jeudi 25 décembre 2008

Biscuit des rois

Levure et farine sous ses doigts s'entremêlent,
Chaque sourire est un pudding de saveurs.
Religieuse nappée du suc de mon coeur,
J’ai fondu devant des yeux couleur caramel.

Le poète ne peut l’atteindre quoi qu’il veuille :
Pour ses sablés je rime sur mille-feuille ;
Pour chacun, ses mouvements sucrent l’infini.
La pâte crépite et ses mains lui donne vie

Ses effluves m’attirent à son comptoir
Acheter un pain, ce que je voulais faire
Mais je fus rassasié par un seul regard

Hypnotisé, je chantai seul à sa gloire :
« Je ne suis pas roi, mais soit ma boulangère. »,
Tandis qu’impatients, les clients maugréèrent.





(p)&(c) Achim Shark 2008
dessin tiré de "Astérix et Cléopâtre" par Goscinny&Uderzo

La passion

J'ai rencontré la Passion au bord du chemin
Je lui ai dit "Viens !"
Elle m'a répondu "Non !
Ton ventre est bien trop rond !"

Je suis parti seul avec ma surcharge pondérale
Tandis qu'elle perdait sa vertu
Avec le premier venu
La graisse a amorti mais je crois que ça m'a fait mal...

Au bord d'un autre chemin
Il y a quelque temps la Passion j'ai retrouvé
Mon invitation désormais elle acceptait

Contre quelques pièces car depuis peu elle fait le tapin
Je lui ai dit : "Mais tu crois quoi ?
Dégage sale fille de joie !"





(p)&(c) Achim Shark 2006
dessin tiré de Kouin le Canard par Puyo

Le chant de la lame

Avide, la lame s’élance,
Tranchant gorge et fil
De vie en conséquence,
Jamais ne reste tranquille.

Elle désire de sang s’abreuver,
Elle désire s’en éclabousser,
Elle désire entendre des cris s’élever,
Elle désire que son éclat fasse frissonner.

Peu importe qui en est frappé,
Elle va au plus profond des cœurs,
Les pleurs elle fait cesser,
Après son passage plus de douleur,

Juste des cadavres fumants
Dont le sang s’écoulant
Parfume l’air
D’une senteur particulière

Qui flatte les narines
De celui qui tient la lame.
Bientôt d’une voix adamantine,
Sa prochaine rencontre entonnera le chant de la lame.





(p)&(c) Achim Shark 2004
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

L'Amour est mort

Voilà dix-huit ans
Que je survis dans ce monde sanglant
Mais sont mortes mes illusions.

Triste est Cupidon :
Mauvaises nouvelles arrivent du front :
L’Amour est mort,

Les familles sont désunies
Quant à l’amitié,
La voilà foulée aux pieds
Et le démon sourit

Car Babylone a vaincu,
En ses mensonges tous ont cru,
Et ne survit plus que la haine et l’hypocrisie
Au milieu des mensonges et des tueries.





(p)&(c) Achim Shark 2004
dessin tiré de Lapin par Phiip

J'ai trop pleuré

J’ai trop pleuré pour des choses qui n’en valaient pas la peine
Désormais les larmes ont du mal à venir
Et quand elles viennent
Elles n’effacent rien, même pas le souvenir

De ton doux sourire
Je voudrai te fuir, courir
Loin de toi où mon cœur m’emmène
Mais mes chevilles ont des chaînes,

Je trébuche puis me traîne
A tes pieds et tes yeux m’enchaînent
Tandis que mon cœur hurle de peine.

A ta vue je ne cesse de frémir,
M’efforçant de sourire
Cachant ces larmes qui ne me font que souffrir.





(p)&(c) Achim Shark 2004
dessin tiré de Kouin le Canard par Puyo

Entre ses bras

Rien ne vaut l’instant où elle me serre dans ses bras
D’infinis sentiments soudain me traversent le cœur
La joie, la paix, le bonheur et encore bien plus que ça
Je découvre entre les bras de celle qui m’est plus qu’une sœur

Je souhaiterais que cette instant ne cesse jamais,
Que je puisse pour l’éternité
Rester entre ses bras à respirer
Le doux parfum de l’amitié.





(p)&(c) Achim Shark 2004

Rêves

I



Lorsque je suis dans les bras de Morphée
Parfois je me surprends à rêver
D’amour et de paix,
De joie et d’unité,

De personnes aux visages épanouis
Vivants dans le respect d’autrui
De peuples ayant oubliés le chant des armes,
Ne s’occupant que de la nature et ses charmes.

Je rêve d’un monde de confiance
Où seul subsiste l’amitié,
D’un monde où vivre est une chance

Mais bientôt l’harmonie est brisée
Par le réveil et son goût amer
Dans ce monde qui ressemble fort à l’Enfer


II



Lorsque je suis dans les bras de Morphée
Parfois je me surprends à rêver
De haine et de guerre,
De peine et d’un souverain nommé Lucifer,

De gens ne pensant qu’à leur argent,
De mères donnant à leurs enfants
Du rat au repas tandis que d’autres
A quelques mètres dans des orgies se vautrent.

Je rêve d’un monde gouverné par l’égoïsme
Où la violence domine,
Où tous les hommes sont des connards,

Je souhaite alors fuir ce cauchemar
Mais j’ai beau attendre le réveil ne vient pas
Car notre monde ce n’est que ça.




















(p)&(c) Achim Shark 2004
dessins tirés de "Elftor" par Alex

Enterrement

De voir ton cercueil dans ce cimetière,
De voir ton corps s’enfoncer dans la terre,
De savoir ton cadavre déposé dans la bière,
De te savoir dévorée par les vers,

De ne plus voir celle qui m’est plus chère
Que ne le serait une sœur,
De tenir dans ma main cette unique fleur
M’ôte toute envie d’être fier.

Maintenant que tu es là-haut
S’il te plait ne me regarde pas trop,
Je ne pourrais que te décevoir
Quand tu verras le fond de mon âme noire.

On m’a dit que les meilleurs partent les premiers
Et devant ta tombe je me dis que c’est vrai
Mon amie, jamais je ne t’oublierai
Et à jamais je te regretterai.





(p)&(c) Achim Shark 2004
dessin tiré des Céréales du dimanche matin
par Zack Weiner

Dernière volonté

Un jour la mort vient chercher chacun,
Peu importe que tu trouves ça malsain.
Moi-même je devrai partir,
Et je me demande à quoi je pourrais servir.

J’aimerais faire de ma vie
Quelque chose de bien,
Stopper de l’argent l’hégémonie
Et que comme sentiment il n’y ait plus rien
Que l’amour et l’amitié.
Que la charité remplace la pitié
Et que le mépris cède place au respect.

J’aimerais laisser de bons souvenirs,
Ou au moins peu de mauvais,
Mes amis jamais faire souffrir
Et jamais trahir leur amitié.

J’aimerais que ma fin
Soit aussi celle de la faim
Et celle des guerres.
Et quand de mon poids j’allègerais la Terre,
J’espère aussi alléger sa peine,
Qu’entre les hommes il n’y ait plus de haine.

J’aimerais ne pas attrister le cœur
De celle qui m’aime, ma mère.
Mourir pour ressusciter ma sœur
Faire plaisir tant qu’à faire.

Mais si je n’avais qu’une seule dernière volonté,
J’aimerais d’essence me faire arroser
Et mourir en brûlant Babylone,
N’épargnant rien n’y personne.
Que ses cendres soit répandues aux quatre vents
Et que tout en chantant
Mes frères y construisent Sion.

Finalement je vais mourir pour rien, quel con !





(p)&(c) Achim Shark 2004
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

Une vallée au loin

Loin de la folie de Babylone, s’élèvent des montagnes où l’homme n’ose pénétrer. Au centre de ces montagnes sauvages se trouve une vallée merveilleuse, un des seuls endroits où la Nature ai encore ses droits. Là, un lac aux eaux limpides abrite toutes espèces de poissons, de la truite aux milles feux au discret brochet. Cette eau pure abreuve les racines du plus rieur des saules pleureurs. Un lapin bondissant a construit non loin, dans un creux de verdure, un terrier au vu de l’appétissante herbe environnante. Un renard roux le guette, caché derrière un jeune prunus vigoureux. Un pivert frappant sur cet arbre rythme cette matinée égayée par les gazouillements de toutes sortes d’oiseaux fêtant le retour du soleil sur cette terre favorisée par Mère Nature. Un majestueux aigle royal, souverain sans conteste de ce petit coin de paradis où chacun peut se nourrir à sa faim, observe son vaste territoire du haut de son perchoir, un promontoire rocheux situé sur la montagne toute proche. Il est à l’affût, tout comme l’ours brun qui guette, à quelques mètres de là, une ruche d’abeilles affairées qui s’est installée dans un ancien trou d’écureuil. Une abeille ouvrière décide alors d’aller prospecter le pollen des fleurs situées au pied de l’arbre. Elle descend et percute soudain, à quelques centimètres du sol, un étrange objet de métal. Il s’agit du casque d’un soldat d’une armée de Babylone ayant combattu dans cette vallée quelques dizaines d’années auparavant. Les différents combattants avaient tous péris dans la bataille et leur chair en décomposition avait constitué l’engrais qui permit à cette vallée de prospérer et ainsi devenir aussi édénique.





