vendredi 25 décembre 2009

Un conte de Noël

Mené par ses vagabondages, le promeneur parisien sortant du métropolitain à la station Saint Plon pourra retrouver ses pieds dans la rue Joseph Dijon. Arrivé au numéro 20 il remarquera un léger passage entre deux bâtiments passablement délabrés. Là, il y a maintenant près de deux siècles se trouvait une petite impasse sombre et désolée où l’on trouvait plus de voleurs et de prostituées que de flâneurs, à moins qu’il ne soit égaré à ses risques et périls. Au fond de cette ruelle, l’impasse Chagny, du nom du fameux vicomte, se dressait un immeuble construit en 1786 qui fut détruit en 1862 par un incendie. Les propriétaires en étaient une famille bourgeoise d’Auteuil, les Firmin. Richard Firmin avait fait une confortable fortune dans le trafic du bois dans les années 1770 et désirait assurer le futur de sa famille par un bien immobilier. C’est ainsi qu’il fit construire l’immeuble de l’impasse Chagny. Mais ses fils n’avaient que faire de ce bien situé dans un quartier des plus malfamés et avaient laissé l’immeuble tomber en déliquescence avant de brûler pour ne plus jamais être rebâti.

Au sommet de cet immeuble se trouvait une chambre en mansarde d’une dizaine de mètres carrés particulièrement délabrée dont l’insalubrité en faisait un lieu d’habitation parfaite pour tous types de germes plus que pour des êtres humains. En 1831 néanmoins, un couple y habitait répondant aux noms de Marius et Cosette. Marius était surtout connu par tous comme « Le boiteux ». En effet, lorsque jeune il avait commencé à s’employer comme ouvrier il trouva un emploi chez un tisserand mais un jour son pied se coinça dans une des machineries ce qui le rendit boiteux et impropre à bon nombre de travaux. C’est à peu près tout ce que j’ai pu apprendre à son sujet, nul ne savait vraiment d’où il venait ni depuis combien de temps il habitait l’impasse Chagny avec son épouse Cosette. Tous deux vivaient chichement et devaient souvent se contenter d’un quignon de pain noir pour quelques jours. Mais cela leur était égal car chacun pouvait vivre dans les yeux de l’autre, lorsqu’ils se retrouvaient, les mots leurs étaient inutiles. Lorsque la nourriture venait à manquer, il s’enveloppait des long cheveux de jais de sa bien aimée et jouait d’une flûte qu’il –paraît-il– tenait d’un oncle provincial. La musique qui s’échappait alors portait en lui tous les sentiments qu’ils avaient l’un envers l’autre et emplissait leur âme –à défaut de leur estomac- de plénitude et de bonheur.

Le temps passait ainsi durant cette année 1831 et, comme le veut la nature, les saisons se suivirent et vint l’hiver et son froid manteau avec dans ses valises Noël et ses fêtes. La vie dans la mansarde devint plus difficile avec ce froid mordant. Jour après jour le Boiteux maigrissait et cachait comme il pouvait les toux qui le secouaient mais Cosette lisait comme dans un livre ouvert sur ses traits émaciés et se souciaient chaque jour plus de la santé de son amant. Lorsqu’il fut le 24 décembre, elle sortit de chez elle, décidée à trouver quelque chose à offrir à son mari pour célébrer ce jour spécial et marquer encore son amour pour lui. Elle déambula dans les ruelles alentour auprès des chalands mais à chaque échoppe venait le même constat : elle n’avait aucun argent pour acheter quoi que ce soit. Tandis qu’elle cherchait ainsi elle s’approcha de la boutique d’un coiffeur qui guettait des clients. Lorsque celui-ci la vit il fut subjugué par la magnifique crinière brune, son unique coquetterie. Flattée, elle le remercia et le coiffeur en profita pour lui proposer de les lui acheter pour deux francs. Choquée par la proposition elle s’enfuit mais bientôt elle revint sur ses pas, prête à ce sacrifice pour celui qu’elle aimait. Elle entra dans la boutique et en ressortit avec deux francs.

Marius, de son côté, avait le même désir et le même problème, il espérait qu’en offrant quelque chose à son épouse elle s’inquiéterait un peu moins pour sa santé. En effet il savait bien qu’elle ne dormait quasiment pas pour veiller sur son sommeil. Ses pas le menèrent devant la boutique d’un usurier. Il n’avait rien à vendre il le savait, sa seule possession était sa flûte auquel il tenait comme à la prunelle de ses yeux. Il resta un long moment planté devant la boutique à tenir sa flûte dans la main, en proie à un tourment quant à savoir quoi faire. Brusquement il serra sa flûte dans sa main et entra dans le bâtiment dont il ressortit quelques instants plus tard avec quelques piécettes dans son poing.

Lorsque le soir vint, il retourna à l’impasse Chagny et retrouva Cosette dans leur petite chambre mansardée. Dans l’obscurité il ne remarqua pas le crâne rasé de son épouse et ils firent leur repas de fête composé d’un quignon de pain noir, puis brisant le silence, il lui annonça que pour ce jour spécial il avait une surprise pour elle. Étonnée par cette remarque elle lui répliqua que c’était également son cas. Ils se présentèrent alors mutuellement le prix de leur prix du sacrifice de leurs biens les plus précieux. Cosette tendit un étui de cuir pour flûte à son bien aimé tandis que Marius présenta un peigne d’apparat à son épouse.

Des cadeaux futiles sont-ils réellement utiles si l’amour est là ?

C’est d’autant plus dommage que Marius le Boiteux mourut de la diphtérie le mois suivant. Sans ressources, Cosette dut se résoudre à vendre ses dents puis, poursuivant dans sa déchéance elle devint une prostituée. Et comme il y a toujours eu des milliers de Fantine et très peu de Jean Valjean elle vécut ainsi jusqu’à mourir de la syphilis.




(p)&(c) Achim Shark 2009
tiré du récit que l'on m'a fait d'un dessin animé de Mickey&Minnie adapté d'un conte que je n'ai pas ou en d'autres terme, c'est la réécriture de quelque chose que je n'ai jamais lu. Mais sûrement très bien, hein.
dessin tiré de Red Meat par Max Cannon


Solution

lundi 21 décembre 2009

Rapapodcast #25

Les rapapodcasts sont des playlists (principalement rap) visant à faire découvrir des nouveaux artistes ainsi que des titres phares du Hip Hop. Elles sont présentées à titre gratuit dans un but promotionnel sur le site www.rapanization.com. Je mettrai sur mon blog les rapapodcasts que je réaliserai moi-même. Si vous disposez des droits d'un morceau ou êtes un représentant des ayant droit et que vous souhaitez la disparition d'un morceau, écrivez-moi à achim_shark[at]hotmail.fr.


C'est la fin de l'année, 2009 c'était une année pas terrible, dans un sens comme dans l'autre, et tout le monde fait des top de ci, de ça, c'est la période quoi. Alors moi, follement original comme toujours, j'en fais aussi, ici, maintenant, un peu à l'arrache, un peu réfléchi, à la régulière. Et puis que des tops 5, les vrais savent.

Top 5 albums rap fr :

1 - Grain 2 Caf "Thomas Traoré" parce qu'il est toujours bien sapé. Les vrais savent.
2 - La Canaille "Une goutte de miel dans un litre de plomb" parce qu'ils sont anarcho-communistes. Les vrais savent.
3 - Le Vrai Ben "Suicide commercial" parce que. Les vrais savent.
4 - Fred Yaddaden "The shadow of a rose" parce qu'il sample "Little Women". Les vrais savent.
5 - Fayçal "Secrets de l'oubli" parce que je voyais pas trop qui mettre en n°5. Les vrais savent.

Top 5 titres rap fr :

1 - Grain 2 Caf - Négronomie
2 - Tekitek - Agent Orange
3 - Le Vrai Ben - Minivan
4 - Booba - Double poney
5 - Taipan feat Soklak - Je commence demain

Non, je ne justifierai pas mes choix. Les vrais savent.

Top 5 rapapodcasts : (sans vraiment d'ordre)

Rapapodcast #07 by Phonky Honky Sam est mort une pelle à la main. Les vrais savent.
Rapapodcast #13 by Phonky Honky Doux et beau. Les vrais savent.
Rapapodcast #24 by Phonky Honky Dur et beau. Les vrais savent.
Rapapodcast #23 by Achim Shark Auto-masturbation. Les vrais savent
Rapapodcast #18 by Phonky Honky Hors limites. Les vrais savent.

Top 5 rapapodcasts de parmi les miens :

1 - Rapapodcast #23 *identité en crescendo* Les vrais savent.
2 - Rapapodcast #21 *G-funk re-education* Les vrais savent.
3 - Rapapodcast #17 *tout est rien* Les vrais savent.
4 - Rapapodcast #25 *monoxyde de carbone* Les vrais savent.
5 - Rapapodcast #08 *arrêt cardiaque* Les vrais savent.

Top 5 de mes articles histoire de s'auto congratuler grassement : (sans vraiment d'ordre)

* Ca m'inquiète moins que les strings pour homme. Parce que la burqa c'est sexy. Les vrais savent.
* "Les webzines c'est de la merde à part le mien..." Je me suis dit ça. Parce que j'avais tort. Les vrais savent.
* Rapapodcast #23 Parce que le communisme contre-attaque pas. Les vrais savent.
* Valse nocturne. Parce que draguer avec un poème qui parle de viol, c'est la vraie swag. Surtout quand ça marche. Les vrais savent.
* Bouteille échouée. Parce qu'illisible. Les vrais savent.

