mardi 13 juillet 2010

Klub des Loosers "Echec intégral"

"Echec intégral" ou une compilation de freestyles et diverses apparitions du looser masqué

01 - Impro home #1
02 - Impro home #2
03 - L'hymne (original version)
04 - Sans queue ni tête (avec Maître Krapulashit)
05 - Tékila vs Tido (avec TTC)
06 - Impro Grek frites 24/01/01 (avec Cyanure & Tido Berman)
07 - Improvisation (avec Tékilatex)
08 - Impro Grek frites 07/03/01 (avec Bak)
09 - Impro Grek frites 05/04/01
10 - Prends ma photo
11 - Fuite en la majeur
12 - La femme de fer (original version)
13 - L'école des fans (avec Donkishot)
14 - Freestyle 10 ans Générations 88.2
15 - Projet Grek frites (avec Cyanure & TTC)
16 - Orgasmic le toxicologue est secrètement amoureux de vous
17 - Expérience de groupe (avec Tékilatex)
18 - Chacun cherche son chat
19 - Check ça sale pute ! (avec TTC & 6000R)
20 - La fille à cinq sous
21 - No futur
22 - Depuis que j'étais enfant (original version) (avec MF Doom)
23 - Depuis que j'étais enfant (remix) (avec MF Doom)
24 - Le parapluie (version longue)
25 - Vision décalée (avec Le Jouage)
26 - Dispense (avec Fredy K)
27 - L'éponge
28 - Roulette Russe
29 - Quand je serai grand (avec Gérard Baste)

pour télécharger, cliquez ici




(p)&(c)Achim Shark 2010

lundi 21 juin 2010

Mi ziks weigh a ton

Il fallait bien que ça arrive un jour... L'année dernière LZO records a eu l'idée, bonne en soi, d'organiser un concours de remix autour de l'excellent "Jeu du pendu" de Sept&Lartizan. Seulement voilà, tout ça m'a inspiré la mauvaise idée de jouer bitemaker avec un logiciel tout moisi, une oreille musicale handicapée et le tout un ordi portable plutôt pas mal mais pas du tout adapté.

Alors, vu que j'ai la flemme et pas l'inspiration pour faire un article un minimum pertinent pour chacun comme j'ai pu le faire auparavant je balance tout en vrac ici, après tout c'est la fête de la zizik, hein ?

Sept&Lartizan "Memento Mori" (Not Chopped But Screwed Achim Shark remix)

Sept&lartizan "Karaoké pirate" (Achim Shark remix)

Sept&Lartizan "Système maîtrique" (Achim Shark remix)

Sept&Lartizan feat Faro "Correspondances" (Achim Shark remix)

James Delleck "Le profil psychologique" (Achim Shark remix)

Sept&Lartizan "Un seul principe" (Achim Shark remix)

Sept&Lartizan "Classe A" (Achim Shark remix)


Et je rappelle que si vous êtes parisiens et que vous n'êtes pas ce soir, vous ne méritez pas de lire mon blog. Et si comme moi vous n'êtes pas à Paris, vous pouvez toujours écouter "la Fête de la musique" de l'Atelier, ça reste d'actualité.




(p)&(c) Achim Shark 2009
image par les haterz

samedi 19 juin 2010

Musique de décérébrés #09 - Dany Dan

« Je marche avec le bagou de King Kong »
- Dany Dan


- Hey yo Dany ! Ca va ou quoi ?
- Grroar... Grr...
- ...




(p)&(c) Achim Shark 2010
Dany Dan "Briquet et portables", street "A la régulière" (2010)

dimanche 16 mai 2010

2010, année de l'échec

Il avait disparu. La dernière fois que je l'ai vu, le soleil disparaissait à l'horizon et ses reflets dorés se reflétait sur la pâleur de son masque. Il m'avait dit avoir trouvé un arbre à sa convenance et je l'imaginais au creux d'un bosquet désolé, pendant comme un vilain fruit trop mûr.

Et bien non, Fuzati est toujours là et relance la machine du Klub des Loosers pour cette année 2010 avec 4 sorties de prévues.