(p) & (c) 2003 Achim Shark
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

samedi 22 novembre 2008

Il n'est jamais trop tard pour en remettre une couche...

Comme vous le savez tous, "Le cri du papillon" de James Delleck est plus qu'un bijou, une référence ultime en matière musicale et artistique.

Mais pourquoi cet album si divers dans ses thèmes, ses ambiances, ses musiques peut-il former un tout si homogène ?

Voilà la question que se pose l'humanité depuis la nuit des temps. Ou plutôt la sortie de l'album. Il faut voir. Toujours est-il qu'après des centaines d'écoutes extasiées la lumière se diffusa en mon esprit et je compris la Vérité vraie. L'unité de ce cri papillonaire trouve son essence dans la "Sonate pour une gouttelette".

En effet ce titre, magnifique dès le premier abord a dans son être toutes les couleurs de James Delleck comme une goutte a toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.

"Mais qu'est-ce que tu racontes encore toi ?" hurlent les incrédules, malheureux et incomplets sans le savoir. Mais je prouverai mes dires tout de suite.

Le battement d’aile du papillon s’extirpant de sa chrysalide provoque un cyclone dans le Pacifique et une gouttelette tombant d’un robinet porte le germe du cri du papillon dans son éclatement. Utilisant la même méthode que Victor Hugo dans certaines parties des « Misérables », James Delleck fait de la « Sonate pour une gouttelette » un kaléidoscope de l’album entier. Les idées et les thèmes développés dans les autres titres sont ici sous-jacents créant le mortier liant les morceaux entre eux et faisant du « Cri du Papillon » un tout homogène.

« Gérard de Roubaix » en est l’exemple le plus évident : les premiers vers du troisième couplet, « Même une goutte sur une vitre peut briller sous la lumière/Mais une fois atteint la flaque, elle n’est qu’H2O malgré ses prières » trouvent un écho immédiat « Trop vite la vasque approche dangereusement/Pourtant j’ai prié espérant arrêter le temps ». De même, le thème de la chute de la goutte est en lien immédiat avec la conclusion de « 15 ans », cela est renforcé par les vers « Plus je grandis, plus j’ai le vertige de la vie/Plus je grossis et plus le vide m’attire vers lui ». Le thème de l’exclusion et de la marginalité qui sous-tend le magnifique « Personne » se retrouve dans la simple phrase « Personne ne prend conscience de mon réel ». Dans cette optique il apparaîtra évident que le vers « Eole, fais-moi danser ou fais-moi le croire » n’est qu’un résumé du « Titty Twister » ou que la mélancolie de ces quelques mots « J’ai grandi lentement sur le bord d’une bouche de métal/Pendant que d’autres ont la chance d’être la rosée sur un pétale » est en rapport direct avec la tristesse du « Réverbère » souhaitant « tourner la tête pour contempler les astres ». De même la métaphore autour de la lumière qui traverse toute cette dernière perle se retrouve dans la gouttelette à travers qui « la lumière se sublimait ». Le thème même de mettre en exergue une simple gouttelette est liée au concept de « Chaman », ce dernier étant sensé être un intermédiaire entre la Nature et les hommes. En laissant derrière elle « tous mes souvenirs d’enfance » la goutte annonce « J’ai appris », puis elle est « caressée par le vent », le seul qui la remarque, comme « l’Etranger » qui est « entendu seulement par les vents de la nécropole ».

Ici encore James Delleck prouve son extrême talent, loin des codes et des habitudes, se plaçant en artiste atypique de la scène Hip Hop passée, actuelle et future avec un album qui prends de la valeur à chaque écoute.



« Plus besoin de tout ça, j’ai l’album de James Delleck maintenant ! »



(p) & (c) Achim Shark 2008

vendredi 31 octobre 2008

je suis un elfe





(p) &(c) Achim Shark 2008
fanart Lapin et Elftor
Elftor par Alex
Lapin par Phiip

mardi 28 octobre 2008

De la vacuité du langage

Voilà bientôt 22 années que j’observe votre civilisation et parmi toutes les lacunes que j’y trouve, la pire est bien celle de votre moyen de communication imprécis au possible. O humains, quand comprendrez-vous la vacuité de vos paroles ?

Mais peut-être faut-il que je m’explique légèrement. Je suis issu d’une planète dont vous ignorez jusqu’ à l’existence très éloignée de la vôtre située dans un système solaire de la galaxie que vous nommez ESO 325-G004. Notre langage des plus évolués est composé de rythmes binaires réguliers soutenus par des boucles musicales enchaînées, sonorités que vos artistes Hip Hop utilisent comme break beats et autres morceaux instrumentaux grâce à cette invention des plus géniales (d’ailleurs je trouve des plus étranges que vous ayez pu la découvrir) qu’est le sampler, certainement l’invention ultime de votre espèce, malheureusement laissée dans l’ombre. Par hasard une de nos sondes spatiales s’écrasa sur votre planète dans l’année 1979 selon votre système de mesure des années, année 5119 selon notre système. Grâce à cet incident nous apprîmes votre existence que nous n’avions pas notée jusqu’alors bien que cette information ne nous semblât pas très intéressante. Mais à notre étonnement notre sonde reçu des émissions ressemblant à notre langage quoique incompréhensibles. J’appris plus tard qu’il ne s’agissait que du morceau « Rapper’s Delight » du Sugarhill Gang que notre sonde pris pour du langage de chez nous.

Notre surprise fut grande. Ce peuple peut-il vraiment utiliser le système de communication ultime ? Cela semblait incroyable à la vue de l’état de chaos de votre civilisation bien peu évoluée. La communauté scientifique en émoi proposa une étude approfondie de votre monde. La préparation de l’expédition dura cinq de nos années et finalement en 1986 de votre ère je fus envoyé sur Terre sous l’apparence d’un nouveau-né humain afin de vous étudier. A l’époque les Beastie Boys étaient licenced to ill, ainsi je compris vite que votre mode de communication était loin du nôtre, seule votre musique « rap » s’en approchait.

Je fus trouvé dans un vide-ordure par une famille des mieux intentionnées et me mêlai à votre peuple sous le nom de Marc O., jeune homme ordinaire naviguant au milieu de jeunes tout aussi ordinaires.

Au cours de mes années d’études de votre espèce et votre mode de communication un détail m’a toujours semblé le plus symptomatique de la vacuité de votre langage est la question rituelle « Ca va ? ». Quelle question stupide et hypocrite ! Qui attend une réelle réponse à cela ? On attend un oui et si un malheureux a l’idée saugrenue de répondre par non la conversation sera irrémédiablement brisée. De même, de l’autre côté de la question, désire-t-on vraiment être sincère ? Bien évidemment non ! Car on sait que l’interlocuteur s’en moque éperdument.

Je me sens vide et qui cela intéresse ? Personne. Et tout le monde a bien raison.



« Si j’étais un super-héros je serai Inutile Man »



(p) & (c) Achim Shark 2008

samedi 25 octobre 2008

J'ai deux amours

Muse, ta présence embaume.
Artiste sans talent et mauvais,
Grâce à toi en mon for fuit l'homme.
A présent seul est resté
Le poète oublié, plume dans la paume,
Inspiré, porté par tes rythmes endiablés.





(p)&(c) Achim Shark 2008

samedi 4 octobre 2008

Comme un squatteur




(p)&(c) Achim Shark 2008

Hardcore Bambi

"A vrai dire je me dois d'intervenir
Menacé est le bois
Les chasseurs ont fait du cerf leur nouvel élixir
En en fixant les limites un peu vite
Hardcore est ma vie, hardcore est le beat beat down !
Pour un nouvel acte
Je suis down avec ce nouveau massacre !"
-Kool Bambi Shen




(p)&(c) Achim Shark 2008

Elder Minus & elder Cortex

Elder Minus : Dis elder Cortex, tu veux faire quoi cette nuit?
Elder Cortex : La même chose que chaque nuit, elder Minus: tenter de convertir le monde!

C'est Minus et Cortex
C'est Cortex et Minus
C'est Cortex le génie
Et Minus l'abruti !




écrit et réalisé par elder Heckmann et elder Olaso

avec :
elder Heckmann dans le rôle d'elder Minus
elder Olaso dans le rôle d'elder Cortex


(p)&(c) H&O 2007

IAM - Crécelle

Attendu par des millions de fans depuis 1991 le clip de "Crécelle" est enfin disponible grâce au talent inexprimablement inexistant du seul et unique (heureusement) Achim Shark avec l'aide de paint.