Top 5 des films vus en 2009 :

1 - Metropolis
2 - A clockwork orange
3 - Dirty Harry
4 - The Bourne Supremacy
5 - Bridges over Madison County

Top 5 des bonnes résolution pour 2010 :

1 - Revendre tous mes disques et laisser le rap pourrir et mourir dans son jus.
2 - Penser à mon avenir et travailler en conséquence.
3 - Trouver une femme.
4 - Laisser tomber mes rêves débiles.
5 - Fermer ce blog stupide.

Les vrais savent tout ça.

En attendant tous ces événements déterminents pour l'avenir du monde, un nouveau rapapodcast avec des gens qui rêvent suicide sans besoin de personne, un pied dans ce monde plein de barrières pour faire de la vraie négronomie avec des noms sans particule difficiles à articuler. Je suis pas mort, juste pas là, pas là...

Rapapodcast #25 :

01 - KRS One - Step into a world (1997)
02 - Dr Mahbool feat. Sept, Iris - Les barrières (2009)
03 - Grain 2 Caf - Négronomie (2009)
04 - Taipan - Tu rêves (2009)
05 - Tombokarnage, Pimpsi, Mario Rui Silva, Slap - Besoin de personne (2009)
06 - The Notorious B.I.G. - Suicidal thoughts (1994)
07 - Cumshot Deluxe - Pas là (2006)


rapapodcast #25.mp3

durée : 28mn 00s




(p)&(c) Achim Shark 2009
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner


vendredi 18 décembre 2009

Blaq Poet « Tha Blaqprint »

« Ain’t nothing changed except the weather »

Parfois je me dis qu’il serait intéressant d’étudier le lien entre le climat et la musique de l’endroit. En effet, lorsque « The Chronic » , « Regulate » ou même « Eazy-duz-it » se pose sur une platine, le soleil californien s’échappe des sillons du disque et lorsque « Tha Blaqprint » du new-yorkais Blaq Poet parvient à nos oreilles la chaleur lourde et moite des rues du Queens Bridge s’insinue elle aussi dans la pièce, le ciel devient menaçant, l’orage n’est plus très loin, on le sent gronder, se confondant avec le ronflement de la guitare électrique du « I-gitttin » ouvrant l’opus. L’air devient rare, l’atmosphère lourde, une goutte de sueur glisse le long du dos. Le seul espoir maintenant est que le ciel se déchire, que la pluie tombe, arrose le bitume chaud et que son odeur nous enivre. Mais cela arrivera-t-il ?

« Millionaires rappers still envy me, they wish they are mini-me, I’m sick on any beat ! »

Blaq Poet est loin d’être un nouveau venu dans le monde rapologique de la grande pomme, le natif du Queens fit parler de lui dès 1986 lorsqu’il fut le seul à oser répondre au « The Bridge is over » , violente attaque contre les rappeurs du Queens proclamant la supériorité du Bronx par l’intouchable (à l’époque) KRS One. Artisan de l’underground, le poète fonda le groupe Screw Ballz, avec trois albums du crew à la clef. En 2006, il se lance en solo avec un premier album « Déjà screw » chez 45 Scientific (ceux-là mêmes qui survivent grâce à leurs rééditions du « Mauvais oeil » des Lunatic). Malheureusement, ledit album passa totalement inaperçu. Quatre ans plus tard, Blaq Poet revient plus remonté que jamais sur un nouveau label Year round, fondé par DJ Premier, rien que ça.

DJ Premier, producteur légendaire s’il en est, est donc aux manettes, à l’exception de « U phucc’d up » produit par Easy Mo Bee et « Sichuwayshunz » produit par Gemcrates. La quasi-omniprésence de Premier est un signe de qualité certain, lorsque l’on se rappelle le nombre impressionnant d’albums labellisés « classiques » dont il fut concepteur sonore, et cette réputation ne trompe pas. On a donc droit a des instrus de haut niveau avec les excellents « I-gitttin » et son instru rock, « Ain’t nuttin changed », « Hood crazy », « Voices » ou encore « Never goodbye » pour les plus marquantes. Des fat beats, des scratches, des beaux samples, que demander de plus ? Le niveau est donc très haut mais tout n’est pas pour autant parfait, particulièrement avec les faibles « What’s the deal ? » (qui sonne comme une mauvaise resucée du « Mass Appeal » de Gang Starr) et « Legendary ». L’inconnu (du moins pour moi) Gemcrates nous offre une des meilleures instrus avec l’excellent « Sichuwayshunz ». Parallèlement Easy Mo Bee s’en tire mais sans plus avec une production à la limite entre minimalisme et simplisme avec « U phucc’d up » (déjà présent sur Rewind déjà Screw). KL, feu membre du feu groupe Screw Ballz y est ressuscité et le niveau des MC’s relève largement le niveau.

Par contre les autres invités du micro déçoivent amèrement, alors qu’ils auraient pu offrir une alternative agréable au flow de Blaq Poet et de sa voix cassée parfois lassante. Seul N.O.R.E. se montre au niveau de son hôte pour le très bon « Hate » aux cuts efficaces alors que même la moitié des MOP Lil Fame déçoit sur « Rap addiction ».

« The hood is crazy, straight like that, got the cops running around with yellow tapes like rats »

Ecouter Blaq Poet, c’est écouter les certitudes, les doutes, la vie et la violence du ghetto, ce que DJ Premier réussit parfaitement à retranscrire musicalement. Les beats sont lourds et oppressants, les samples omniprésents, réaffirmant la signature musicale de l’underground new yorkais. On a donc droit à pas mal de claviers, de samples souls sombres et de scratches (ce qui se fait de plus en plus rare, autant en profiter). Néanmoins, malgré cette ambiance surplombant tout l’album Primo ne lasse pas, variant habilement ses influences, donnant un rendu toujours brut et rue, jamais redondant. Il s’offre même le luxe d’une fausse instru club avec « Stretch marks and cigarette burns », réussissant également le tour de force d’introduire parfaitement l’ambiance de l’album avec « I-gitttin » alors que musicalement, c’est à des encablures du reste de l’album.

Si les instrus emmènent la chaleur moite des rues new yorkaises, le flow du MC a dans ses valises l’orage et la lourdeur du Queens estival, sans espoir ni oxygène. Blaq Poet vient du gouffre et cela se ressent jusque dans son flow et sa diction, à chaque rime, il mord l’instru et ne lâche prise que lorsqu’il atteint l’os. Ce style a priori monolithique pourrait être la grande faiblesse de l’album, heureusement Black Po’, tout en gardant un phrasé d’écorché-vif arrive à faire évoluer son flow avec différentes ambiances, tour-à-tour pêchu (« Ain’t nuttin changed »), lent (« Never goodbye »), torturé (« Voices ») ou posé (« Sichuwayshunz »), le Poet assure.

La dureté des rues de QB (« S.O.S. », « Same Old Shit ») est présente dans tous les recoins de l’album, ambiance oppressante prenant aux tripes, tant par les instrus, le flow et bien sûr les textes. Malgré un côté street credibility (« A real gangster is good in any hood/A real goon coming soon to your hood »), Blaq Poet se refuse d’offrir la vision glamour du ghetto qu’aiment à donner beaucoup de gangsta rappeurs, il nous présente la réalité du ghetto dans sa brutalité, sa dureté et ses aberrations « ‘Can’t Stop Won’t Stop’, that’s a movie pricks/This is life in the hood, no movie shit ». Mais parler de la rue n’est qu’une des manières pour Blaq Po de parler de lui, avec pudeur mais sincérité, nous dévoilant une personnalité complexe avec toutes les contradictions d’un homme. Ainsi il nous offre des ghettos anthems comme « Let the guns blow », « Ain’t nuttin changed » ou « Don’t give a fuccc » mais dans le même temps dans « Hood crazy » il tente d’éloigner un jeune du bizness (« ‘You want to be gangster and get what gangsters get ? Look in a mirror nigger : you’re not 50 Cent. Don’t be a fool, stay in school, don’t took drugs’. Little nigger lookin’ at me like ‘You Po’ ? How can you tell me what to do ? I learnt this shit at lookin’ at the window at you !’ I say ‘Ahh’ at that moment my heart turn black, look him in the eyes and tell him ‘You can’t turn back. You’re now MTM : Married To the Mob, at any time in the street, no Money To your Mom. Don’t be a baby and remember whan I told you the hood was fuckin’ crazy. »

« Beside that, Blaq Poet, a lovely guy. »

Malgré son nom, le new yorkais est loin d’être a meilleure plume de sa génération et malgré quelques phases bien trouvées la lassitude commence à venir au bout des 6 premiers titres d’entendre à chaque rime « hood », « nigger », « New York », « bitch » et consorts. Mais, un peu comme pour le Rat Luciano, sa sincérité vient sauver les manquements de sa plume. Pas besoin de rimes multi syllabiques à chaque vers, de punchline à chaque mesure pour toucher, l’instru, le flow, la sincérité font du bon boulot. Souvent ses couplets ne sont que le récit de petites anecdotes qui sous ses mots simples deviennent vivantes (comme sur « Hood crazy » au-dessus, vous vous rappelez ?). Il en profite pleinement sur le superbe exercice de style « Sichuwayshunz », où il s’insinue dans l’esprit de trois personnes (un voleur, un truand et un clochard). Ces trois tentent de sortir de leur état mais la rue les rattrape. Un titre juste « I’m mentally unfit, but who gives a shit ? Not the government, not the president. The only time people care, it’s on the holyday. Leave me alone and just let me go my way. And be happy that you ain’t me. Some people are scared, some other hate me. »

Résumer Black Poet à la description de la ghetto life serait très réducteur, il en est un reflet car il en est issu mais ses thèmes ne s’y arrêtent pas nécessairement. C’est aussi un amoureux passionné du Hip Hop et du rap depuis plus de 20 ans, et son amour de la musique se ressent souvent, sur le plaisir évident à kicker le beat sur « Hate », son couplet sur « Rap addiction » (le titre parle de lui-même) ou sur l’étrange hommage aux MC’s trépassés sur le génial « Voices ». Sur ce titre, alcoolisé un peu trop (comme souvent) il entend les voix des MC’s qui l’ont précédé, connus ou inconnus.