Tout d'abord, lundi 17 mai (qui décidément sera un jour chargé avec "A la régulière" de Dany Dan et "Le lubrifiant" d'Aelpéacha&MSJ) sortira Spring Tales, 21 beats produced by Fuzati. Un album instrumental composé de boucles bizarres de breakbeats improbables, des extraits sont en écoute sur le MySpace.

Le même jour sortira également le troisième volume des compilations "Broadcast Sessions", toujours chez Corso Fleuri. Après un premier volume à base de jazz et musque étranges, un deuxième d'Hip Hop undergrounds des nineties, le troisième sera composé de "rare brazilian grooves" comme il dit.

Dans la continuité des "Spring Tales" à la rentrée sortira un autre projet instrumental "Last days (19 space funk beats)". Et, enfin, en octobre/novembre, un deuxième album du Klub. 6 ans après, la question reste la direction qu'il prendra, en 2005 il avait l'air de savoir ce qu'il voulait faire, on ne peut qu'attendre le résultat.

En attendant, une interview par Pardon my French et un premier extrait vidéo :





(p)&(c) Achim Shark 2010

samedi 15 mai 2010

Faut que ça glisse...

Passez vite chez le druide chercher le LB et quelques plantes aromatiques avant de faire le plein pour une ride estivale bienvenue : Aelpéacha et MSJ, les deux tauliers du Club Splifton sortent enfin un premier album en duo le 17 mai (lundi). « Le lubrifiant », 21 titres, sortira sans surprise via 187 prod et en voici la tracklist :

01. 2010 ça glisse
02. Roule avec le Saint-Esprit avec Marsha Kate
03. Hip-Hop non-stop avec King Daddy Yod
04. Tout le monde
05. La Musique c'est comme dans l'restaurant avec Tonton Azbine
06. Doué avec Ryu MC
07. Pour l'éternité avec Sowlie et Papillon
08. Poulet citron avec Mickey Lemon, Fabistouket, Jacky Maxikiki, Martine Bouchonnée, Jean-Jacques Aviné, Rocky Balboa, Mr. Sylvestre, Le K-Nard et les Spliftonnettes
09. Fais ça bien avec Supa John et Ryu MC
10. FONKedsimuler
11. Vous auriez la même réaction
12. Nous on M parfumer avec Marsha Kate
13. Vitfébi1fé
14. En toute illégalité avec BEdoubleS et S.O.B.
15. Faf's Groove
16. Douélude
17. Ça sent le barbak
18. Jusqu'à la prochaine rotation
19. Tu vas marcher avec Black Pimp Thomas, Driver et Le Fou La Merde
20. Bénin ga no mena
21. Je parle de mon Dieu avec Pastor Marvin Winans & The Charisma Gospel Church

Connaissant la complicité du célibâtard et du A au micro, les craintes autour du « Lubrifiant » sont faibles pour les amoureux de sirènes et de grosses basses tant que l'album ne se cantonne pas autour d'un seul thème comme sur « 50/50 » d'Aelpéacha et JL Tismé. En fait la seule chose dont j'ai peur (et c'est assez personnel) est une avalanche d'interludes reloues et pas très drôles, mais ça ne m'empêchera pas de faire tourner la galette tout l'été parce qu'avec le M et le A, ça glisse tout seul.




(p)&(c)Achim Shark 2010
187 prod

mercredi 28 avril 2010

Musique de décérébrés #08 - Tekitek

« Cours pieds nus sur un champ de mines à toute allure »
- Tekitek


Parce que dans un champ de mines être chaussé ou non fait toute la différence.




(p)&(c) Achim Shark 2010
Tékitek "L'envol du corbeau", street "Mes pelures sont plus belles que vos fruits" (2009)


jeudi 8 avril 2010

Quelque chose à propos de nous


Daft Punk - Something About Us
envoyé par Terminator2006. - Regardez plus de clips, en HD !

It might not be the right time
enfin je sais pas trop, t’as l’heure ?
I might not be the right one
il y a peu de chances
But there is something about us I want to say
reste à savoir quoi
‘Cause there is something between us anyway
de la distance ? Du mépris ?