(p)&(c) Achim Shark 2008
http://www.iam.tm.fr

Les routes électriques

Les aventures d'elder Heckmann et elder Olaso accompagnés par leur fidèle Brigham sur les routes squatteuses de Koutio la belle.



avec : Brigham
Elder Olaso
Elder Heckmann
et une femme qui passait par là

réalisé par Achim Shark
filmé par elder Heckmann
conduit par elder Olaso
musique par Nikkfurie

crédits :
"Toujours électriques (instrumental)"
interprété par Nikkfurie de la Caution
(p) &(c) 2002 Kerozen music

"Un film fort et émouvant, laissant la part belle à l'action et à l'improvisation. Une réussite !" Le Monde (mardi 15 avril 2008)


(p) & (c) H&O 2008

Psaume

Bénis sois le Seigneur le seul vrai Dieu
Son bras puissant apporte le salut
Son amour n’a rien d’éphémère
Car près de nous il se tient toujours
A mes côtés je le sens chaque jour
Il m’aimait avant de former la Terre
Vers nous sa main toujours est étendue
Chantons des louanges au Roi des Cieux





(p) & (c) Achim Shark 2007

samedi 6 septembre 2008

Faf Larage - Rap stories

Il y a des choses étranges tout de même. Faf Larage est un excellent MC marseillais mais chaque fois que les néons du succès se sont posés sur lui, que ce soit avec Gomez&Dubois ou One Shot, ce n'était certes pas le haut de sa discographie. Des bijoux comme son premier solo "C'est ma cause" ou "Le retour de l'âme soul" à l'époque du Soul Swing n'ont jamais réussi à sortir de l'obscurité du succès d'estime.

Alors sachant cela lorsqu'on voit le clip de "Ta meuf" passer en boucle et le sticker "L'album rap de l'année" (c'est-à-dire une des plus grosses ventes de l'année dans le jargon des maisons de disques) sur "Rap stories" on commence à craindre le retour du diseur de rimes dopées. Heureusement, dès les premières mesures de "La soul dans le sang" on est rassuré, le Hip hop est toujours sa cause. Le morceau est classique dans le fond et la forme, mais ça n'est pas un défaut ! Ca fonctionne parfaitement, la tête commence à balancer de haut en bas, on ferme les yeux attendant avec confiance la suite.

Hélas ! "Millionnaire" crée une falaise au bas de laquelle nos espoirs s'écrasent tristement. Le refrain : "On veut tous être millionnaires" résume les 4 minutes 10. Un thème rabâché 100 fois présenté sans la moindre originalité ni une quelconque profondeur. Pour le coup il semble que l'inspiration de Faf soit aussi vivante qu'un encéphalogramme plat bien que réveillée par électrochoc elle revienne sur certains titres, elle redescend dangereusement souvent voire s'éfondre complètement parfois.

Parcourant le livret j'ai lu "8/ C'est de l'or feat. Taïro". Voilà quelque chose d'alléchant ! Vite, vite, la plage 10 ! Mais... C'est le bon cd ? Mais que ce passe-t-il ? Où est passé le talent de Faf Larage et Taïro ? Visiblement il est parti loin, peut-être dans les DOM-TOM laissant Faf et Taïro en métropôle vu que "c'est pour mes DOM-TOM" dixit Faf. Je crois que l'oncle DOM-TOM méritait mieux que cet échec musical complet. Malheureusement cet immondice (bien qu'étant la pire) n'est pas la seule qui méritait de finir dans la poubelle du studio plutôt que sur l'album. "Le brancheur", pitoyable projection dans la peau d'un tout aussi pitoyable dragueur de discothèque, le genre d'abruti qui risque de finir de se retrouver les testicules tranchées net s'il a le malheur de s'approcher de notre soeur, rentre dans cette triste catégorie.

A part ces deux déchets, quelques morceaux sont assez mauvais mais (heureusement) pas assez pour être remarqués à ce point. On citera "Millionnaire", "Une faveur" ou encore "Ta meuf (la caille)" qui se révèle amusant à la première écoute mais qui commence à lasser dès la deuxième. Le reste de l'album reste agréable à l'écoute bien que "Demande pardon" et les deux "rap story" ne cassent pas des briques non plus.

Comme toujours avec Faf, celui-ci se transforme en conteur sur de nombreux titres. "Prise d'otages" est le plus abouti, décrivant les déboires d'un homme à bout prenant en otage une entreprise où il a été refusé pour délit de faciès. Dans un registre plus comique "Qui on est ?! (le marketing du diable)" se démarque lui aussi, mettant en scène des démons débutants en formation dont l'objectif est de répandre la chaos en France. C'est bien écrit et l'image de l'enfer comme une entreprise dégageant son bénéfice du chaos est assez amusante à mon goût. L'idée des "Rap stories", où l'on entend une personnification du rap français racontant l'histoire de son père le rap US ("Rap story part 1") puis la sienne (part 2) est assez bonne mais le résultat n'est pas très convaincant d'autant que l'image du rap US qui est donnée est des plus cliché, car non, le rap américain, ce n'est pas juste des histoire de gangs, de guns, de filles et de mecs qui se la jouent pimp. Résumer le rap américain au gangsta rap est à mon avis aussi réducteur que de résumer le rap français au rap racailleux.

Choisi pour le générique de la série "Prison break", Faf nous sert les deux titres en question "Pas le temps" et "C'est pas ma faute" aux sonorités rock. Je n'ai jamais vu cette série et je n'ai aucune idée si ces morceaux sont représentatifs de sa qualité mais si c'est le cas il faut courir la regarder car ces deux titres sont vraiment très bon ! L'ambiance rock des guitares saturées passe à merveille et la plume de Faf est afûtée comme jamais. "C'est pas ma faute", projection dans la pensée d'un révolver (un peu à la manière de "I give you power" de Nas) se détache particulièrement.

Tel un bâteau en pleine tempête, nous voilà balottés de haut en bas tout le long de cet LP qui laisse une nostalgie de la croisière magnifique qu'était "C'est ma cause", bien que "Rap stories" se révèle tout de même sympathique à défaut d'être inoubliable. Malgré tout, lorsque le lecteur s'arrête un sourire béat orne mon visage car LA perle de l'album se cache à la plage 14 "On and on" ambiancé par Cut Killer. Véritable hymne au Hip Hop sur une instru funk endiablée, le genre de titre qui fait briller les yeux des amoureux du Hip Hop dans une ambiance très old school sans être vieux jeu.


Note : 11/20

Tracklisting :

01/ La soul dans le sang
02/ Millionnaire
03/ Pas le temps
04/ Ta meuf (la caille)
05/ Rap story (part I)
06/ Demande pardon
07/ C'est pas ma faute
08/ C'est de l'or (feat. Taïro)
09/ Prise d'otages
10/ Une faveur (feat. Piero Battery)
11/Rap story (part II)
12/ Le brancheur
13/ Qui on est ?! (le marketing du diable)
14/ On and on (feat. Cut Killer)





(p) & (c) Achim Shark 2008
artwork par AKA

dimanche 24 août 2008

Assassin - Académie mythique

J'étais tout déprimé. Je me sentais un peu l'âme d'un Fuzati ce jour où je déambulais dans les rues de Nouméa, la cité néocalédonienne. Cela faisait presque un an que je vivais sur cette île, et bien que je me sois souvent régalé la vue par les magnifiques paysages trouvés de-ci, de-là, mes oreilles criaient famine. Parce que l'engin, la Calédonie, est un pays fin miséreux rapologiquement parlant (encore pire que St Jean da Looze, et pourtant...)

Aussi, lorsque mes fibres optiques eurent aperçus le triangle rouge caractéristique de la plus assassine des productions, mon organe vasculaire cessa de battre, je fis un effort musculaire pour ne pas humecter les organes visuels de mon être humanoïde. Voilà que je parle comme James Delleck maintenant, mais bon.

Je m'élançai, pris l'objet béni dans mes mains, vis vite fait qu'il s'agissait d'un best of, le petit sticker "+ DVD 16 clips" attira mon regard, mon état de manque m'interdit de résister à mon instinct. Impulsivement, j'achetai. Très cher. Trop cher. Mais bon, la vie est chère mais je préfère perdre tout mon argent et écouter de la bonne musique que montrer mon sens de l'auto-pendaison parce que celle-ci me manque.

Après ce très intéressant moment de ma vie, passons à la description de la chose elle-même.

Je parlerais brièvement du DVD d'abord. N'ayant pas de lecteur DVD actuellement, je ne l'ai point vu. Juste 2 petits détails quelques peu désapointants : 1) le "+ DVD 16 clips" est mensonger, il n'y en a que 14.

(Note de Lady Psycho : En fait Achim si tu avais eu un lecteur DVD tu aurais constaté que les 16 clips y sont puisqu'il y a 2 bonus héhé. C'est subtil, je sais, et ça a faillit créer un incident diplomatique. On ne traite pas les gens de menteurs inopinément, tu as de la chance que j'ai été là pour te sauver la vie ;)

2) la moitié ne sont que des morceaux live et si on a le DVD Assassin Live (ce qui est mon cas même si c'est à 22000 km actuellement) on les a déjà tous (les morceaux live s'entend).

Pour ce qui est du CD lui-même, petite déception de ne pas avoir droit à 1 ou 2 inédits mais vu que le groupe n'existe plus (certaines mauvaises langues diraient depuis 1997 lors du départ de Doctor L) ce n'est pas vraiment surprenant.