L’orage gronde depuis une heure, lorsqu’un léger filet de vent passe entre les tours des projects du Queens. Il ne chassera pas les nuages, mais il permet de souffler un peu et espérer que les nuages crèveront et qu’une rafraichissante pluie tombera. Cette brise c’est « Never goodbye » qui clôture l’album sur un vibrant hommage à son ami KL, décédé il y a peu, le beat devient lent, pesant mais pas étouffant, la mélodie douce, le flow posé, l’émotion palpable, la réussite complète. Le disque s’arrête. Une goutte sur la main. La pluie ? Non, l’orage revient : on a de nouveau appuyé sur ‘play’.




(p)&(c) Achim Shark 2009
Blaq Poet
DJ Premier
Year Round records


jeudi 17 décembre 2009

« Plus tu t'endors sous tes miroirs et tes photos, plus t'es dérisoire, plus tu nous les pètes »

« Même à cette heure-là, Ernie’s était encore plein à craquer. Principalement des ploucs des collèges et des ploucs de l’Université. Presque tous les bon Dieu de collèges du monde entier commencent les vacances de Noël plus tôt que ceux où je vais, moi. C’était tellement comble qu’il fallait drôlement se magner rien que pour mettre son manteau au vestiaire. Mais ça faisait assez tranquille parce que Ernie était en train de jouer. Quand il s’asseyait au piano, c’était comme si on assistait à quelque chose de sacré. Personne est bon à ce point-là. Avec moi il y avait trois couples qui attendaient qu’on leur donne une table et qui poussaient et se dressaient sur la pointe des pieds pour mieux regarder le gars Ernie à son piano. On avait dirigé vers lui un grand projecteur, et placé devant le piano un énorme miroir, comme ça tout le monde pouvait voir sa figure pendant qu’il jouait. On pouvait pas voir ses mains, juste sa vieille grosse figure. La belle affaire. Je suis pas sûr du titre de cette chanson qu’il jouait mais en tous cas il l’esquintait vachement avec des trilles à la manque dans les notes hautes et un tas d’autres astuces que je trouvais très emmerdantes. Mais après la dernière note vous auriez entendu la foule ! De quoi vomir. Déchaînés, les mecs. C’était exactement les mêmes crétins qui se fendent la pipe au cinéma pour des trucs chiants. Je vous jure, si j’étais un pianiste ou un acteur ou quoi et que tous ces abrutis me trouvent du tonnerre j’en serais malade. Je pourrais même pas supporter qu’ils m’applaudissent. Les gens applaudissent quand il faut pas. Si j’étais pianiste je jouerais enfermé dans un placard. Bref. Quand il a eu terminé, que tout le monde applaudissait à tour de bras, Ernie a pivoté sur son tabouret et il s’est fendu d’un très modeste petit salut bidon. Comme s’il était un type vachement modeste en plus d’être un pianiste du tonnerre. Ca faisait vraiment charlot, vu qu’il est tellement snob. Le plus bizarre, quand il a eu terminé, c’est que moi j’ai eu envie de le plaindre. Je crois qu’il sait même plus distinguer quand il joue bien ou mal. C’est pas totalement sa faute. C’est à cause de ces abrutis qui applaudissent à tour de bras. Si on les laissait faire, ils embrouilleraient n’importe qui. En tout cas ça m’a encore foutu le bourdon et j’ai été à deux doigts de reprendre mon manteau et de rentrer à l’hôtel. Mais il était trop tôt, et je tenais pas à me retrouver seul. »
- J.D. Salinger, extrait de « L’attrape-coeurs »


Ca, c’est un livre à lire.

Sept&Lartizan – Système maîtrique (Achim Shark remix)
acapella : "Système métrique" interprété par Sept
samples : "Awake my soul to joyful ways" interprété par le BYU Men’s Chorus/"A la volonté du peuple" extrait de l’oeuvre musicale "Les Misérables" composée par Claude-Michel Schönberg
beat : "Come, come ye saints" interprété par Gladys Knight&SUV/plug-in Mixcraft 4


Ca, c’est pas un remix à écouter.


« Sans oublier que vos mercos très stylés c'est vos négriers qui vous les prète »


(p)&(c) Achim Shark 2009

lundi 14 décembre 2009

Musique de décérébrés #04 - N.A.P

« On est les meilleurs ; que ce soit en rap ou en texte. »
- N.A.P


...Bah non...

En fait non, pas du tout. Définitivement non. Et si vous doutez de ma parole pleine de vérité vous pouvez vérifier avec les résultats non télescopiques de mon top 20 des meilleurs morceaux de rap français et surtout du top 100 paru sur l'ABCDR du son. Et puis en plus c'est illustré par les Haterz, et les vrais savent, les Haterz sont les meilleurs que ce soit en dessin ou en humour.




(p)&(c) Achim Shark 2009
N.A.P feat Hamcho, Don Silver, MC Jean Gab'1 "On est les meilleurs", album "A l'intérieur de nous" (2000)


dimanche 6 décembre 2009

Bouteille échouée

Je lance une bouteille à la mer. Sera-t-elle lue ? Sera-t-elle bue ? L’alcool ne réglera pas tes soucis, l’eau minérale non plus. Je vis sans plus. Sans moins non plus. Je vis c’est tout, je vis c’est rien. Je suis en chien. Les larmes du chien. Le chien de l’arme. Arme de destruction passive, télévision, télé fiction. Vie fictive, espoirs brouillés, rêves volés. J’espère voler. Avion brûlé décolle sans aucune destination. Je m'envole sans destin ni nation. Citoyen incolore, chloroforme inodore, sodomie indolore, société buggable, nouvelles buzzables. Futur. Mur. Obscur. Noir. Espoir ? Je marche vers la gloire en courant à ma perte. Je cours plus vite que je ne marche, dommage. Bientôt chômage, bientôt je croirai aux illuminatis, mon doigt dans l’œil de la pyramide. Je marche sans guide. Je prends du bide. Je me sens vide, j’ai besoin d’être aidé, aimé, qui sait ? Pas moi. Je pense à moi : envie de vomir. Sans rire. Sans être le pire. J’ai rien en ligne de mire, à part un mur ou la station MIR. Sans queue ni tête comme une blonde. Une tombe. Je sombre. Les catacombes de ma mémoire. Squelettes dans le placard. Un art de famille, un air de cafard. Cafard, spleen, ce qu’il se cultive dans ma vigne. Une ligne d’horizon. Appelle-moi le patron, je suis Roi, je suis moi, sans toit on prend la pluie. Tu suis, pas moi. Je suis, pas toi. Y’a quoi ? Gaulois, Valois, bats-moi, paroi, pas roi, que moi sans moi, sans loi, sans toi, tu vois ? Je bois à la lie de Paris. Hallali, Magali, son mari, mon cri, mon prix. Sans valeur. Malheureux sans malheur. Chanceux sans bonheur. Bonne chance sincère. Cœur en vacance, bonne chère. Chère amie punie, marrie. On sourit, c’est du faux, amitié fausse, souvenir partagés. Passé, page tournée, larmes coulées, sable écoulé, lambeaux de sentiments dépassés, semblant repassés. Tristesse macérée, filtrée, édulcorée. Le temps passe, les amitiés s’effacent. Reprises de contact : farces. Avançons, passons, maçons de notre maison, notre existence. Pense à l’avenir, ne pense qu’à finir, à fuir, que reste-t-il à dire ? Ave Caesar, morituri te salutant. Mon père demeurait sous une tente. Son fils un demeuré saoulé par Kant. Vante la vente de corde pour pendre un poids en trop. Un poids en moins, un poing au coin, un de moins au point de ralliement. Il ment, il pend, il peut, c’est un gueux. Rien de mieux. Un pieux. Vampire braqueur de banques de sang manque de couleurs. Sur la plage, rougir. A force de languir il meurt, cendres, soleil levant, orient, occident, rap conscient, conscient de rien, marchand de vent, marche devant, marche funèbre. Phèdre. Attalie. Italie. Spaghetti. Wack MC. Lundi jour de pluie. Mardi joie de vivre. Temps mort. Embarque au port. Port de pêche. Pêche au gros, gros péché. Déprimé, suicidé, cœur arrêté, pris au filet. Esclaves, chantages, marchandages. Trop mat. Bateau pirate. Bateaux piratés, volés. Femmes violés, villes incendiées. Encre, plume, papier, derniers mots écrits sous la lune. Tempête dans un encrier, tempête sous un crâne, tempête sur une vague. SOS, bouteille lancée, à l’intérieur papier. Qui viendra sauver ? Laissons tomber, laissons sombrer. Ombre. Lumière. Femme entière. Main tendue. M’a-t-on cru ? Pus écoulé, Abcès percé, vidé. Poète inspiré. Cheveux de jais. Cœur arraché, caressé, réparé. Demain : épines, tristesses, quatre mains, Céline, promesses. Peut-être.




