprits fâcheux pourraient dire que « l'âge d'or » du rap fut dans les années 93-95 mais il suffira de déclarer arbitrairement que la fin des années quatre-vingt était « l'âge encore plus d'or », après tout, l'arbitraire ça nous connaît. Ainsi donc Cold Chillin' nous sert le disque parfait pour flatter notre côté « vieux con qui n'aime rien ».

2 - Parce que la culture, c'est chouette.

J'en surprendrai peut-être certains, mais il y avait quelque chose avant Soulja Boy. Le rap et le Hip Hop ont une histoire, une histoire riche et « In control » en est un des maillons. L'oreille curieuse pourra trouver ici ce qui se faisait autrefois et tenter de comprendre comment cela évolua jusqu'à devenir ce que nous connaissons aujourd'hui. L'historien en herbe écoutera avec plaisir Marley Marl lui-même raconter la genèse de chaque titre lors de petites intros. Il trouvera avec le même plaisir des informations complémentaires sur la genèse de l'album dans son ensemble et diverses informations complémentaires dans le livret. « Si tu sais d'où tu viens, tu sais où tu vas » paraît-il, Cold Chillin' nous permet d'aller aux racines de notre culture préfére.

3 - Parce qu'on peut se la raconter.

Certainement la raison la plus basse et la plus terriblement creuse, mais nous ne pouvons néanmoins pas la mettre de côté. Avoir « In control » chez soi, et qui plus est en expliquer la richesse en le comparant vaniteusement avec ses exemplaires de « The message », « Rappers delight », « Yo ! Bum rush the show », « King of rock » et « Straight outta Compton », c'est augmenter par 1000 son capital classe dans les soirées hype même si ce serait mieux avec l'édition originale en vinyle parce que le CD a tué le rapport entre le mélomane et sa musique tu vois. Malgré tout, avec Cold Chillin' tu peux te prendre pour le puriste le plus in qu'il soit, « caricature de con sans le voir qui bosse dur son charisme à coups de lunettes noires fumées ».

4 - Parce que la pochette est classe.

Finalement, peu de pochettes de rap tirent réellement leur épingle du jeu, mais celle d' « In control » est de celles-là. Capitaine en veste bleu marine, chaîne en or grosse comme le bras, lunettes de soleil, sourire discret, doigt vers le ciel, aux commandes d'un jet sur le tarmac d'un aéroport de Long Island, le tout saturé de couleurs chaudes tandis qu'au dos, le Juice crew pose en membres d'équipage. On est loin du cliché sombre et ghetto habituel où le rappeur va se casser la mâchoire à force de serrer les dents dans son éternelle grill face. Le livret luxueux vaut lui aussi le coup d'oeil. On y trouve la genèse de l'album avec des extraits d'un interview de Marley Marl, une genèse track par track par Marley Marl aussi, différente de celle que l'on entend sur le disque. Associé à quelques clichés et pochettes des différents maxis extraits de l'album on y trouve aussi l'intégrale des lyrics, bien pratique pour nous autres francophones afin comprendre ce qu'il se dit. Cold Chillin' nous offre un travail soigné de ce côté-là.

5 - Parce que le disque est bon, tout simplement.

Vous n'y aviez pas pensé à celle-là, hein ? Evidemment, comme dit plus tôt, le disque s'inscrit dans époque et ce faire un mensonge éhonté que de dire qu'il n'a pas pris une ride, mais ce n'en ai pas un de dire qu'il a bien vieilli. On a droit à 10 titres pleins d'énergie et d'un plaisir à kicker le beat certain. On a droit à plusieurs morceaux d'anthologie, spécialement « Keep your eye on the prize » de Masta Ace, le dance-floor léger et amusant « Wack itt » de Roxanne Shanté et bien évidemment le posse cut « The symphony ». Mais la qualité est constante avec les bons « Droppin' science », « We write songs », « Duck alert » ou encore « Live motivator ». Seuls « Simon says », second solo de Masta Ace et le « Freedom » de MC Shan sont en dessous de l'ensemble.

Bien qu'intéressants d'un point de vue historique et anecdotique, de ce point de vue les apparitions constantes de Marley Marl pour commenter les titres font perdre de l'énergie et du ressort au disque. Quant au disque bonus avec des versions tirées des maxis, il se révèle finalement loin d'être indispensable même si quelques passages font tendre l'oreille.

Il serait exagéré de dire qu' « In control » fut le disque de l'année 1988 (l'année de « It takes a nation to hold us back », « Tougher than leather » et « Eazy-duz-it » tout de même) ni même un disque indispensable. Néanmoins, il reste agréable et bon, ne boudons donc plus notre plaisir, la musique est bonne, le capitaine est au contrôle de l'appareil, peu importe son âge.

Merci Cold Chillin' !