On est heureux de voir la présence de la Formule secrète et la totalité du maxi légendaire Note mon nom sur ta liste. Du gros son hardcore à l'ancienne, exactement ce que j'aime. Il est intéressant de noter l'évolution d'Assassin qui, bien que toujours engagé et relativement hardcore (dans la forme et dans le fond) a vraiment beaucoup changé dans sa forme avec l'ultra hardcore / ultra rapide du début (le futur...), l'apogée de Doctor L derrière les platines faisant d'Homicide Volontaire le sommet musical de l'académie mythique avec une parfaite adéquation entre le son/le flow/les mots et le départ vers la carrière solo de Rockkin' Squat avec l'époque de Touche d'espoir aux sons plus "normaux".

Pour qui a déjà tous les albums du crew mythique c'est un peu un CD inutile (après c'est un best of, on ne peut pas trop en demander), sinon pour d'autres ça peut être un bon moyen de découvrir la feue Académie mythique Assassin et voir son évolution. Un cadeau de noël sympa pour montrer que le rap n'est pas que bête, ridicule et immuable comme 113 et consorts mais peut être réfléchi, engagé et en constante évolution comme le fut ce grand groupe.

Paix à son âme, une page du Hip Hop est tournée mais l'odyssée suit son cours...


Note : 10/20


Tracklist CD :

01 - La Formule secrète
02 - Note mon nom sur ta liste
03 - Esclave de votre société
04 - Je glisse
05 - Kique ta merde
06 - Le futur que nous réserve-t-il ?
07 - L'écologie : sauvons la planète
08 - Shoota Babylone
09 - L'Odyssée suit son cours
10 - L'état assassine
11 - Ecrire contre l'oubli
12 - Undaground connexion (radio edit)
13 - Sérieux dans nos affaires
14 - Touche d'Espoir
15 - Esclave 2000
16 - Au fond de mon coeur

Tracklist DVD :

01 - L'écologie : sauvons la planète
02 - L'odyssée suit son cours
03 - Shoota Babylone (remix)
04 - Undaground connexion
05 - Touche d'espoir
06 - Sérieux dans nos affaires
07 - Classik live
08 - L'état assassine / l'état policier live
09 - Kique ta merde / Note ton nom sur ma liste / la Formule secrète live
10 - Esclave 2000 live
11 - $$$ live
12 - Touche d'espoir live
13 - Au fond de mon coeur live
14 - Libre
15 - Bonus : Intro du live
16 - Bonus : Esclave de votre société





(p)&(c) Achim Shark 2006
artwork par Deck Two

lundi 18 août 2008

Les exercices

Les exercices matinaux d'elder Heckmann et les non-exercices matinaux d'elder Olaso...





(p)&(c) Achim Shark 2008
musique "Etat de grâce" par Dee Nasty

Maître la tempête lance [Les pensées secrètes d'un allemand psychotique]

Comme chacun le sait après une lecture rapide de ma présentation j'aime faire ce que je ne sais pas faire, notamment chanter.

Et c'était ce qu'il y avait de merveilleux pendant ma mission, je chantais tout le temps ! Mal, certes, mais je chantais tout de même et ça me rendait l'âme joyeuse. Evidemment, cela n'a pas été sans créer quelques situations traumatisantes comme la fois où après avoir chanté chez une amie de l'Eglise celle-ci me regarda et me dit : "Tu as une belle voix. Seulement tu ne sais pas du tout l'utiliser..." Pour être parfaitement honnête, sur le coup cette expérience me procura une immense fierté, c'est seulement plus tard que le traumatisme vint. Mais d'autres fois les expériences me marquèrent tout de suite. Je pense ici à ma visite chez Léonie Didier avec elder Paulet où ce dernier éclata de rire lorsque je me mis à chanter parce qu'il "ne s'attendait pas à ça".

Tout de même, cela restait dans le domaine du supportable. Jusqu'à ce que je reçusse un nouveau collègue, elder Heckmann l'Allemand. Allemand, je vois pas de meilleure description de ce jeune homme organisé, droit, sérieux, sportif, grand et blond. Sans compter ses yeux. Enfin bon, toujours est-il qu'il fut mon collègue durant 7 mois. Il me raconta alors qu'il supposait que je chantait très bien parce que chaque fois que j'avais chanté avec lui auparavant c'était en groupe, je chantais sur un ton un peu différent et il imaginait que je faisait des styles tellement je maîtrisais le chant.

Le malheureux ! La désillusion fut grande. Et elle le fit rire au milieu de nos leçons chez soeur Tauaroa ou Steeven Moueaou, elle chassa l'esprit de nombre de réunions de districts et d'études en équipe. Après un peu de temps il arriva à se retenir mais dès lors je possédais un énorme pouvoir sur lui. En posant mes yeux sur lui durant nos chants je le maîtrisai de manière à le faire rire selon ma volonté. Il souffrit beaucoup de cette situation et essaya à de nombreuses reprises de me maîtriser de la même manière mais il n'y parvint jamais. Jamais. JE suis le maître absolu de son rire.

Tout de même cela pouvait être un gros handicap à notre travail comme ce soir-là chez frère Temorere. Après une leçon édifiante nous commençons à chanter "Maître la tempête lance", magnifique cantique s'il en est. Tout ce passait bien lorsqu'une idée saugrenue entra dans l'esprit de l'Allemand. Il eut ce qu'on pourrait appeler une vision, une vision de moi, un chapeau de marin sur la tête faisant barboter une bateau en papier dans un lavabo. Et évidemment il en rit et pas qu'un peu.

Les allemands sont fous.





(p)&(c) Achim Shark 2008
filmé par elder Heckmann

Interrogatoire musclé...

Interrogatoire musclé... Une success story comme il y en a peu ! Un film de jeunes lycéens sans budget et sans aide extérieure sélectionné pour le prestigieux festival des lycéens d'Aquitaine 2005 ! Un succès mérité vue la qualité et la fraîcheur de l'oeuvre proposée.

Mais, sans plus attendre, voici l'oeuvre encensée par les critiques réalisée d'une main de maître par Guillaume Laloo :



réalisé par Guillaume Laloo
écrit et mis en scène par Guillaume Laloo, Marc Olaso, Benoit Marquine et Gratien Costedoat

avec :
Marc Olaso dans le rôle de Marc Ducon
Benoit Marquine dans le rôle de l'agent Ben
Gratien Costedoat dans le rôle du commissaire
Guillaume Laloo dans le rôle du "bon" flic

filmé par Guillaume Laloo
monté par Guillaume Laloo
effets spéciaux par Benoit Marquine et Marc Olaso
accessoires fournis par Xavier Salis

d'après une idée originale de François Guillem et Marc Olaso

contient un extrait de "Police" du Suprême NTM
( Kool Shen - Joey Starr / DJ S )

contient un extrait du "Requiem" de Wolfgang Amadeus Mozart
( W. A. Mozart )

(p)&(c) VIF 2005



Quelle merveille ! Et voici aujourd'hui en exclusivité les scènes alternatives au ton délirant, clins d'oeils aux séries télévisées des années 80, réalisées par Gratien Costedoat :

Scène alternative n°1 : "Le générique"



"le générique"

réalisé par Gratien Costedoat
filmé par Guillaume Laloo

avec :
Gratien Costedoat dans le rôle du comissaire
Benoit Marquine dans le rôle de l'agent Ben
Marc Olaso dans le rôle de Marc Ducon
Guillaume Laloo dans le rôle du "bon" flic

(p)&(c) VIF team 2005


Scène alternative n°2 : "Ghetto youth"



"ghetto youth"

réalisé par Gratien Costedoat
filmé par Guillaume Laloo

avec :
Marc Olaso dans le rôle de Marc Ducon
Un passant dans son propre rôle

(p)&(c) VIF team 2005


Scène alternative n°3 : "Un chevalier solitaire..."



"un chevalier solitaire..."

réalisé par Gratien Costedoat
filmé par Guillaume Laloo

avec :
Benoit Marquine dans le rôle de l'agent Ben

(p)&(c) VIF team 2005

Bambi, le message caché enfin décrypté !

Aujourd'hui je viens de regarder Bambi pour la première fois. Qu'est-ce qu'il est ennuyant ce truc ! Mais tout de même pour l'oeil observateur et le cerveau malade ce film peut être très instructif.

La fin du XX° siècle à vu l'affirmation du mouvement gay. L'homosexualité est de plus en plus présente et à de plus en plus d'adeptes. Mon questionnement est très simple : Quelle est l'origine de tout cela ? Mai 68 et la révolution sexuelle ? Fariboles. Cela vient de Bambi, et je vais le prouver.

Bambi est un petit faon ingénu, attachant et efféminé ce qui fait que beaucoup ont longtemps cru qu'il s'agissait d'une femelle (en tout cas moi). Timide, il n'ose pas s'approcher des femelles. Mais au contraire il s'entend très bien avec les mâles, spécialement le lapin Pan Pan et le putois Fleur.

Nous étudierons premièrement ses relations avec Pan Pan. Pan Pan est donc un petit lapin malicieux et éveillé. Hédoniste, il incite Bambi à jouir des plaisirs de la vie sans licence (par exemple il lui apprend à manger les fleurs des trèfles mais pas les pétales). Mais il est frustré par son père qui l'empêche de s'épanouir. Il est intéressant de noter que son père n'est jamais vu. On retrouve donc là le principe freudien du complexe d'Oedipe : Pan Pan n'arrive pas à "tuer" l'image du père, d'où traumatisme. Son nom est clairement sexuellement évocateur et ses relations avec le jeune faon sont pour le moins troubles. Nous ne citerons que la scène sur le lac gelé à l'érotisme exacerbé. Son nom peut aussi être un rappel du dieu grec Pan, dieu de l'animalité et des pulsions. Pan Pan vit ses pulsions à fond et a une aventure avec Bambi, c'est évident.