(p)&(c) Achim Shark 2009
dessins extrait des mini strips de Frederic Noens par Frederic Noens


samedi 5 décembre 2009

Taipan « AFPAN vol. 1-10 »

Pour rester d'actualité dans ce rap jeu pipeau, autant piper les dés en rappant l'actualité gratuitement mieux qu'un rap con, chiant et payant. C'est un peu la base des AFPAN, brefs titres tirés des pires brèves de AFP charcutées par Taipan. Originellement lâchés l'un après l'autre sur le site de LZO records, les 10 premiers sont finalement réunis sur un EP téléchargeable gratuitement avec en bonus une jolie pochette et une intro/outro par CHI qui produit également tous les titres. Que ce soit sur les violons délicieusement discordants de « Plus rien de m'étonne (#1) », les guitares saturées de « Retour aux pyramides (#07) » ou les synthés stridents de « La vie est belle (#03) », Taipan se ballade avec une facilité déconcertante sur tous types de beats, délivrant punchlines par cargos entiers avec un flow toujours maîtrisé généralement posé, parfois plus véner. Connu surtout pour ses égotrips, Taipan profite de l'exercice pour montrer une autre facette de son rap en décrivant l'actualité avec acidité mais surtout lucidité. J'ai découvert Taipan par ces AFPAN et depuis j'attends son album comme les juifs attendent le messie. Alors, pourquoi faire les fines bouches, c'est bon, c'est gratuit et c'est ici, de quoi patienter avant l'album qui sortira « avec un an de retard mais 10 ans d'avance » comme ça se chuchote à mi-voix parmi les MC's effrayés de celui qui a plus de punchlines qu'eux dans les lignes de sa main.




(p)&(c) Achim Shark 2009

vendredi 4 décembre 2009

Eden

Petit garçon cherche un éden,
Trouver une chevelure ébène ;
Se perdre en des yeux lumineux ;
Guérir son coeur plein d’épines.

Petite fille cherche un éden,
Etre libérée de ses chaînes
Par une main secouriste
Venue soigner son coeur triste.

Petits enfants cherchent un éden
Lassés de ces relations vaines
Souhaitent quitter leurs vices ;
Sous l’astre Amour qu’ils grandissent.




(p)&(c) Achim Shark 2009
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner



L'inspiration ça tombe pas avec la pluie (dommage hein)

mercredi 2 décembre 2009

Gussainville parano



Vous avez vu ça ? Il faut faire attention, il y a 10 millions de cannibales en France que l'Etat paye pour ne pas qu'ils se déchaînent et ne te dévore, toi et ta maison. Mais qui sont-ils, où sont-ils ? Que se passera-t-il si le gouvernement cesse de les payer et de les retenir ? Il est temps d'avoir peur car lorsque le problème de la surpopulation sera intenable, la bride sera lâchée et des millions d'anthropophages seront lâchés dans les rues.

Mais comment les reconnaître ? J’avoue que ne sais pas, il faudra regarder TF1 et leurs informations éclairées, je pense que très bientôt nous saurons avec certitude que ces êtres barbares et ignobles sont barbus, bronzés, et voileurs de femmes. Diam's est déjà une de leurs victimes, il faut faire gaffe, ils se préparent à dévorer les fillettes de 8-15 ans qui recherchent un mec mortel.

***

"La France qui pense qu'en banlieue on peut pas penser puisqu'on pense qu'à danser, rapper sur des beats cadencés. Remarque ils pensent que les 3 millions de chômeurs c'est 3 millions d'immigrés..."
- Kool Shen


C'est arrivé près de chez toi, ouais presque sous ton nez, et c'est clair que dans sa commune de 40 habitants à ce gros porc il doit y avoir plein de ces sauvages-là.

Je ne participerai pas au si joli "débat sur l'identité nationale" parce que
"Devoir s'intégrer à un pays qui est déjà le sien c'est flairer, se mordre la queue donc garder un statut de chien"
- Rocé


Bah oui ma réflexion et ma personnalité ont toutes deux été annihilée par le rap, mais je préfère cela à l'annihilation de l'âme prévue par TF1.

Sérieusement, ce qui me saoule c'est que ce débat n'est pas là pour définir une "identité nationale" mais pour stigmatiser les populations immigrées principalement banlieusardes. Le 11 novembre, deux jeunes militants pour l'autonomie basque ont volé le drapeau français du monument au mort, parce qu'ils ne se sentent pas français n'est-ce pas. Bon, ils n’étaient pas très doués et se sont fait choper le jour-même.

Anecdote intéressante, mais qui en a parlé ? Les informations locales. Imaginons que 2 jeunes banlieusards décident de faire la même chose, qui plus est plus pour le fun que pour réaliser un quelconque geste politique, que se passerait-il ? Un ouragan médiatique d'élus outragés que "le symbole de notre nation soit ainsi déshonoré" et un gros gros débat nouveau sur cette "identité nationale".

Alors voilà si on veut vraiment parler "d'identité nationale" sérieusement, ce qui serait intéressant parce que la France fut le premier Etat-nation tout en étant par essence plurinationale, on doit intégrer toutes les parts de la société française et pas en brûler quelques-unes sur la place publique, ça sera peut-être plus efficace. Parce que oui, on faisait ça au moyen-âge de temps en temps avec les sorcières pour taire les craintes de la populace mais ça n'a jamais eu qu'un effet à court terme. La France est un pays qui a de belles valeurs (cf), des capacités, un passé parfois glorieux et a depuis toujours eu la chance d'être un hysme européen où beaucoup vinrent s'établir et firent prospérer la nation. Bien sûr la différence étonne, effraie, mais comme je l'ai dit auparavant la beauté de la tolérance est de respecter et accepter des choses que l'on ne comprend pas. Je m'auto cite parce que je suis génial et je me dis souvent que je mériterai vraiment d'avoir du talent, de savoir m'exprimer, d'être lu, d'être adulé, d'être publié et d'avoir des groupies.

Donc après tout ça la déclaration de l'autre enfileur de mouton ne me choque pas vraiment, il exprime juste à voix haute tout ce que cette parodie de "débat" veut exprimer à voix basse.

Et si la paranoïa des gussainvilois vous saoule, il faut regarder Las Vegas parano parce que c'est le film avec lézards, déserts, animaux de compagnie sexuellement violables, barbituriques et acides le plus cool qu'il soit. Et puis écouter "Crash test" aussi.





(p)&(c) Achim Shark 2009
image tirée de Kreepy Kat par Alan Karr


dimanche 29 novembre 2009

Musique de décrébrés #03 - Booba

Via mes aventures internestiques j'ai croisé la route d'un site américain (dont j'ai oublié le nom) qui mettait en exergue les phases les plus stupides de leurs MC's. Je me suis dit alors que je pouvais facilement reprendre l'idée avec les rappeurs français, il y a de la matière on va dire. Après je sais, j'ai besoin de gardes du corps tout ça, mais je peux toujours dire que j'ai samplé l'idée pour la retravailler à ma sauce qui sera exactement la même que celle d'origine. En tous cas la série "Musique de décérébrés" présentera quelques perles de nos MC's préférés (ou pas).


« Retiens bien mes initiales : le 9, le 2. »
- Booba


« Comment ça, ça ne veut rien dire ? Bande de mauvaise langues ! Les initiales sont 9 et 2 pour 9lie 2affa évidemment. Izi, vous capotez rien, arrêtez de mélanger votre coke à de l'eau. Take it izi ! »


Matériel de survie sur le mont de Tallac...


(p)&(c) Achim Shark 2009
Booba feat Malekal Morte "92 izi", album "Ouest side" (2006)
t-shirt Ourse Verte designé par Phiip


vendredi 27 novembre 2009

Musique de décérébrés #02 - Joke

Via mes aventures internestiques j'ai croisé la route d'un site américain (dont j'ai oublié le nom) qui mettait en exergue les phases les plus stupides de leurs MC's. Je me suis dit alors que je pouvais facilement reprendre l'idée avec les rappeurs français, il y a de la matière on va dire. Après je sais, j'ai besoin de gardes du corps tout ça, mais je peux toujours dire que j'ai samplé l'idée pour la retravailler à ma sauce qui sera exactement la même que celle d'origine. En tous cas la série "Musique de décérébrés" présentera quelques perles de nos MC's préférés (ou pas).


« T'es Corky et t'as de la chance d'être mon anagramme »
- Joke


Visiblement Joke est prêt pour l'argent mais pas à utiliser des mots qu'il comprend.




(p)&(c) Achim Shark 2009
Tékitek feat Joke "Joke&Teki", street "Mes pelures sont plus belles que vos fruits" (2009)


mercredi 25 novembre 2009

Musique de décérébrés #01 - Rohff

Via mes aventures internestiques j'ai croisé la route d'un site américain (dont j'ai oublié le nom) qui mettait en exergue les phases les plus stupides de leurs MC's. Je me suis dit alors que je pouvais facilement reprendre l'idée avec les rappeurs français, il y a de la matière on va dire. Après je sais, j'ai besoin de gardes du corps tout ça, mais je peux toujours dire que j'ai samplé l'idée pour la retravailler à ma sauce qui sera exactement la même que celle d'origine. En tous cas la série "Musique de décérébrés" présentera quelques perles de nos MC's préférés (ou pas).