Note : 14/20

Tracklisting :

CD 1 : In Control

1 - Marley intro 1
2 - Droppin' Science (feat. Craig G)
3 - Marley intro 2
4 - We write the songs (feat. Biz Markie and Heavy D)
5 - Marley Marl intro 3
6 - The Rebel (feat. Tragedy the Intelligent Hoodlum)
7 - Marley intro 4
8 - Keep your eye on the prize (feat. Master Ace)
9 - Marley intro 5
10 - The symphony (feat. Big Daddy Kane, Craig G, Kool G Rap and Master Ace)
11 - Marley intro 6
12 - Live motivator (feat. Tragedy the Intelligent Hoodlum)
13 - Marley intro 7
14 - Duck alert (feat. Craig G)
15 - Marley intro 8
16 - Simon says (feat. Master Ace)
17 - Marley intro 9
18 - Freedom (feat MC Shan)
19 - Marley intro 10
20 - Wack itt (feat. Roxanne Shanté)
21 - Marley outro

CD 2 : Bonus

1 - Droppin' science (Hip Hop version)
2 - The symphony (remix)
3 - Wack itt (extended version)
4 - We write the songs (live at the Apollo)
5 - Symphony/Duck alert/Droppin' science (live at the Apollo)
6 - The symphony (radio version)
7 - Droppin' science (bonus beats)
8 - The symphony (Marley's Symphony scratch)
9 - Evolution (feat. Debbie D, Glamourous, Kool G Rap, MC Shan and TJ Swan)
10 - Juice crew all stars (feat. Craig G, Glamorous, Kool G Rap, Tragedy, MC Shan and Roxanne Shanté)





(p)&(c)Achim Shark 2009

samedi 24 octobre 2009

Rapapodcast #19

Les rapapodcasts sont des playlists (principalement rap) visant à faire découvrir des nouveaux artistes ainsi que des titres phares du Hip Hop. Elles sont présentées à titre gratuit dans un but promotionnel sur le site www.rapanization.com. Je mettrai sur mon blog les rapapodcasts que je réaliserai moi-même. Si vous disposez des droits d'un morceau ou êtes un représentant des ayant droit et que vous souhaitez la disparition d'un morceau, écrivez-moi à achim_shark[at]hotmail.fr.


Coucou pilou ! Mais c’est qui, mais c’est quoi ? Achim Sha-sha-shark et son podca-ca-cast ! Pour fêter le jour d’aujourd’hui, une sélection un peu rock, un peu patate, un peu ricain, un peu fait à l’arrache... Et quand je dis un peu c’est beaucoup, plutôt. « Ah non, Pluto c’est l’ami de Mickey. » Non, l’ami de Mickey c’est Dingo, Pluto c’est le chien de Mickey ; cela dit, qu’attends-tu jeune drogué ? Cours donc te saisir du 19° rapapodcast. « J’en ai envie comme de me pendre » s’exclame Fuzati, plein d’enthousiasme.

Des fois je lis des livres et il y a quelques semaines j’ai lu « Les piliers de la terre » de Ken Folett. J’ai beaucoup apprécié cette lecture et je conseille à tout le monde de prendre le temps de lire ce livre qui sort l’homme du moyen-âge du cliché idiot de l’homme occidental moderne jugeant avec mépris et dédain tout ce qui est loin de lui dans le temps ou l’espace. Dans les dernières pages, on peut lire un passage passablement intéressant. Le prieur Philip, avec quelques grands religieux du royaume donne des coups (symboliques) au roi en pénitence de l’assassinat de l’archevêque. Cela amène Philip à méditer sur la politique et il conclut plus ou moins que bien que le pouvoir soit placé entre les mains d’un seul, il appartient de toute manière au peuple en son ensemble, preuve en est, lui, orphelin gallois se retrouve à punir le roi pour ses crimes. A la même période on annonçait que Jacques Chirac ne sera pas inquiété pour les affaires brumeuses du RPR datant d’avant son élection à la présidence de la République. Il n’y a pas à dire, rien ne vaut la démocratie à la française.

Sinon, j’ai vu le clip « Sévère » de Rohff et j’ai appris qu’aller à 5 armés de guns et de barres de fer sur un mec seul et sans arme, c’est ça être un bonhomme. Le rap français, c’est trop éducatif, il n'y a pas à dire non plus.

Rapapodcast #19 :

01 - X-ecutioners feat. MOP - Let it bang (2002)
02 - Get Large starring Tribeca, Mr Complex, Masta Ace and Lord Tariq - Get Large (2002)
03 - Capwell & DJ Troubl' - Guerres technologiques (2005)
04 - Malekal Morte - Catch à l'arrière (1997)
05 - Compton's most wanted - Def wish (1991)
06 - Dr Dre feat. Knoc-turn'al & Hittman - Bang bang (1999)
07 - Notorious BIG - Nasty boy (DJ Mehdi remix) (2009)
08 - Busta Rhymes & Swizz Beatz vs Kiss - New York shit (Gooch&DJ Bailey mix) (2009)
09 - Mos Def feat. Slick Rick - Auditorium (2009)
10 - John Reuben feat. Matthew Thiessen - Nuisance (2006)
11 - Run DMC - Raising hell (1986)


rapapodcast #19.mp3

durée : 41mn 45s





(p)&(c) Achim Shark 2009

Le point commun entre une blonde et un rêve ? "Ni queue ni tête"