Les relations de Bambi avec "jolie" Fleur sont encore plus troubles. Dès leur rencontre Fleur est visiblement subjugué par Bambi. Mais Fleur est l'image du gay frustré, n'assumant pas sa sexualité. Alors que Pan Pan et Bambi vivent librement leur aventure homosexuelle, Fleur garde tout en lui-même. Le signe est donné en ce qu'il n'est jamais en tête-à-tête avec Bambi. Mais la passion le dévore, c'est bien visible. Lorsque Maître Hibou décrit le coup de foudre, Fleur regarde Bambi, plein d'espoir. Au fur et à mesure de la description du hibou il se rend compte de ce qu'il ressent pour le faon. Son regard ne trompe pas. Il ne déclare son mépris pour la "bagatelle" que lorsque Bambi l'a fait car il a compris qu'il ne pourra jamais avoir une relation avec lui.

Une analyse plus approfondie des symboles cachés du dessin animé ne vont que dans ce sens. D'un point de vue freudien, l'homosexualité de Bambi est évidente. Le complexe d'Oedipe habituel consiste (pour un homme) à "tuer" le père et à vouloir la mère. Or, c'est la mère de Bambi qui est tuée et le père est le modèle ultime de Bambi : le complexe est renversé. Il est notable que tout le temps qu'il reste avec sa mère son physique n'évolue pas, mais dès qu'elle est morte, symbolisant son épanouissement sexuel il change énormément.

Il tente bien une relation hétérosexuelle avec Féline mais devant cette relation se place le spectre du mâle qu'il doit vaincre lors d'un combat des plus suggestifs. Signe plus marquant encore : lors de l'incendie de la forêt, Bambi retourne chercher Féline tandis que celle-ci part à la recherche de Bambi avant que celui-ci ne revienne. Symbole puissant s'il en est montrant l'impossibilité de leur union.

Donc voilà le message, une fois décrypté de ce dessin animé : "Enfant, vis ton homosexualité. Ne sois pas frustré comme Fleur, vis ta nature, qui est homosexuelle." Ce message fut bien assimilé par la masse des esprits enfantins ayant visionné ce film, expliquant l'affirmation du mouvement gay à la fin du XX° siècle et au début du XXI°. L'homosexualité n'est plus regardée comme un vice honteux à cacher et s'est banalisée depuis Bambi.

Certes, on pourrait me répliquer que finalement Bambi donne des enfants à Féline, ce qui n'est pas très homosexuel, je le concède. Mais c'est juste que le message profond de Disney n'aurait pas pu être diffusé dans l'Amérique puritaine de l'époque. De plus le dernier regard de Bambi ne va pas à sa compagne ni à ses enfants mais va à son père, image suprême du mâle.



un dessin animé apparemment innocent...



(p) & (c) dr Achim Shark, docteur ès-psychopatie enfantine 2008

I will be back

Un missionnaire qui rentre c'est comme un monstre dans un film gore. Chaque fois les gentils se croient enfin débarassés lorsque la main du monstre surgit de la terre et une voix gutturale prononce "I will be back".

Mais les monstres de films gores c'est comme les missionnaires de retour chez eux, pour qu'ils reviennent il faut de l'argent et ils en ont rarement. Du coup ils ont parlé pour rien et on ne saura jamais qu'est-ce qu'ils comptent faire maintenant car il semble oublier que les gentils ont trouvé le moyen infaillible de le détruire. enfin pas si infaillible que ça puisqu'il arrive à gémir "I will be back". Mais quand même assez efficace. C'est d'ailleurs assez dommage parce qu'à chaque fois le personnage qui reste est la fille stupide à la voix crispante dont on rêve qu'elle mourra au premier coup de dague tellement elle nous saoûle. Malheureusement dès qu'une fille nous énerve dans le film on peut être sûr que c'est elle qu'on devra supporter pendant 1h30. Le pire exemple étant certainement Blairwitch. Je hais ce film et la fille plus encore.

Mais les monstres des films gores c'est comme les missionnaires de retour chez eux. une fois le film fini, ils se sentent inutiles, ils ne peuvent poignarder, éviscérer, dévorer, assassiner, piétiner, égorger, ricaner. Bref, ils ne servent à rien.

Heureusement parfois le film se poursuit, le numéro 2 se prépare. Un nouveau style, une nouvelle technique. En fait pas vraiment ça, on essaie de reprendre les choses qui ont fait marcher le premier et c'est repartie avec une autre fille crispante qui n'arrive pas à mourir. mais la différence avec le missionnaire c'est que maintenant il ne veut plus qu'elle meure, bien qu'il la poursuive toujours.





(p) & (c) Achim Shark 2008
dessins tirés de Lapin par Phiip


1-2
Marcox te coupera en deux
3-4
Monte les marche quattre à quattre
5-6
Il y a ma lame dans ta cuisse
7-8
Tu chutes dans ta fuite
9-10
Il faut que je te punisse !

Daltonien

Tu es trop belle, les gens font la queue
Pour t'admirer; et si tu ne te sens pas bien
Pour te réconforter des millions de personnes sont prêtes
A te prêter leurs bras mais avant tout il y a les miens.

J'ai besoin de toi, je t'en supplies, vas-y, viens
On ne se connaît pas mais ça n'est pas bien grave
Ton sourire, tes manies, m'ont rendu esclave
Si tu t'en vas maintenant, je suis mort demain.

Je crois que je suis un peu daltonien
Je ne vois de couleurs que celles dans tes yeux ;
Des seins je n'en aime que deux,
Tu sais bien que ce sont les tiens.

Mais s'il te plait ne me prend pas pour ton chien,
Demoiseille tu sais, je t'aime bien
Mais ce que j'aime vraiment c'est être amoureux
Si ce n'est plus de toi, j'en trouverai bien une autre.





(p) & (c) Achim Shark 2008
dessin tiré de A blob's life par Guiguoz

La dormeuse du parc

Le soleil se lève et amène avec lui la vie
Sur ce parc animé par les oiseaux et leurs gazouillis,
Ces oiseaux qui en tous sens volettent
Tandis que le soleil et ses rayons dans une mare se reflètent

Déjà les rires des premiers enfants résonnent :
Ils ont fait un palais de quelques morceaux de plastique
Grâce à leur imagination presque magique.
Leurs mères sourient de cette innocence qui toujours les étonne.

A quelques pas de là,
Sous l'ombre d'un arbre vénérable,
Non loin du bac à sable
Dort une jeune fille d'une beauté à laisser sans voix.

Tout n'est que grâce chez cette demoiselle !
Etendue sur l'herbe verte,
Silhouette svelte et discrète,
Quelle est belle !

Un buisson lui retient sa noble tête
Et se transforme en couronne sous son visage de reine
Dont la seule vue nous pousserait à la plus folle quête
Afin de rester toute notre vie sous son règne.

Ses longs cheveux de jais
Encadrent son visage nacré
D'où transparaissent quelques traits hâtifs
Dessinant d’étranges motifs

Ses lèvres vermeilles traversent son pâle visage,
Formant un doux sourire plein de paix
A l'image du chant d'un oiseau libéré de sa cage,
Contrastant avec ses yeux et leur obscurité.

Aussi incongrue que cette petite cuillère
Pour la tirer du sommeil approche une mère,
Mais pour la réveiller il est trop tard.
Overdose dans le square.





(p) & (c) Achim Shark 2004
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

James Delleck "Le cri du papillon"

On peut dire qu'on l'attendait celui-là ! Annoncé depuis la sortie d'"Acouphène" en 2002, le premier album solo de James Delleck, souvent annoncé, toujours repoussé, sort enfin 5 ans plus tard.

Après, on ne peut pas non plus taxer James Delleck de beaucoup chômer car pendant ce laps de temps sa discographie s'est considérablement étoffée avec l'album de l'Atelier, Gravité Zéro et Gravité Zéro RMX avec Le Jouage ou encore plus récemment le premier album du Klub des 7.

L'attente était d'autant plus longue pour moi que James Delleck est, à mon avis, un des meilleurs MC français. J'attendais donc beaucoup de cet album tout en craignant d'être amèrement déçu comme c'est souvent le cas lorsqu'on attend trop d'un disque. Mais tout arrive "tôt Ou tard" comme le label de James. Et après quelques temps de recherche le CD tant attendu se retrouva entre mes mains, puis sur ma platine et y tourna longtemps, longtemps, longtemps, parce que je l'ai adoré et qu'il a dépassé de loin toutes mes espérances. La chronique qui suit est le fruit de la plus profonde admiration pour cette album qui est à mon avis le meilleur album de rap français depuis longtemps, ça risque d'être pas mal subjectif, ne soyez pas surpris. Et ne soyez pas surpris après l'écoute de cet album de trouver brusquement pas si bon que ça les prestations du MC chevelu sur ses anciens projets présentés ci-dessus, alors qu'auparavant vous trouviez que c'était des pures bombes. En tout cas c'est l'effet que ça m'a fait.