I might not be the right one
en fait, c’est carrèment sûr
It might not be the right time
mais qu’est-ce que tu veux, quand on est relou, on est relou
But there is something about us I’ve got to tell
je sais pas trop parler, peut-être je l’écrirai
Some kind of secret I will share with you
parce que voilà quoi, je veux bien prendre un vent mais tout le monde n’a pas besoin de savoir non plus

I need you more than anything in my life
je me suis toujours contenté de peu
I want you more than anything in my life
t’es comme un lys au milieu des épines, y’a pas grand-chose de plus intéressant, tu vois
I miss you more than anyone in my life
la solitude n’est plus une maladie honteuse, je sais, mais ça n’empêche pas de vouloir guérir
I love you more than anyone in my life
enfin, te monte pas la tête pour si peu, tout ça c’est plus que les autres et les autres ne m’intéressent pas des masses non plus, la vérité est que je suis passé devant la boutique du joaillier et tu étais en devanture, la plus belle pièce de toutes, dans ton éclat j’ai vu mon reflet et depuis je ne songe qu’à toi mais je sais bien que tu n’es pas dans mes moyens et même si oui tu mérites un meilleur écrin, le mieux est que je m’efface dans l’ombre pour m'y faire oublier


La version où pose Nikkfurie est vraiment bien, il y recycle avec bonheur son couplet de « Mercure » qui est nul, lui.




(p)&(c) Daft Punk 2001/Achim Shark 2010
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner


et donc, pas en exclusivité, la version avec Nikkfurie dessus

mardi 6 avril 2010

Il aime parler de lui à la troisième personne

Achim Shark est né à l’aube des temps dans la noble cité d’Alcédéa, un endroit où régnaient la paix, l’amour et l’unité dans le plaisir sous le règne du sage Roi-Poète. Jaloux de leur prospérité, les voisins babyloniens firent résonner tocsins et tambours guerriers. Ils vinrent de nuit armés de cimeterres, détruisirent les murailles et brûlèrent la cité bénie. Achim Shark fut emmené captif, plongé dans une geôle obscure entre Sodome et Gomorrhe. Là, il aiguisât sa plume durant des siècles jusqu’à ce qu’il puisse échapper à ses bourreaux. Du moins, c’est ce qu’il aime à raconter. Il semblerait en réalité qu’il soit né il y a un peu moins d’un quart de siècle dans une petite cité balnéaire du sud de la France où il vécut une jeunesse banale et sans histoire. Sans réelle raison il lui arrive de multiplier vers boiteux et rimes bancales regroupés en des ensembles qu’il aime à appeler « poèmes ».

Rien d’intéressant en vrai.




(p)&(c)Achim Shark 2010
image tirée de Kreepy Kat par Alan Karr

dimanche 4 avril 2010

Kool Shen « Crise de conscience »

L'axiome selon lequel un rappeur annonçant sa retraite en grandes pompes ne tardera pas à tenter un come-back plus ou moins miteux semble se confirmer une fois de plus. 5 ans après « L'avenir est à nous » le passé rattrape l'inventeur de la sodomie verbale et fin 2009 il est back dans les bacs en solo avec « Crise de conscience ». Et là, la question critique intervient : mais pourquoi le double O revient-il ? JoeyStarr invité sur le refrain de « J'reviens » ayant laissé sa prestation inaudible nous voilà dans le flou le plus complet, un flou fécond en hypothèses plus ou moins pertinentes. Kool Shen a-t-il des dettes de jeu ? Devons nous y voir le retour du preux chevalier venu sauver un Hip Hop en mauvaise posture ? Est-ce un pari ? Si l'on me demande mon avis je dirai que cet album doit beaucoup de sa genèse à la crise de la quarantaine.