« J’épargnerai peut-être les p’tites meufs comme Diam’s sinon j’les baise tous »
- Rohff


De deux choses l'une :
(1) Il s'agit du plus hardcore des coming-out.
(2) Lapsus très révélateur.

Moralité : Messieurs les rappeurs, ne trainez pas à côté des loges de Rohff le risque de viol à coups de pelle existe.




(p)&(c) Achim Shark 2009
Rohff "Outro - J'rappe mieux que toi", album "La fierté des nôtres" (2004)


lundi 23 novembre 2009

Ultraviolin&beatstealin'

Jeune drogué, lâche ta pipe à crack, on n'est pas chez Z-ro ici. Tu sors du carton souillé de tes gerbissures dans lequel tu t'es vautré, raide défoncé. Tu marches d'un pas chaloupé un instant de lucidité t'inspire d'arrêter cette merde. Tu vas voir ton dealer et - une fois n'est pas coutume - dans cette rue poisseuse tu respectes ta nouvelle résolution en lui prenant de la coke. Tu commences avec un gramme de la "Tonic" coupée par les wanabe punks SweetHaven, tu poursuis ta ligne à l'allure d'un "Lowrider" psychédélique poussé à 128 bpm/h. Tu te sens proche à cracher du sang mais dans ton hallu tu vois une belle "lady grinning soul" t'offrir une ligne sur son stradivarius. Tu rêves de Lucia Micarelli mais tu t'es juste pris Sept ligne de "Karaoké pirate" en plein ton nez, tu sens ta trachée artère gonfler, tu ne peux plus respirer, tes yeux se révulsent au moment où du sang coule entre tes dents noires. Tu le sais, tu vas crever juste là au bord de ce canal et des gamins insolents viendront s'amuser à toucher ton cadavre puant et décomposé que personne ne viendra réclamer du bout de leurs bâtons. Tes lèvres laissent échapper un gargouillis inaudible et c'est fini, ton corps flasque s'effondre sur le sol au milieu des quelques restes de poudre.

Sept&Lartizan - Karaoké pirate (Achim Shark remix)
acapella : "Karaoké pirate" par Sept
samples : "Tonic" par SweetHaven / "Lady grinning soul" par Lucia Micarelli
beat : "Lowrider" par Cypress Hill


Jeune internaute tu as téléchargé et écouté; t'as trouvé nul mais pourtant tu étais prévenu que c'était un bad trip; alors n'oublie pas : Les dealers font un taf hardcore ; les crackheads sont des mecs hardcores ; les bad trips sont des trucs hardcore mais toi te plains pas, t'es le seul à être d'accord !



« Tu veux attaquer ? Soit. T’as pas roqué que je t’ai mis mat. »


(p)&(c)Achim Shark 2009
image piquée quelque part sur le net


samedi 21 novembre 2009

Obligé qu’j’clique en faisant des signes de gang

Si si la famille


Aujourd'hui j'étais à un repas de famille plutôt confidentiel, on n'était que 180. Vu que je ne m'ennuyais pas du tout je créai soudainement un signe de gang pour notre famille et ce à partir de rien (enfin si, ma main).

"Olaso, tu peux pas test"


Et puis au cours de mes folles aventures doigtières j'ai trouvé le signe parfait pour Rapa qui concurrencera bientôt la westside au concours du signe de gang le plus populaire.

Avec une sacrée dose d'imagination tu peux facilement voir un R se dessiner au détour de mes doigts gracieux.


Comme ça on pourra sortir des phases gavé classes comme :

« Crois pas ta fouf si elle prétend ne plus se rappeler du nom de mon gang mais surtout crois-là si elle dit qu'elle l'avait sur le bout de la langue. »

ou

« Rapa crève l’écran, achète des lunettes 3D pour voir notre site. »

ou

« T’as vu le site obligé qu’j’clique en faisant des signes de gang. »

ou

« On a fait le match, la revanche et la belle aussi ; Jeu, set et match : tu n’as mis aucun point. »

ou

« On s’est fait la tâche, la pervenche et la belle aussi ; beuh, zeb et hash : tu n’es pas au point. »

ou

« Le webzine préféré de ton webzine préféré. »

ou

« Plus de rêves aujourd’hui, on les a tous accomplis. »

ou

« Rapanization : l'imagination s'arrête ici »

ou

« Connect to Rapa by any means necessary. »

ou

« Tu as une famille ? J’ai mieux : j’ai Rapa. »

ou

« À bon Rapa, bon rap »

ou

« La perfection a désormais un nom : Rapanization. »

ou

« Tu attends la prochaine mise à jour comme les juifs le messie ; tu regardes la précédente comme les chrétiens Jésus. »

ou

« Call it a takeover; Sucker MC, rape's over we take it back to real rap lovers »

ou

« Mine is a site of funk, yours is a piece of junk »

ou plein d'autres phases trop classes qui restent à trouver.


"Avec de l’audace on peut tout entreprendre, on ne peut pas tout faire” se répétait Napoléon pour se consoler de n'avoir pu participer à l'aventure Rapanization.


(p)&(c)Achim Shark 2009
Tableau "Napoléon à Sainte-Hélène" par quelqu'un de connu


"Rapa est aux rappeurs ce que la bible est aux catholiques!"

-Taiji

"Rapanization est frais comme mes shoes"

-Phonky

"Connect to Rapa or die tryin'"

-XQlu

vendredi 13 novembre 2009

Le fermier, la licorne et les chevaux

Il était une fois un magnifique village de campagne perdu dans les montagnes. La fierté de la population était son troupeau de chevaux : ils étaient blancs comme la neige des hauts sommets, doux comme le printemps chatoyant et rapides comme une rivière dévalant les pentes des monts environnants. Tous ignoraient que leur père était un unicorne noir.

Or, un jour, le maire s’aperçut que le troupeau avait disparu. Il ameuta tout le village et demanda qui serait assez brave aller chercher les magnifiques animaux, bravant sans doute mille dangers.

- Moi ! dit immédiatement Nathan, jeune paysan courageux, j’irai les chercher, dussè-je traverser la Terre et voir la gueule de l’Enfer s’ouvrir devant mes pas !
- Ton courage t’honore jeune Nathan, répartit le maire, je ne puis t’accompagner mais je te confie mon fusil.
- Ma fourche ! s’exclama un fermier.

En quelques minutes Nathan reçu cinq fourches, trois fusils et deux haches puis il partit sans attendre. Comme il marchait depuis deux jours il entendit une voix : « Nathan, je viens avec toi, tu auras besoin de mon aide. » Il se retourna, la stupeur se lut sur son visage : il voyait l’unicorne !

- N’ai pas peur, reprit l’unicorne, ces chevaux que tu cherches sont mes enfants, je vais t’aider à les retrouver. Car je sais qui les a volés et où ils sont séquestrés. C’est un sorcier et des voleurs, ils habitent la Forêt-Sans-Fin !
- La Forêt-Sans-Fin ! s’exclama-t-il, mais, dedans, il y a des bêtes sauvages, des monstres et que sais-je encore !
- Je sais, dit l’unicorne, mais allons-y, je vais te protéger ; J’ai tous les pouvoirs avec ma corne laser !

Ils cheminèrent donc de concert. A la lisière de la Forêt-Sans-Fin l’unicorne s’arrêta et dit :

- Nathan, coupe-moi la langue !
- Ta corne ? Mais pourquoi ?
- Coupe-moi la langue, c’est un ordre !
- Dans ce cas… D’accord…

Il la lui coupa avec une hache. Elle se transforma en glaive dans sa main.

- C’est le Glaive Magique, reprit l’unicorne à qui la langue avait repoussée, tu ne pourras l’utiliser que pour faire le bien.

Ils entrèrent dans la sinistre forêt. Ils marchèrent quelques heures en se battant contre de gigantesques loups. Quand, soudain, ils virent d’étranges êtres mi-rats mi-hommes. Ils ne semblaient pas très malins car ils foncèrent tête baissée sur nos héros. L’unicorne lança un geyser de flammes de sa corne magique qui les tuèrent tous sauf un, qui semblait être le chef, ayant évité en poussant un hurlement de gargouille avant de foncer sur Nathan. « Son cou est son point faible » cria l’unicorne. Aussitôt, Nathan planta sa fourche dans le cou du monstre qui agonisa pendant quelques secondes avant de mourir. Nathan le jeta négligemment sur le côté de la route comme un vulgaire détritus.

Finalement, ils arrivèrent sains et saufs à la caverne des bandits. A l’intérieur mes voleurs et le sorcier fêtaient leur bonne fortune. Le vin coulait à flot et les hors-la-loi étaient ivres-morts sauf le sorcier qui, comme toutes les créatures démoniaques, était très sobre. Celui-ci avait l’air plutôt effrayant : il portait une immense cape noire doublée d’un velours pourpre. Ses yeux étaient d’un rouge sanglant. Le monstre était assis sur un trône fabriqué à partir des os de ses ennemis vaincus.