Tout commence par un morceau instrumental "Chrysalide". Un des rares défauts que je trouve à James Delleck c'est de faire plein de morceaux instrumentaux très bons mais souvent trop longs à mon goût. Mais là c'est parfait, que ce soit "Chrysalide", "La carotte sauvage" ou encore le titre caché, ils sont justes assez long pour pouvoir apprécier l'énorme talent de M. delleck et juste assez courts pour ne pas lasser.
Tant qu'on en est à parler des titres instrumentaux autant parler des instrumentaux eux-mêmes. Elles sont toutes signées par James Delleck, sauf "Le réverbère" co-signé par Azul et "J'ai appris" co-signé par Vincent Segal. Grâce à elles nous pouvons entrer dans le monde éclectique de James Delleck qui nous offre autant d'instrus que de bijoux. Chacun s'adapte parfaitement au texte qu'elle supporte, exprimant ce que les mots ne peuvent dire. Parfois mélodiques ("Le réverbère", "15 ans"), parfois dansantes ("Titty Twister"), parfois énergiques ("L'étranger"). Comme d'habitude avec le MC chevelu les sons sont très marqués électro, mais elles sont ici appuyées par des instruments organiques, donnant la chaleur et la vie qui manque souvent aux sons digitaux.

J'entends déjà des voies distordantes et méchantes dire : "OK, OK, Achim, on a bien vu que tu voulais l'encenser à fond ce disque, à croire que Delleck t'a filé des sous, mais c'est facile en se basant sur les instrus qui sont, comme chacun sait, les points forts de James Delleck. Mais si on parle flow hein, et bien direct c'est moins brillant et toi paf, t'as plus rien à dire et tu te tais parce que t'es fin bête mec !" Je dois être assez honnête pour reconnaître que question flow James Delleck n'est le plus technique des MC. D'ailleurs, s'il fallait trouvé un défaut à l'album, le seul que je trouverai serai l'abondance des assonances en "s" qui ne collent pas trop avec la voix de Delleck. Mais (et oui vous ne m'aurez pas avec vos arguments fallacieux) son flow est très bon quand même. J'avoue ça paraît super subjectif ce que je viens de dire, aussi je vais expliciter mes propos. D'abord j'aime la voix chaude et grave de Delleck. OK, c'est toujours super subjectif. Deuxièmement, même s'il n'est pas super technique James sait moduler sa voix et son flow en rapport à l'ambiance et à la vitesse du morceau, ainsi il est très lent et doux sur "Sonate pour une gouttelette" et très rapide sur "Ainsi soit-il". Et urtout, le gros point positif de son flow est que chaque parole est bien articulée et chaque mot utilisé est compréhensible dès la première écoute.

Justement, venons-en aux textes maintenant. le reproche qui est souvent fait - à juste titre - au Hip Hop dit "alternatif" est d'avoir des textes hermétiques au premier abord au pauvre hère se risquant sur ces chemins musicaux déviants. Un pauvre hère qui, soyons-en sûr, n'est pas prêt de retourner sur ces plate-bandes pourtant riches de talents et d'excellence. il y a aussi ces gens orgueilleux et stupides - ma remarque va plus lon que le Hip hop et tout l'arche contemporain en général - qui, vides de talent et d'idée, pondent un truc ridicule sans queue ni tête, expliquant que le sens en est trop profond pour l'homme du commun ignorant à l'esprit limité, eux-mêmes persuadés d'être des êtres supérieurs tellement au-dessus du reste de l'humanité par leur "classe" et leur "art" bête et sans but tout juste bon à être piétinés par des éléphants fachés qu'on leur vole leurs défenses pour décorer les palais payés par les oeuvres bidons de ces êtres aux idéaux néo-fascistes basés sur la suprématie de certains êtres non par leur race mais par leur "intelligence" où je ne sais quoi d'autres; idées dangereuses s'il en est, que je méprise mais je sais bien que mon avis a autant de poids que la mort d'un enfant tchétchéne sous les un char russe et en plus je me suis drôlement éloigné du sujet. Ainsi donc, James delleck a-t-il réussi à surmonter ce problème-là ? mais bien sûr ! C'est james Delleck ! Il réussit tout bien lui. C'est un peu Superman en MC ce mec.
Car oui, chaque texte est bel et bien un trésor. Chaque rime a été pensée, balancée, machinée afin d'amener la langue française à son essence même. Enfin, ce que je veux dire c'est que tout est compréhensible, en une écoute on voit de quoi il parle, où il veut en venir ...etc... Mais la véritable richesse est qu'il y a des tonnes de niveaux de lecture, chaque texte peut recevoir diverses interprétations. james ne dit jamais tout, nous laissant la possibilité d'aller plus loin à la recherche de ce qu'il veut dire. par exemple "Personne". A la première écoute j'ai pensé que c'était un délire mystique de Delleck où il pointe du doigt notre société nombriliste et matérialiste. Une autre fois j'y ai vu l'histoire d'un homme ayant l'impression d'être invisible dans la foule grouillante du métro, chacun se préoccupant de leurs propres nombrils et lui perdu dans son propre néant. Et tout à l'heure l'écoutant de nouveau j'y ai vu l'histoire d'un clochard, reclu de la société et oublié dans une station de métro. Et à chaque écoute on y voir beaucoup d'autres choses. Laquelle de ces interprétations est correcte ? Je crois qu'elles le sont toutes, c'est notre sensibilité qui fera la différence.

Les thèmes sont variés, on a droit aux goûts de James sur "Le profil psychologique", les sombres pensées d'un réverbère sur "Le réverbère", les rêves d'un prolo gagnant au Millionnaire avec "Gérard de Roubaix", la position déviante de James face au hip Hop et la vie sur "L'étranger", un adolescent mal-aimé avec "15 ans", la vie et la mort d'une goutte sur "sonate pour une gouttelette" ou encore la fuite du temps et de l'enfance avec "J'ai appris".

Donc voilà les ingédients de ce "Cri du papillon" : un bon flow, de belles instrus et des textes magnifiques. Qu'est-ce qu'il se passe quand on mélange ? Non pas de la pisse de païen mais un disque qui dépasse les qualificatifs élogieux que je pourrai énumérer ici. Chaque élément se superpose parfaitement avec les autres et lorsqu'on ferme les yeux on peut voir ce dont parle James Delleck. Je vous le dis, ce mec est un génie.

Je ne peux pas ne pas citer "15 ans", à mon avis le meilleur titre de l'album où on nous conte le mal-être d'un jeune de 15 ans face à une mère absentéiste. L'instrumental est d'une rare beauté, James rappe tout le premier couplet sans beat, celui-ci n'arrivant qu'au deuxième couplet couronnant un morceau en crescendo. Vraiment magnifique, à chaque écoute ça me fait le même effet et me donne les larmes aux yeux.

Chaque titre à sa propre atmosphère, tantôt comique ("Gérard de Roubaix"), tantôt torturée ("Personne"), tantôt trsite ("Le réverbère"), et chacun a ainsi une très forte identité mais malgré tout l'album a une rare cohérence. On est ici dans le monde Delleck, un monde éclectique qui a pour but de détruire les limites de nos pensées. On nous offre 14 perles serties dans un diadème précieux couronnant le front de la déesse du Hip Hop (déviant, évidemment).



Note : 20/20

Tracklisting :

01/ Chrysalide
02/ Chaman
03/ Le profil psychologique
04/ Le réverbère
05/ Gérard de Roubaix
06/ L'amour
07/ L'étranger
08/ 15 ans
09/ La carotte sauvage
10/ Titty Twister
11/ Sonate pour une gouttelette
12/ Personne
13/ Ainsi soit-il
14/ J'ai appris





(p) & (c) Achim Shark 2008
artwork par Contre&Façon

http://www.jamesdelleck.com
http://www.myspace.com/delleck

Hymne à la rapaille 2

Rappellons-nous lorsque tout était vide
A l'aube des temps, à l'époque du néant.
Point d'aide pour nous, point de guide.
A l'aveuglette nous allions errants,
Ne reconnaissions la lumière mais toujours la recherchions
Inconsciemment pour échapper à nos prisons.
Zigzaguants au milieu de phares trompeurs qui
A des ports incertains voulaient notre accostage,
Toujours nous évitions, n'y trouvant avantage.
Impatients comme beaucoup,
On attendait le jour béni où
Naquit Rapa, chassant bien loin la nuit.





(p)&(c) Achim Shark 2006
logo "Rapanization" par Miles

Où est passé le vrai Hip Hop ? C'est pas écrit dans la Bible...

Je suis nostalgique du Hip Hop des années 95-2000.

Mais peut-être que si je vois cette période comme l'âge d'or du HH c'est peut-être que j'écoute les bons skeuds de cette époque, laissant de côté les nombreux déchets de la même époque.

Qui sait ? A ce que je sache ce n'est pas écrit dans la Bible.

Mais cette dernière parle de moi.