Enfin peu importe tant que la musique est bonne, me direz-vous avec raison. Seulement avant de mettre ce disque sur ma platine la crise était plutôt de confiance. En fait, à quoi m'attendais-je ? A des prods lourdaudes et peu inspirées ; à des morceaux pour jeunes de 15 ans, un peu démagos et moralisateurs parce qu'à 40 ans on rigole plus t'as vu ; à un flow unique et des plus basiques ; à un produit à propos duquel j'aurais dit « il y a de l'idée, il faudra creuser à l'avenir » à propos d'un MC débutant mais profondément décevant de la part d'un vétéran au passé glorieux comme celui de Kool Shen. En bref, un album jetable, aussitôt écouté, aussitôt oublié. Et lorsqu'une heure plus tard le disque cessa de tourner, qu'y avais-je trouvé ? Exactement cela, comme quoi, on dit toujours du mal des préjugés mais parfois il faut savoir s'y fier.




(p)&(c) Achim Shark 2010

vendredi 2 avril 2010

Rapapodcast #28

Les rapapodcasts sont des playlists (principalement rap) visant à faire découvrir des nouveaux artistes ainsi que des titres phares du Hip Hop. Elles sont présentées à titre gratuit dans un but promotionnel sur le site www.rapanization.com. Je mettrai sur mon blog les rapapodcasts que je réaliserai moi-même. Si vous disposez des droits d'un morceau ou êtes un représentant des ayant droit et que vous souhaitez la disparition d'un morceau, écrivez-moi à achim_shark[at]hotmail.fr.


Je suis très loin des maîtres du genre, mais j'ai découvert que des gens échouaient sur mon blog à partir de recherches carrèment cheloues. J'ai donc envie de vous servir un florilège de recherches amusantes qui débouchent ici pour des raisons plus ou moins explicables. J'en profite pour remercier ces valeureux scouts Googleliens (et autres moteurs de recherches, on respecte les minorités ici) qui rendent le monde internestique plus fascinant encore lorsque nous nous tentons à saisir le cheminement cérébral qui mène à des recherches type "le fermier et t'il payer double?". Merci, merci, merci, vous êtes trop géniaux comme m'écrivit une charmante demoiselle il y a peu.

*carmen maria vega rasée
*ta fouf signification
*vous reprendrez bien un peu de ma méchanceté, elle est gratuite
*(disney) rien ne prouve que la mère de bambi est morte
*achim le terroriste mort
*blog sur message caché du hip hop
*crois pas ta fouf si elle prétend plu se rappeler du nom d'mon gang
*créer un sek
*decrypter le message caché dans le mail
*dessinime de cache
*doudou masta - nous racontes pas ta vie sur sky
*elder heckmann
*elles dansent torse nue
*faon gay
*jay z mormons
*la skunk qui tue
*larmes de destruction passive
*le fermier et t'il payer double?
*les gougous règnent en maîtres juste là là ! (attention aux imitations) ...
*musique de rohff on ma pell rohff
*nouveau axe twiste parce que les putes se lasse vite
*pourquoi chercher une karlouche alors qu'ils ya tant des belles soeurs
*sculpteur à ouvéa célestin tiaou néophite kapoa
*shark bouteille
*shark pour les levres
*sharking masturb
*sharknoel
*super kerer se sangoku en jeu
*the sharking ou comment embéter les filles dans la rue!
*tortue génial touche les seins de bulma
*tricher au breakbeat facebook
*tronconneuse etranger shark
*twiste année 80
*un baton noel shark
*un français sur le boul'mich caricature de markous


Et parce que je suis décidément très généreux je vous présente en avant-première le 28ème Rapapodcast :

Rapapodcast #28 :

01 - Clipse - Freedom (2009)
02 - La Canaille - Fighting music (2009)
03 - Lil' Wayne feat Eminem - Drop the world (2010)
04 - Hi-Tekk - Petite créature de poche (Langage computer) (2009)
05 - IAM - L'Empire du Côté Obscur (version originale) (1997)
06 - Serge Gainsbourg x Rocé - Mélody par coeur (Granpamini mash-up) (2010)
07 - Can't Stop Won't Stop - Put yo name on it ! (2010)
08 - La Spirale - Anarchie (2008)
09 - dDamage feat Existerio - Shimmy shimmy blade (2006)
10 - Freeway - ALK (2010)
11 - Nikkfurie x Jay-Z - Blue magic (Wanabi mash-up) (2008)
12 - Taipan feat LX - Paria (2009)
12 - Booba - Salade tomates oignons (2008)
13 - Busta Flex - Majeur (original+live) (1998)
14 - Suprême NTM feat Psykopat - Popopop !! (live) (1995)


rapapodcast #28.mp3

durée : 47mn 33s




(p)&(c) Achim Shark 2010
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

mercredi 31 mars 2010

« Je vous aime. » C'est vrai ? Je commencais à en douter.