Nathan et l’animal merveilleux entrèrent brusquement, profitant de la surprise de l’état d’engourdissement de leurs adversaires. Les bandits prirent leurs armes et foncèrent sur nos deux héros. Un des voleurs donna un coup de mousquet sur la corne de l’unicorne – son point faible -. L’autre allait l’achever avec son épée rouge de sang innocent, mais il n’en eut pas le temps car Nathan, d’un coup de fusil, lui fit éclater le crâne, la cervelle du bandit s’envola pour retomber lourdement sur le sol dallé où le sang se mêlait dorénavant au vin. En peu de temps tous les voleurs s’étaient enfuis ou étaient morts et seul le sorcier se dressait encore face à Nathan. Avant de s’évanouir l’unicorne rappela à Nathan d’utiliser le Glaive Magique. Celui-ci ce tourna alors vers l’être maléfique et lui adressa la parole en ces termes :

- Je vais t’écrabouiller puis envoyer tes restes aux quatre vents, tu vas enfin payer pour tes méfaits, misérable cloporte !
- Ce que tu crois, ricana le sorcier.

Ce dernier prit sa baguette magique et lança un jet maléfique. Le jeune paysan se protégea avec la Glaive Magique qui absorba l’impact.

- Oh, remarqua le sorcier, je vois que tu as ce fameux Glaive Magique.
- Oui ! Et c’est par cette lame que tu va mourir !

Le monstre sourit et se concentra, créant une immense lumière avec ses mains. Aveuglé, Nathan attaqua à l’aveuglette puis tomba sur le sol.

Lorsqu’il ouvrit les yeux, le sorcier avait disparu. Etonné, il jeta des regards tout autour de lui. Il remarqua l’unicorne qui semblait remis du choc qu’il avait subi.

- Où est passé le pachyderme ? demanda-t-il.
- Tu l’as blessé alors qu’il s’apprêtait à te lancer un sort des plus destructeurs, ce qui t’as étourdi. Profitant de sa faiblesse je l’ai absorbé par ma corne, et mon esprit est en train de lutter contre le sien pour la possession de mon corps. Si nous détruisons son trône, il ne pourra vaincre.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Ils reprirent les chevaux et ils rentrèrent au village sous les acclamations des habitants. Pour remercier Nathan le maire lui donna la main de sa fille Héloïse. Celle-ci n’espérait que l’accord de son père tant elle l’aimait. Ils vécurent heureux et, Dieu merci, ils n’eurent pas d’enfants.





(p)&(c) Achim Shark 1998
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

dimanche 8 novembre 2009

Rapapodcast #23

Les rapapodcasts sont des playlists (principalement rap) visant à faire découvrir des nouveaux artistes ainsi que des titres phares du Hip Hop. Elles sont présentées à titre gratuit dans un but promotionnel sur le site www.rapanization.com. Je mettrai sur mon blog les rapapodcasts que je réaliserai moi-même. Si vous disposez des droits d'un morceau ou êtes un représentant des ayant droit et que vous souhaitez la disparition d'un morceau, écrivez-moi à achim_shark[at]hotmail.fr.


Je pourrais faire mon laius désormais habituel à propos de ce nouveau podcast à l'identité en crescendo mais j'ai décidé que non. Et pourquoi cela ? vous demandez-vous pas. J'ai pris cette décision grave pour l'avenir du monde et de l'humanité en liaison avec un anniversaire. En effet, demain sera mondialement célébré les 20 ans de la chute du mur de Berlin, prélude à la chute de l'Union Soviétique.

Interlude humouristique #1 : En 1926 la camarade Cassandra, agée de 85 ans a réussi malgré les nombreuses révolutions qu'elle a connu à conserver son appartement moscovite, ce qui en soit est déjà un exploit. Lors d'une sombre et froide nuit d'hiver elle entend frapper à sa porte. Effrayée elle dit d'une voix chevrotante : "Qui est là ?" "Je suis la Mort et je suis venue te chercher Cassandra !" "Ouf ! Tu m'as fait peur, j'ai cru que c'était la Tcheka !"

Mais comme chaque année, l'assassinat sauvage de la République Démocratique Allemande sera oublié. Je me devais donc de lui rendre hommage, car, tel le rap, mon blog est la Voix des Sans-Voix, la Tribune des Oubliés. Un petit rappel s'impose : En 1949, les impérialistes américains, aidés de leurs faibles alliés achetés par l'argent du prolétariat, décident de transformer la trizone en une république capitaliste et fantoche : la RFA (République Fédérale Allemande). Craignant pour le bien du peuple allemand, le politburo décide en grande sagesse et sous l'acclamation du prolétariat, de fonder une République Libre, Communiste et Démocratique : la RDA (République Démocratique Allemande). Des années de paix et de joie se présentent devant le peuple allemand enthousiaste.

Interlude humouristique #2 : Deux camarades ouvriers discutent lors de leur pause déjeuner. Le premier ayant l'air soucieux, le second, en l'honneur de la grande fraternité socialiste, lui demande ce qui le tracasse. "J'ai peur d'être mal vu par le représentant du parti de l'usine" lui confit-il alors. "Et pourquoi ça ?" "Et bien hier il m'a demandé pourquoi je n'étais pas à la dernière réunion du parti et je lui ai répondu que si j'avais su que c'était la dernière je serai venu avec plaisir !"

Malgré de nombreuses mains tendus par le camarade Staline pour l'unification et la pacification de l'Allemagne les occidentaux refusèrent systèmatiquement, prolongeant un état de crise. Ainsi pour lutter pacifiquement contre l'impérialisme arrogant et propagandiste des chiens capitalistes américains il fut plus tard décidé la construction d'un mur pour empécher les idées perverses de s'ouest de venir perturber le bonheur socialiste en marche. Mais malgré la sagesse du parti, les idées pernicieuses et destructrices passèrent à travers les fils barbelés et pervertirent le coeur de nos camarades allemands. Ces mensonges eurent tant de succès qu'en novembre 1989 sous la pression de bandes terroristes le mur de Berlin s'effondra avec l'espoir d'un monde meilleur.

Interlude humouristique #3 : Un camarade visite le kremlin et remarque une toile immense représentant le portrait du héros Lénine. Sous le portrait il remarque des initiales "BT". A sa demande, on lui en donne l'explication "Bolchoï Théoriste". Il apercoit alors un tableau du camarade Staline avec les même initiales. Surpris, il en demande encore la signification "Bolchoï Terroriste". En poursuivant la visite il tombe sur un autre tableau, celui de Kroutchev avec les même initiales. "Ah, celui-là je sais, dit-il, "Bolchoï Touriste" !"

Le monde capitaliste et décadent prit évidemment cette annonce comme un excellente nouvelle et depuis 20 ans le mythe dure mais le sort injuste de la RDA a été passé sous silence dans la tourmente. En effet, alors qu'officiellement la RFA avait été créée en attendant une fusion des entités en une seule Allemagne, elle ne fit qu'annexer le territoire de la RDA avec une semblant de "réunification" télévisuelle, mercantile et mensongère.

Interlude humouristique #4 : En visite officielle auprès de la reine de Suède, le camarade Gorbatchev (aka Cul-de-bouteille) en vient à discuter avec la reine de choses et d'autres, en particulier Dieu. La reine, surprise, lui dit "Mais... Vous croyez en Dieu Gorbatchev ?" "Croyant, mais pas pratiquant !" "Mais... Vous êtes communiste !" "Pratiquant, mais pas croyant !"

Je propose donc en l'honneur de cette victime du capitalisme triomphant de chanter l'Internationale en choeur et d'observer une minute de silence. Ou alors d'écouter mon podcast, parce qu'il est beau, il est doux, il sent bon le sable chaud et en plus il a une identité en crescendo, ce qui est gavé classe.

Rapapodcast #23 :

01 - Fitzroy - Je tombe (2008)
02 - Jay-Z - Heart of the city (Ain't no love) (2001)
03 - Ill - Ill street blues (2001)
04 - Circa Diem - Wake up (2008)
05 - Marley Marl feat Master Ace - Keep your eye on the prize (1988)
06 - Edan - Sing it, shitface (2002)
07 - Fred Yaddaden - 86 (2009)
08 - Afro Jazz - Le sacerdoce (1997)
09 - Nas - Halftime (1994)
10 - Maroons - Ambush (2004)
11 - La Rumeur - Le silence de ma rue (2002)
12 - Casey - Créature ratée (2009)
13 - La Canaille - Allons enfants (2009)

rapapodcast #23.mp3

durée : 51mn 03s


REP RDA (1949-1990)


(p)&(c) Achim Shark 2009

vendredi 6 novembre 2009

Rapapodcast #22

Les rapapodcasts sont des playlists (principalement rap) visant à faire découvrir des nouveaux artistes ainsi que des titres phares du Hip Hop. Elles sont présentées à titre gratuit dans un but promotionnel sur le site www.rapanization.com. Je mettrai sur mon blog les rapapodcasts que je réaliserai moi-même. Si vous disposez des droits d'un morceau ou êtes un représentant des ayant droit et que vous souhaitez la disparition d'un morceau, écrivez-moi à achim_shark[at]hotmail.fr.


Souvent en bonne société l'auditeur de rap passe la soirée à s'excuser de ses goûts en expliquant que "non, le rap ce n'est pas violent/vulgaire/violeur de bisounours/mysogine (biffer la mention inutile), il n'y a pas que ça, ça dépend de ce que tu écoutes." Et il enchaîne finement sur Oxmo Puccino, Rocé ou autres Abd Al Malik en passant sur silence les passages hardcores des deux rappeurs cités et que le troisième n'en est pas vraiment un. Et puis parfois il en a marre de s'excuser et brutalement, il s'assume. Parce que oui, le rap c'est pas que conscience sociale/introspection/fusion jazz/message mature et positif et que ce qu'on kiffe parfois c'est une juste une énorme giclée de testostérone musicale en plein dans les oreilles.