Dans la généalogie de Jésus dans Matthieu (chapitre 1 verset 14) on peut lire ceci "Azor engendra Sadok; Sadok engendra Achim, Achim engendra Eliud". En fait à l'origine ce n'était pas écrit de cette manière mais un copiste assez bête à faire une erreur et depuis, cette une erreur grossière apparaît dans toutes les bibles.

Heureusement, j'ai pu récupérer un fragment du manuscrit original de Matthieu où le publicain avait noté ceci : "Azor engendra Sadok ; de Sadok naquira dans les temps futurs l'être le plus merveilleux de tous les temps, la lumière d'un monde enténébré perdu dans un Hip Hop s'enfonçant peu à peu dans la fange de la médiocrité, celui qui donnera l'espoir aux faibles, le plus beau, le plus fort, le plus drôle, le plus classe, le plus choc, le plus je connais pas les mots, Achim Shark, celui dont le nom fait trembler ceux atteint de la maladie de Parkinson, celui devant qui les filles de Dieu se prosterneront pour ne serait-ce que serrer sa main, oui, ce même Achim Shark dont les légendes de tous les peuples parlent, le Zeus des grecs et l'Osiris des égyptiens. Il en a de la chance Sadok. En plus de ses reins est descendu quelqu'un d'un peu connu aussi, on en parlera à partir du verset 16; car Sadok engendra Eliud;"

Néphi avait bien prévenu que de nombreuses parties claires et précieuses ont été enlevées...



"j'te jure ! C'est écrit juste là là..."



(p) & (c) Achim Shark 2008

Carapace brisée

Réservé comme tant d'autres
Pointé du doigt comme tant d'autres
Dans cette école anonyme
Aux murs cacheurs de cimes
Timide et complexé
Caché dans un conte de fée
Rêvant de changer d'air
Dans une carapace aux rythmes binaires
N'attendant rien de la vie
Si ce n'est une fille un peu jolie
Souriant par habitude
Le coeur plein de vide
Une chevelure qui s'éloigne
Et son coeur qui saigne

Une larme sur une joue
Une lame sur un cou
Un poids sur le coeur
Vidé avant l'heure




(p) & (c) Achim Shark 2008
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

IAM "Revoir un printemps"

6 ans après le monument Hip Hop qu'est "L'Ecole du micro d'argent" IAM revient avec un nouveau sigle et un nouvel album "Revoir un printemps".

L'album débute très bien avec "Stratégie d'un pion". Des flows précis et des textes incisifs, c'est du IAM grand cru. Enfin, durant les deux premiers couplets car dès le troisième apparaît le premier des nombreux soucis de cet album : Freeman. Car oui, désormais l'ex-danseur ne se contente plus d'apparaître que sur un ou deux titres, mais sur la totalité de l'album. Autant le dire tout de suite : c'est très regrettable. Son flow et sa voix me font penser à la mélodie d'une tronçonneuse. Il est très loin du niveau de ses comparses, eux-mêmes pas toujours au top de leurs forme, spécialement Shurik'N.

Akhenaton rappait aux côté de Busta Flex "J'ai plus d'air" sur la compilation Sad Street de DJ Khéops et à l'écoute de cet album dont il signe plus de la moitié des prods on se rend compte que ses instrus ont le même problème. Pas d'oxigène. L'auditeur s'asphyxie dans des boucles plus tristes et ennuyantes les une que les autres, les quelques seules bulles d'air sont réalisés par Khéops et Imhotep avec, respectivement, "Second souffle" et "Pause". En réalité une seule instru mérite réellement le détour et ce grâce aux bons soins d'Imhotep : "Tiens".

On ne trouve pas beaucoup plus d'air dans les textes. Et cela pour deux raisons : ceux qui cherchaient des exercices de style bizarres dans le genre "L'empire du côté obscur" repartiront bredouilles. C'est d'autant plus triste que ce genre de titre c'est la marque de fabrique d'IAM, ce qui rend leurs albums attractifs. Après c'est sûr, on ne va pas attendre "Attentat 3" de MCs de presque 40 ans.

Alors on se fait une raison et on part à la recherche de textes mordants et incisifs comme Shurik'N et Akhenaton savent faire. Malheureusement, c'est là la seconde déception : ces derniers semblent avoir confondu le mot "revendication" avec le mot "pleurnichage" car tout ce qu'ils font pendant 18 titres : pleurnicher. Et franchement, c'est saoulant. Pourtant ils ne cessent de parler de sujets graves et importants comme le racisme, les violences quotidiennes, la misère, les femmes battues ...etc... mais leur façon de présenter rend tout cela totalement soporifique.
Au final un album vraiment décevant qui fait une grosse tâche dans la discographie d'IAM qui ont bien besoin de "revoir un printemps" après cet album ennuyeux comme la pluie en hiver.

C'est d'autant plus décevant qu'IAM a réellement un grand talent (je suis sûr que Freeman danse très bien). En effet ceux qui ont la chance d'avoir l'édition limitée profitent d'un CD bonus avec 3 inédits où IAM nous montrent leur vrai niveau. Grâce à des instrus excellentes et de l'énergie à revendre comme sur "Live de la base", "La violence" et surtout le magnifique "40 ans de retour au ghetto". Des titres qui font donner aux expression "rap engagé", "rap conscient" ou "musique revendicatrice" tous leurs sens. 3 titres surclassant tout un album, c'est un peu paradoxal, mais ça nous fait rêver à ce qu'aurait pu être "Revoir un printemps", et nous fait d'autant plus sentir (et regretter) ce qu'il est.


Note : 08/20

Tracklisting :

01/ Stratégie d'un pion
02/ Nous (feat. Kayna Samet)
03/ Quand ils rentraient chez eux
04/ Noble art (feat. Method man & Redman)
05/ Lâches
06/ Mental de Viêt-Cong
07/ Revoir un printemps
08/ Armes de distraction massive
09/ Second souffle
10/ Visages dans la foule
11/ Ici ou ailleurs (feat. Syleena Johnson)
12/ Tiens
13/ Bienvenue (feat. Beyoncé)
14/ Pause
15/ Fruits de la rage
16/ Murs
17/ 21/04
18/ Aussi loin que l'horizon

CD bonus édition limitée :

01/ Live de la base
02/ La violence (feat. Soprano)
03/ 40 ans de retour au ghetto
04/ Noble art (instrumental)
05/ Tiens (instrumental)





(p)&(c) Achim Shark 2008
artwork par Tous des K/Kankre attak
http://www.iam.tm.fr
http://www.myspace.com/officialiam
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dimanche 17 août 2008

Tandem "C'est toujours pour ceux qui savent"

Si vous n'aviez pas deviné par la pochette, Tandem est un groupe originaire du 93 (Aubervilliers), composé de Mc Tyer et Mc Kregor.

Découverts sur la compilation Mission Suicide ils ont par la suite signé chez Première Classe chez qui ils ont sorti un EP "Ceux qui savent m'écoutent" mais insatisafaits ils ont partis chez Kilomaître prod et en 2005 nous servent leur premier album "C'est toujours pour ceux qui savent". On remarquera une grande originalité dans le choix du titre =].

Dès les premières mesures, le ton est donné : Tandem ce sont deux mecs de la rue qui parlent de rue avec talent sur des instrus aussi hardcores que magnifiques.
Tout commence avec "93 hardcore", un chef d'oeuvre dans le genre. Les 2 MC's s'offrent chacun un couplet très long, parlant de leur département qui est hardcore (on l'aurait deviné). Le thème a été pris et repris mais ces deux-là ont vraiment du talent, que ce soit au niveau de flow que de l'écriture. Ils amènent leur touche qui rend le titre imparable.

Le seul souci c'est qu'à part la rue Tandem ne parle pas de grand-chose (pour ne pas dire rien), ce qui donne l'impression que le disque tourne en rond. Les instrus sont toujours impeccables, les flows sympathiques, ça se laisse écouter mais aucun titre n'accroche vraiment, on a l'impression d'écouter le même titre encore et encore, tourné dans tous les sens.

Du coup dès que ça change un petit peu on est obligé de remarquer, comme le rapide "Trop speed" ou le sincère et introspectif solo de Mac Kregor "J'ai trop de coeur". On est surpris par "Laisse-moi le temps", un morceau parlant d'amour mais comme le dit Mac Kregor "c'est pas parce que je fais du rap hardcore que je n'ai pas de coeur". Malheureusement, la motivation est bonne mais le titre beaucoup moins.
Mais surtout les 2 gars nous bluffent grâce à leur écriture avec "Un jour comme un autre", "Frères ennemis" et "Le jugement", une suite de morceaux créant un réel film musical. L'histoire reste très ghetto : un gars en zonzon, son jugement, ses sentiments. Une vraie réussite. On notera la présence de nombre de guests sur "le Jugement" où chaque rappeur a son rôle bien précis (Diam's, la juge; Faf Larage, le procureur; Kéry James, l'avocat; Kazkami, le commissaire; Lino, le témoin à charge; Tunisiano, le témoin à décharge).

En définitive, un album qui réunit beaucoup de qualités, des bonnes instrus, des bons MC's (au niveau des flows et de l'écriture), quelques excellents morceaux ( "93 hardcore" et la trilogie du jugement ), mais victime de redondance à outrance.