La nouvelle vient de tomber dans un bruit assourdissant tel le marteau sur l'enclume du maréchal-ferrant. Le rap français était au milieu, chauffé puis frappé pour se modeler de la manière voulue. Refroidi et prêt à l'usage, l'oeuvre prend corps et sens : "Je vous aime", le premier album de Taipan (on parle de lui en bas là, là aussi, encore là et on peut même l'entendre ici et ) sortira (enfin) de la suie de l'artisan pour enchanter le monde le 8 mai (j'espère 2010).

Un message de Taipan from LZO records on Vimeo.



(p)&(c) Achim Shark 2010
LZO records
MySpace Taipan
Facebook Taipan

jeudi 25 mars 2010

Prom Queen

I ain’t got any dates
I’m here to check my mates
I’m close to the wall, keep the head down
Avoiding Prom Queen wearing her crown

I ain’t got Converse fashion
How would I pay ?
I ain’t got conversation
What would I say ?

No way she has noticed me
She thinks she dances like Beyoncé
She’s so prideful with her fiancé

I’m the shadow that nobody see
I spit on the ground, say I hate them so much
My soul has drowned, I loved her too much.




(p)&(c) Achim Shark 2010
dessin par Franquin extrait des Idées Noires

samedi 20 mars 2010

La punchline la plus classe du monde

Aujourd’hui j’ai découvert la punchline la plus classe du monde. Elle ne fut point dite par Georges Abitbol sur l’archipel de Pom Pom Galli comme on aurait pu le penser mais par mon oncle qui dit ceci « Une visite c’est toujours agréable. Si ce n’est pas quand les gens viennent, c’est au moins quand ils repartent. » C’est quand même dommage que je n’ai découvert ceci qu’une fois qu’il soit mort, mais c’est ainsi. Et puis j’aimerai parler d’un autre punchliner trop classieux, le Baudelaire de la chanson française, à savoir Hubert-Félix Thiéfaine.

Pourquoi cette comparaison Baudelaire/Thiéfaine ? Tout simplement parce que je relis les Fleurs du Mal en ce moment. Et puis, sérieux, on peut trop faire des liens entre les deux. La preuve ? Les deux trouvaient leur inspiration dans des paradis artificiels, multipliaient les visions oniriques, cultivaient un certain goût pour les métaphores sombres et dérangeantes mêlé à une volonté certaine de choquer, tous deux ont fait leur la langue française, l’ont triturée dans tous les sens pour en sortir toute sa beauté, toute sa dureté. Et puis surtout les deux sont des génies.

Alors oui, d’accord, Thiéfaine c’est avant tout le Thiéfaine de la chanson française, mais quoi qu’en dise les jolies filles, j’aime. Et beaucoup en plus. J’aime sa musique, j’aime sa plume, j’aime sa manière de frôler la vulgarité pour toucher les plus sublimes cieux de la poésie.

« Manipulez-vous dans la haine et dépecez-vous dans le joie, le crapaud qui criait je t'aime a fini planté sur une croix »
« Les partouzeurs de miss métro patrouillent dans les souterrains mais ils rêvent d'être en hélico à se faire du nègre et du youpin »
« Je né d'une vidange de carter séminal dans le garage intime d'une fleur sentimentale »
« La solitude n'est plus une maladie honteuse »
« La vie c'est pas du bubble-gum mais rien que le fait de respirer ça me fout des crampes dans le sternum »
« Une fille dans chaque port et un porc qui sommeille dans chaque salaud qui rêve d'une crampette au soleil. Et les meufs ça couinait juteuses et parfumées dans le bleu carnaval des printemps cutanés. J'en ai connu des chaudes à la bouche animale à genou dans les toilettes ou dans la sciure des stalles. Hélas pour mon malheur j'en ai connu des pires qui voulaient que j'leur cause en mourant d'un soupir. »

Trop de punchlines, trop de swag, trop de classe.