Alors voilà 45 minutes de rap nihiliste, brut, bête et méchant (mais pas que) :

Rapapodcast #22 :

01 - Le Pingouin - Albatar (2008)
02 - Sheitan - Bâtards de barabres (2005)
03 - Suprême NTM - Qu'est-ce qu'on attend (1995)
04 - Jay-z feat Notorious BIG - Brooklyn's finest (1996)
05 - Casey - Apprends à t'taire (2009)
06 - Puzzle - A poil sous mes sapes (2006)
07 - Group Therapy - Eastcoast/Westcoast killas (1998)
08 - Da Hypnotik feat Rockin' Squat - L'art de la guerre (2001)
09 - Lino - 100 rounds (Mohamed Ali) (2005)
10 - OutKast - Bust (2003)
11 - Afro Jazz - Phrasé (1997)
12 - Dead Prez - Turn off the radio (2003)

rapapodcast #22.mp3

durée : 43mn 47s


« Mais qu'est-ce que t'écoutes !? Tu devrais avoir honte! »
- Kim Kardashian démaquillée
aka la morale agréable
aka Oeil Percant


(p)&(c) Achim Shark 2009
photo trouvée chez The Yellow Kid


mercredi 4 novembre 2009

Même pas morts (Edito Rapa #80)

Comme chaque année l'été est étouffant en ce 11 août 1973 et le lourd soleil new-yorkais fait fondre le bitume du Bronx. Clive jette un oeil hors de ses draps et confirme son idée première : lézarder dans son lit toute la journée est la meilleure chose qu'il puisse faire aujourd'hui. Mais... Mais aujourd'hui c'est le 11 août et comme chaque année c'est l'anniversaire de sa soeur Cindy et comme chaque année ça n'arrive qu'une fois, ce qui est bien dommage. Allez, pour elle je peux bien faire un effort se dit-il en s'extirpant difficilement de son cocon pour se traîner jusqu'à la douche du petit appartement de ses parents au 1250 Sedgwick Avenue. Sous la douche, la lucidité revient peu à peu à mesure que l'eau coule sur sa peau. Il frotte frénétiquement là où des taches de peintures ont élu domicile depuis sa dernière virée graffiti avec son crew. Se faisant il réfléchit à ce qu'il voulait tester sur le sound-system de papa pour la fête de Cindy. Il va transformer le Bronx en un sound-system funky et tant pis s'il se prend une tannée par son père parce qu'il a encore touché les platines, il sent que ça va être l'anniversaire le plus cool qu'il puisse offrir à sa soeur et tous ceux qui viendront. Malgré le bruit de la douche il entend le bruit étouffé d'une arme à feu quelque part dans le quartier et il espère qu'aucun de ces gangsters craignos ne viendront gâcher la fête. Par contre si des danseurs viennent il pourra affiner sa technique du « Merry-go-round » et cette pensée le fait sourire. Saletés de taches de peintures, elles sont encore là !

Comme chaque année l'été est pluvieux en ce 10 juillet 2001 et la joyeuse pluie des Sables d'Olonne frappe avec insistance contre le toit. Antoine jette un oeil hors de ses draps et confirme son idée première : lézarder dans son lit toute la journée est la meilleure chose qu'il puisse faire aujourd'hui. Mais... Mais il n'y a pas de mais aujourd'hui, la pluie a de toutes façons éloigné définitivement toute jeune et jolie fille de toutes les plages du département, ce qui est bien dommage. Allez, je peux quand même mettre en ligne le site Hip Hop que j'ai commencé au printemps de toutes façons je n'ai rien de mieux à faire se dit-il en s'extirpant difficilement de son cocon pour se trainer jusqu'à son PC. La lumière brutale de l'écran lui déchire les yeux et achève de le réveiller. Encore des tas de spams dans ses messages qu'il entreprend de supprimer. Se faisant il réfléchit à ce qu'il voulait faire avec son site. Il le sait, les sites Hip Hop sont aussi obtus que le rap français, il va élargir le cadre et sortir son épingle du jeu en abattant ses cartes dès le premier édito et tant pis s'il se prend une tannée par sa mère parce qu'il a encore explosé la facture de téléphone. Il sent que ça va être le webzine le plus cool qu'il puisse présenter à Chris qui ne cesse de le saouler pour qu'il finalise son projet et à tous qui s'aventureront sur son site. Au détour d'un forum il voit un message smsisé à l'extrême et il espère qu'aucune de ces pseudo-racailles craignos ne viennent gâcher son monde. Par contre si des gens motivés viennent il pourra accroître le nombre de chroniques et cette pensée le fait sourire. Saletés de spams, il y en a encore des tas !

Deux anecdotes apparemment sans conséquences et sans intérêt et pourtant... Le 11 août 1973 en sortant de chez lui Clive endossa le costume de DJ Kool Herc et fit la première block party. Celle-ci en engendra d'autres, autour du DJ se regroupèrent les b-boys graffeurs et MCs balbutiants et le Hip Hop se construisit. Le 10 juillet 2001 devant son écran Antoine devint Jeckill et fonda Jeckill's World. Ce site attira des curieux, autour de Jeck se regroupèrent XQlusif, Mista Bega, THom4s, Lady Psycho et d'autres et Rapanization se construisit.

Je ne cherche pas à faire une hagiographie de Jeckill et Kool Herc, je crois que s'ils n'avaient pas fait ce qu'ils firent d'autres l'aurait fait d'une manière ou d'une autre. Néanmoins, si je suis là aujourd'hui à écrire tout ça c'est parce que le Hip Hop a croisé ma vie à la vitesse d'un météore et y a tout chamboulé et que Rapa m'est apparu au détour d'un clic et m'a fait découvrir plein de choses.

C'est amusant comme sont les choses. En 79 est sorti le premier disque de rap et l'année d'après la mort du Hip Hop était annoncée. Rapa semble très souvent plus mort que vivant. Et pourtant... Même pas morts ! Aujourd'hui en 2009 les deux sont bien vivants et en ce qui concerne le Hip Hop, peut-être plus que jamais. Le rap c'était mieux avant ? Plutôt ce qu'on écoute d'avant aujourd'hui, je crois que personne ne rêve d'un nouveau Benny B ! La nostalgie d'un « âge d'or » passé est commune à toutes les cultures, ce ne doit pas devenir un prétexte pour devenir un vieil aigri. Car oui, aujourd'hui il y a énormément de mauvais rap qui polluent le net et les ondes mais il y en a énormément de bon aussi, d'un accès plus facile que jamais. Ceux qui font avancer le Hip Hop sont ceux qui regardent en avant en se souvenant de leurs racines, non ceux qui tournent le dos à l'avenir pour se blottir dans un passé fantasmé et alambiqué. Le rap c'était mieux avant ? Non, ce sera mieux demain !

Alors parce que nous on est des fous c'est l'esprit qu'on essaie de maintenir à travers Rapa. Esprit initié par Jeck ce jour faste où il mit le futur Rapanization en ligne en faisant de l'ouverture d'esprit une des clefs de voûte du site avec la bonne mentalité en général. Les temps changent, Rapa aussi et même si par moment on est tous des vieux cons qui n'aiment rien on continue de faire avancer le site en tentant de garder l'originalité et la fraîcheur qui le caractérise. Evidemment on le fait à notre rythme qui n'est pas celui d'un stakhanoviste (loin s'en faut) à travers des rapapodcasts, des chros express ou non et surtout des discussions sans queues ni têtes (un peu comme cet édito, oui, oui je sais) sur le RapaBook. Si si la faucille, sur Rapa on est prêts pour l'avenir !




(p)&(c) Achim Shark 2009
image tirée des Haterz par Truk

lundi 2 novembre 2009

Rapapodcast #21

Les rapapodcasts sont des playlists (principalement rap) visant à faire découvrir des nouveaux artistes ainsi que des titres phares du Hip Hop. Elles sont présentées à titre gratuit dans un but promotionnel sur le site www.rapanization.com. Je mettrai sur mon blog les rapapodcasts que je réaliserai moi-même. Si vous disposez des droits d'un morceau ou êtes un représentant des ayant droit et que vous souhaitez la disparition d'un morceau, écrivez-moi à achim_shark[at]hotmail.fr.


It's a G-Funk thang !

Rapapodcast #21 :

01 - Aelpéacha - J'ai de la gangxta shit (2008)
02 - Snoop Doggy Dogg feat Nate Dogg, Warren G & Kurupt - Ain't no fun (if the homies can't have none) (1993)
03 - Eazy-e - Eazy-duz-it (1988)
04 - Ice Cube - You know how we do it (1993)
05 - 2Pac feat Rappin'4-Day - Only God can judge me (1995)
06 - Tout Simplement Noir - J'suis F remix (1996)
07 - Warren G feat Nate Dogg - Regulate (1994)
08 - Tha Dogg Pound - What would u do ? (1994)
09 - Aelpéacha feat J'L Tismé & Driver - Rider c'est pas facile (2ème difficulté) (2007)
10 - George Clinton feat Ice Cube - Bop gun (One nation) (1993)

rapapodcast #21.mp3

durée : 42mn 30s




(p)&(c) Achim Shark 2009
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

samedi 31 octobre 2009

Rapapodcast #20

Les rapapodcasts sont des playlists (principalement rap) visant à faire découvrir des nouveaux artistes ainsi que des titres phares du Hip Hop. Elles sont présentées à titre gratuit dans un but promotionnel sur le site www.rapanization.com. Je mettrai sur mon blog les rapapodcasts que je réaliserai moi-même. Si vous disposez des droits d'un morceau ou êtes un représentant des ayant droit et que vous souhaitez la disparition d'un morceau, écrivez-moi à achim_shark[at]hotmail.fr.