Note : 10/20

Tracklisting :
01/ 93 hardcore
02/ Le monde est stone
03/ Dans ma rue
04/ Génération sans repères
05/ Tu croyais quoi ?
06/ J'ai trop de coeur
07/ Un jour comme un autre
08/ Frères ennemis
09/ Le jugement
10/ Laisse-moi le temps
11/ Trop speed
12/ Explosif
13/ Nostalgique
14/ Warriors
15/ Sombre
16/ Bouge !
17/ Vécu de poissard





(p)&(c) Achim Shark 2008
artwork par Dimitri Simon

La Caution "La Caution rend visite aux gens et des gens revisitent la Caution"

Désireux de marquer le coup après une tournée mémorable de plus d'un an qui les a emmené de Noisy le Sec au Venezuela en passant par le Maroc la Caution sort un DVD en rétrospective et pour rendre le tout plus alléchant, l'assaisonne d'un album de remixes. Pour le faire ils s'entourent de beaucoup de talents, DJ Duke, Drixxxé ou encore Radionactive, pour les plus Hip Hop, Ddamage ou Eda côté électro et même le groupe de métal Enhancer.

Mais le souci avec la Caution c'est que les flows, les textes et les instrus ont tendances à fusionner, alors pour remixer c'et pas évident et souvent ça ne fonctionne pas. Ainsi bien que les instrus sont toutes bien, les remixes ne le sont pas tous. On peut citer le "Peines de maures" de Radioinactive ou "Glamour sur le globe" de DJ Duke où les instrus ne collent pas du tout. D'autres remixes n'apportant vraiment pas grand-chose à l'image du "Player" d'Eda, le "Club de gym" de Drixxxé ou encore "Focus" de Florent Sabaton.

Mais on a droit à quelques bonnes surprises tout de même, l'alchimie fonctionnant le mieux lorsque le remix s'éloigne au maximum de l'original. Ainsi le "Boite de macs" d'Insomniak : l'instru calme fait un malheur dans les oreilles au même titre que "Ligne de mire" de DJ Duke. Dans une ambiance opposée à l'original on ne pouvait oublier le "Je te hais" d'Enhancer, à des encablures du style électro de son prédécesseur.

On a aussi droit à 3 inédits, "L'original" avec Oxmo Puccino, "GPS sur la comète" de Nikkfurie et Mai Lan et "Vergacion" avec Saphir et Cuarto Poder du Vénézuela. Trois titres aux ambiances très diverses. Trois très bons morceaux voire excellents comparés à la plupart de ce qui se fait dans le Hip Hop aujourd'hui, mais venant de la Caution on pourrait s'attendre à mieux, spécialement au niveau des textes qui ne sont plus ou moins que des égotrips.

Un bon CD, mais pas transcendantal.

Mais passons au DVD. Très bien réalisé, on y retrouve deux reportages, l'un en rétrospective racontant l'histoire du groupe avec la participation de bon nombre d'artistes : Rockin'Squat, DJ Medhi, Vincent Cassel... Ensuite on a "La Caution rend viste aux gens" proprement dit avec un retour sur la tournée qui a suivi "Peine de maures/Arc-en-ciel pour daltoniens", avec des sessions live et freestyles, entrecoupés d'interviews des 2 frères.

En bonus on a droit à 3 titres lives : "Boite de macs", "Je te hais" et "Thé à la menthe", tous les clips du groupe (sauf "Toujours électriques") et de l'Armée des 12 ainsi que celui de "Bâtards de barbares", des photos, quelques textes et beaucoup de surprises.

Une sortie pour les fans du groupe, pas un disque essentiel mais qui reste bien sympatique.

Note : 14/20

Tracklisting :

Des gens revisitent la Caution :

01/ Drixxé revisite "Club de gym"
02/ Eda revisite "Player"
03/ Insomniak revisite "Boîte de macs"
04/ Enhancer te hait
05/ L'original (feat. Oxmo Puccino)
06/ GPS sur la comète (feat. Mai Lan)
07/ DJ Duke revisite "Ligne de mire"
08/ Florent Sabaton revisite "Focus"
09/ Radioinactive revisite "Peines de maures"
10/ Ddamage re hait
11/ DJ Duke revisite "Glamour sur le globe"
12/ Vergacion (feat. Cuarto Poder & Saphir)
13/ Maison closed revisite "Souvent"
14/ Insomniak revisite "Revolver"
15/ Aetoms revisite "Arc-en-ciel pour daltoniens"

La Caution rend visite aux gens :

01/ Film rétrospective : La Caution rend visite aux gens
02/ Bonus live
"Boites de macs" (feat. China)
"Je te hais"
"Thé à la menthe"
03/ Vidéoclips
"Thé à la menthe"
"Code barre"
"Aquaplaning"
"Casquettes grises"
"Gin & jus"
"Ils m'observent"
"Bâtards de barbares"
04/ Goodies
05/ Diaporama/Photos
06/ Lyrics





(p)&(c) Achim Shark 2008
artwork par Ego/Photo par Vincent Sannier
http://www.la-caution.net
http://www.myspace.com/lacaution

JoeyStarr - Gare au Jaguarr

JoeyStarr, membre fondateur des NTM est passé de référence musicale, grâce à son groupe et leurs 4 excellents albums et leurs prestations scéniques, au statut de "rappeur-type" dans la tête du français moyen, notamment grâce à ses frasques judiciaires et ses prestations télévisuelles et ce -paradoxe- en ne rappant quasiment pas.

En effet que s'est-il passé depuis le dernier NTM dans l'actualité rapologique du Jaguarr Gorgone ? Pas grand-chose. "Gaz-l" sur la BO d'Astérix&Cléopâtre, quelques featurings (la Brigade, Disiz, Fdy, Futuristiq, Fat Cap...) pas toujours convaincants. Et puis rien. Joey avait délaissé la casquette de MC pour celle de producteur, poussant ses poussins du BOSS. Alors évidemment après 8 années quasi-silencieuses on a le droit de craindre que le "jus de soleil de Seine-Saint-Denis" qu'est "Gare au Jaguarr" soit quelque peu indigeste.

C'est donc avec pas mal d'appréhension que je me suis procuré le premier album solo de JoeyStarr, quoi qu'un peu rassuré par quelques bons échos sur le net. Ne sachant à quoi m'attendre j'ai posé le CD sur ma platine.

L'album commence en trombe par des guitares saturées, un beat sauvage et un Joey hurlant "J'arrive, j'arrive, j'arrive... esquive !", énervé comme jamais. La première impression est bonne et les craintes volent en éclat. Mais vite une autre vient s'insinuer dans l'esprit : Pourra-t-il continuer à hurler pendant une heure sans lasser ? Heureusement le vieux roublard du 93 n'a pas passé l'album à hurler mais bel et bien à rapper, nous offrant même une leçon de flow avec "Pose ton gun 2" (plutôt une suite de "Police" à mon sens, mais bon...). Brassant toutes ses influences, passant du rock au dancehall en passant par la biguine ou la chanson française, Joey se fait plaisir, sans calcul n'y prise de tête ce qui rend l'album frais et original.

Ecrit pendant les émeutes d'octobre 2005, l'album en est profondément marqué, que soit sur "Cours", "Hot Hot", "Soldats" avec des Fat cap en grande forme ou encore "Chaque seconde" avec la collaboration du chanteur du BOSS, D.Dy qui donne de la profondeur au morceau.

A croire que tous les participants à l'album aient été en grande forme pour notre bon vieux Joey. Même Dadoo (qui réalise l'album) nous fait une excellente prestation sur "93 déboule". On regrettera juste le très mauvais titre dancehall "The Jam" (avec Nathy et Mr. Toma) qui plombe complètement la fin de l'album qui jusque là fait vraiment plaisir même si "Cours" et "Hot hot" sont un peu trop brouillons à mon avis.

On a droit à des gros délires alcooliques et drogués avec "Carnival" et "Cigarette piégée" dans des ambiances complètement folles, aux flows et instrus variables et changeants.

Poursuivant son introspection initiée sur "Laisse pas traîner ton fils", JoeyStarr nous offre "Métèque" reprenant "Le métèque" de Georges Moustaki (qu'on entend sur le refrain), un pur bijou, le morceau le plus fort de l'album.

Au final, aucune déception, Joey nous offre du vrai bon son. On sent que cet album a été fait avec les tripes, sans calcul, et ça en fait tout le charme. Un album qui pue l'urgence, tout en énergie, taillé pour la scène. Gare au Jaguarr, il n'est pas encore hors-jeu !

Note : 16/20

Tracklisting :
01/ J'arrive
02/ Intro
03/ Métèque
04/ Bad boy
05/ Hot hot (Hâte-toi)
06/ Soldats (feat. Fat Cap)
07/ Question 1
08/ Pose ton gun 2
09/ Question 2
10/ Chaque seconde (feat. D.Dy)
11/ Cours
12/ Carnival
13/ Cigarette piégée
14/ 93 déboule (feat. Dadoo)
15/ The jam "West Indies break bites" (feat. Nathy & Mr. Toma)





(p)&(c) Achim shark 2008
artwork par Jeanne Dubois/Photo par Seb Janiak
http://www.joeystarr.fr