samedi 22 novembre 2008

Il n'est jamais trop tard pour en remettre une couche...

Comme vous le savez tous, "Le cri du papillon" de James Delleck est plus qu'un bijou, une référence ultime en matière musicale et artistique.

Mais pourquoi cet album si divers dans ses thèmes, ses ambiances, ses musiques peut-il former un tout si homogène ?

Voilà la question que se pose l'humanité depuis la nuit des temps. Ou plutôt la sortie de l'album. Il faut voir. Toujours est-il qu'après des centaines d'écoutes extasiées la lumière se diffusa en mon esprit et je compris la Vérité vraie. L'unité de ce cri papillonaire trouve son essence dans la "Sonate pour une gouttelette".

En effet ce titre, magnifique dès le premier abord a dans son être toutes les couleurs de James Delleck comme une goutte a toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.

"Mais qu'est-ce que tu racontes encore toi ?" hurlent les incrédules, malheureux et incomplets sans le savoir. Mais je prouverai mes dires tout de suite.

Le battement d’aile du papillon s’extirpant de sa chrysalide provoque un cyclone dans le Pacifique et une gouttelette tombant d’un robinet porte le germe du cri du papillon dans son éclatement. Utilisant la même méthode que Victor Hugo dans certaines parties des « Misérables », James Delleck fait de la « Sonate pour une gouttelette » un kaléidoscope de l’album entier. Les idées et les thèmes développés dans les autres titres sont ici sous-jacents créant le mortier liant les morceaux entre eux et faisant du « Cri du Papillon » un tout homogène.

« Gérard de Roubaix » en est l’exemple le plus évident : les premiers vers du troisième couplet, « Même une goutte sur une vitre peut briller sous la lumière/Mais une fois atteint la flaque, elle n’est qu’H2O malgré ses prières » trouvent un écho immédiat « Trop vite la vasque approche dangereusement/Pourtant j’ai prié espérant arrêter le temps ». De même, le thème de la chute de la goutte est en lien immédiat avec la conclusion de « 15 ans », cela est renforcé par les vers « Plus je grandis, plus j’ai le vertige de la vie/Plus je grossis et plus le vide m’attire vers lui ». Le thème de l’exclusion et de la marginalité qui sous-tend le magnifique « Personne » se retrouve dans la simple phrase « Personne ne prend conscience de mon réel ». Dans cette optique il apparaîtra évident que le vers « Eole, fais-moi danser ou fais-moi le croire » n’est qu’un résumé du « Titty Twister » ou que la mélancolie de ces quelques mots « J’ai grandi lentement sur le bord d’une bouche de métal/Pendant que d’autres ont la chance d’être la rosée sur un pétale » est en rapport direct avec la tristesse du « Réverbère » souhaitant « tourner la tête pour contempler les astres ». De même la métaphore autour de la lumière qui traverse toute cette dernière perle se retrouve dans la gouttelette à travers qui « la lumière se sublimait ». Le thème même de mettre en exergue une simple gouttelette est liée au concept de « Chaman », ce dernier étant sensé être un intermédiaire entre la Nature et les hommes. En laissant derrière elle « tous mes souvenirs d’enfance » la goutte annonce « J’ai appris », puis elle est « caressée par le vent », le seul qui la remarque, comme « l’Etranger » qui est « entendu seulement par les vents de la nécropole ».

Ici encore James Delleck prouve son extrême talent, loin des codes et des habitudes, se plaçant en artiste atypique de la scène Hip Hop passée, actuelle et future avec un album qui prends de la valeur à chaque écoute.



« Plus besoin de tout ça, j’ai l’album de James Delleck maintenant ! »



(p) & (c) Achim Shark 2008

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