« Papa, c’est quoi le rap français ? » Telle pourrait être la question que me poseront mes très hypothétiques futurs enfants dans un futur tout aussi hypothétique. Néanmoins ma réponse risque d’être tout simplement « La musique du diable, éloignez-vous en malheureux ! ». Il se pourrait aussi que je développe un peu plus ma réponse en leur indiquant le rapapodcast #20 que fit en 2009 (si tant est que je ne les ai pas bazardés depuis longtemps, ce qui serait bien plus raisonnable). Ainsi ils découvriraient du rap français dans sa forme la plus académique : un gros beat new-yorkais, une boucle mélodieuse, une écriture appliquée à vocation plus ou moins sociale détentrice de la vérité universelle.

A mesure que j’écris cette définition je me rends bien compte qu’elle est affreusement périmée et que les gens sélectionnés sur le podcast sont largement au-dessus de la mêlée. Mais j’aime définir alors je le fais.

A part ça Vgtah, réalisateur du bon documentaire « Home studio, the musical revolution » a réalisé un documentaire de 50 minutes visible sur Dailymotion « IP, Internautes Power » à propos d’internet, son développement et son influence sur la société actuelle. C’est une réussite dans la réalisation mais le film est surtout très intéressant et pertinent dans son contenu. Le principal défaut que j’ai trouvé et que le côté sectaire du web évoqué au début ne soit pas plus développé. Il faut donc le voir ici, il en vaut largement la peine.

C'est aussi halloween et donc le jour idéal pour jouer à ce jeu en flash créé par Pantxxx ainsi que l'occasion de faire de la propagande pour son blog naissant qui sera sans doute très bien.

Rapapodcast #20 :

01 - Manu Key - Contact (2004)
02 - Klub des loosers - Le parapluie (2005)
03 - Duncan feat. Nikkfurie, Jeff Le Nerf&TH Lonaz Dobaz - Com'1 (2004)
04 - Médine - Enfant du destin (Kounta Kinte) (2008)
05 - Koma - Et si chacun (1999)
06 - La Rumeur - Le prédateur isolé (2002)
07 - Fabe - Comme un rat dans l'coin (1998)
08 - Oxmo Puccino - Mines de cristal (2001)
09 - Psy 4 de la Rime feat. Ana Torroja - Enfants de la lune (2005)
10 - Flynt - Ca fait du bien de le dire (2007)
11 - Fayçal - Grandeurs et décadences (2006)
12 - Al - Panorama (2008)

rapapodcast #20.mp3

durée : 51mn 20s




(p)&(c) Achim Shark 2009
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

jeudi 29 octobre 2009

Elle le sait

Elle danse, la poitrine toujours gonflée
Dominante, elle aime jouer son rôle
Mais pourtant elle le sait : elle va tomber

Par ses faux airs pieux elle nous a trompés
Nombreuses, les victimes de ses viols ;
Elle danse, la poitrine toujours gonflée

Elle dévore, tue, détruit sans compter
Semer le chaos ? Elle en raffole
Mais pourtant elle le sait : elle va tomber

Les quelques qui tentaient de l’affronter
Sont à ses pieds, noyés dans l’alcool ;
Elle danse, la poitrine toujours gonflée

Sans honte elle se pavane sous mon nez
Impudente, laide, fière et folle ;
Elle danse, la poitrine toujours gonflée
Mais pourtant elle le sait : elle va tomber.


Vilaine Vilanelle


(p)&(c) Achim Shark 2009
illustration tirée de Gordon le Mouton par Arnaud


120 saisons articles.

mercredi 28 octobre 2009

In(s)trus

Il y a quelques jours Samxao est passé sur le Rapabook demandant où l’on pouvait trouver gratuitement des faces b pour choper des instrus. Volant à sa rescousse, j’ai décidé de mettre toutes les instrus que j’ai (j’ai dû en oublier mais le principal est là) sur la toile. Pourquoi faire cela ?

a. Parce que je n’ai rien d’autre à faire.
b. Parce que je souffre d’insomnie.
c. Parce que je méprise le droit des beatmakers à vivre de leurs productions et préfère voler leur travail.
d. Parce que ça me distrait de la dépression qui lacère mon coeur dans ses amères serres.
e. Parce que j’aime rendre service.
f. Parce que ça me permet de m’afficher.
g. Parce que je suis prêt à tout pour ne pas faire ce que je dois.
h. Parce que je ne vais au bout que de mes idées les plus inutiles.
i. Parce que je suis un nolife pathétique.

Chacun trouvera la solution qui lui conviendra, moi j’en sais rien et je m’en fous un peu. Ainsi donc, si Samxao tu repasses par ici, il y a quelques instrus juste là :

Hip Hop instrumentals pack #01

Adil, maxi « La nuit tombe » (2006)
Produit par DJ Saxe.
Type de son : rap français classique, piano, violon, petites mélodies.
Intérêt : ***

Antihero the amazing band, album « Come in peace or loose your teeth » (2009) (6 titres)
Produit par DJ Troubl’.
Type de son : « Les délires crunkelectro de jeunes blancs pas ghetto » comme le dit si bien Phonky.
Intérêt : ****

Fat Cap, album « A l’arrache » (2007) (5 titres)
Produit par Bobby Buntlack et Trackavelic.
Type de son : rap français classiques avec des influences de la mouvance actuelle.
Intérêt : ***

Scred Connexion, EP « Indomptés » (2008)
Produit par L’Orfèvre, Twinz, Saïko et Nab H24.
Type de son : dirty suce à deux francs six sous (et encore) qui fait tellement fureur pour des raisons déraisonnables et étranges, pas de finesse, pas de musicalité et même pas de vrai beat. C’est la sortie qui m’a éloigné à jamais de la Scred, mais si je me rappelle bien ça passe mieux sans les voix.
Intérêt : *
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Hip Hop instrumentals pack #02

Blaq Poet, album « Tha blaqprint » (2009) (Album entier)
Produit par DJ Premier, Easy Mo Bee et Gemcrates.
Type de son : boom bap new-yorkais amélioré aux influences très variées aka Primo shit.
Intérêt : *****
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Hip Hop instrumentals pack #03

La Caution, album « Asphalte hurlante (ultime édition) » (2002) (Album entier)
Produit par Nikkfurie.
Type de son : La Caution !
Intérêt : *****

Château Flight/La Caution, EP « Crash test » (2002)
Produit par Château Flight et Nikkfurie.
Type de son : Electro Hip Hop.
Intérêt : ****

plus…
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Hip Hop instrumentals pack #04

Dam’s, album « Beat Cd vol 1 » (2007) (Album entier)
Produit par Dam’s (Get Large)
Type de son : Dip Set
Intérêt : ***

Dee Nasty, album « Dee Nasty » (1991) (4 titres)
Produit par Dee Nasty.
Type de son: Old school ? ouais, ouais quand meme.
Intérêt : ***

Dee Nasty, album « System Dee » (2009) (3 titres)
Produit par Dee Nasty.
Type de son : Electro-funk chéper.
Intérêt : ****
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Hip Hop instrumentals pack #05

J-Live, album « The best part » (2001)
Produit par DJ Premier, Pete Rock, Prince Paul, 88 Keys
Type de son : la crème new-yorkaise.
Intérêt : ****
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Hip Hop instrumentals pack #06

Kalash, street album « A l’aurore du come-back » (2007) (Album entier et quelques titres du précédent)
Produit par Jack Mes, Nikkfurie, Drixxxé, Esima, Le Tone, Tekel, Low ent et Lenny.
Type de son : Rock/Sample.
Intérêt : ***
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Hip Hop instrumentals pack #07

Pejmaxx&Soulchildren, album « Porte-parole » (2008) (Album entier)
Produit par The Soulchildren.
Type de son : Bon.
Intérêt : ****
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Hip Hop instrumentals pack #08

Para One, Iris, Sept, Flynt et Lyricson, maxi (2003)
Produit par Para One.
Type de son : Mélodique au sens noble du terme (s'il y en a un).
Intérêt : ****

TTC, album « Bâtards sensibles » (2004) (Album entier)
Produit par Para One, Tacteel et Tido Berman.
Type de son : électro crunk efficace.
Intérêt : *****

plus…
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Hip Hop instrumentals pack #09

The Wascals, album « Greatest hits » (1993-2007) (Album entier)
Produit par J-Swift.
Type de son : L’ouest embrasse l’est.
Intérêt : ****
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Hip Hop instrumentals pack #10

Turn Speak, « HipHopCorn’Strumental » (2004)
Produit par Turn Speak, a priori.
Type de son : Je ne me rappelle plus vraiment, mais c’est chouette quand même.
Intérêt : *** (au moins)
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Hip Hop instrumentals pack #11

Du vrac.
Produit par Doctor L, Sulee B Wax, Venom, Junkazlou, Madizm&Sec.UNDO, Trackmasterz
Type de son : Un peu de tout, un peu de rien.
Intérêt : **


Voilà donc la bête.


Ultraviolin&beatstealing...work in progress



(p)&(c) Achim Shark 2009