Mon best-hier à moi parce que Thiéfaine c’était mieux avant (vu qu’il ne fait pas grand-chose maintenant)

01 - Soleil cherche futur
02 - 113ème cigarette sans dormir
03 - Critique du chapitre 3
04 - De l'amour de l'art et du cochon
05 - Les dingues et les paumés
06 - 542 lunes et 7 jours environ
07 - Scandale mélancolique
08 - L'ascenseur de 22h43
09 - Mathématiques souterraines
10 - La fille du coupeur de joints
11 - 22 mai
12 - Confession d'un never been
13 - Taxiphonant d'un pack de kro
14 - Je t'en remets au vent
15 - La cancoillote
16 - Alligator 427
17 - Le chant du fou

Et sinon, rien à voir mais on a fait péter les 10 000 hits (dont 9 990 par moi)

"mais cette image est dégueulasse !" Ben oui


(p)&(c)Achim Shark 2010

mercredi 17 mars 2010

Je ne peux pas arrêter (je ne le ferai pas non plus)

Je ne sais pas si c'est parce qu'ils sont d'Utah (encore pire : de Provo !) et qu'un groupe de rap mormon a toujours fait partie de mes rêve d'Hip Hop addict fou, ou si c'est parce qu'un des membres porte une cravate rose, la même que celle que j'utilise pour montrer mon côté sensible mais j'ai envie de partager mon enthousiasme à propos de Can't Stop Won't Stop la "tempête Hip Hop basée à Provo, UT" comme ils aiment à dire.

Alors je le fais evidemment mais Can't Stop Won't Stop c'est qui, mais c'est quoi ? Davey Hawkins, David EFF Peterson & The Untouchable DJ Kidd Widd, trois blancs probablement mormons sortis d'un endroit étrange nommé Provo (enfin ils auraient pu être de Bountiful) qui font du rap très funky qui sent bon les 80's. Dès les premières mesures on sent que les mecs ont bouffé du Run DMC, Grandmaster Flash and the Furious Five, Sugarhill Gang et Beastie Boys jusqu'à l'indigestion. Autant se le dire de suite, niveau thématiques, c'est pas très profond, c'est festif et positif, sans plus et au niveau MCing il y a des lacunes c'est clair. En fait, à la première écoute j'ai trouvé ça très naze. Et puis je suis tombé sur "Put yo name on it !" et j'ai accroché à fond et ai pu rentrer dans le délire. Au final, c'est frais, efficace et bien produit, ça sonne pas aussi poussiéreux qu'on pourrait croire et ce fut le seul interlude durant les trois jours où c'était "Gangster daltonien" (Nikkfurie x Jay-Z) non stop, ce qui est déjà un exploit en soi.

Donc, j'aime, j'approuve et j'annonce "Put yo name on it !" dans le prochain Rapapodcast qui sortira de ma maison.

Put Yo Name On It!byRootMusic

Can't Stop Won't Stop x Soixante-et-un
Can't Stop Won't Stop x Livre-facial
Can't Stop Won't Stop x MonEspace




(p)&(c)Achim Shark 2010

vendredi 5 mars 2010

Musique de décérébrés #07 - Rim'K

« Fuck ton pote [...] s'il est attiré par les hommes. »
- Rim'K


Ca lui fera plaisir, à n'en point douter.




(p)&(c) Achim Shark 2010
Mafia K'1 Fry "F.U.C.K ton pote", album "La cerise sur le ghetto" (2003)
image tirée de xkcd par Randall Munroe

mercredi 3 mars 2010

Sous la pluie

Rêveur, trempé en cette nuit non étoilée
Oubliant le froid, la pluie, je songe à toi. Les
Pleutres en leurs demeures cherchent abri ; des toits laids
Leurs masquent ton visage par la beauté voilé.

Je sens les gouttes, elles coulent puis me mouillent
Mais que vaut la pluie face à la fille des dieux ?
Glisse un sourire sur ma face de gargouille
L'immondice des enfers a touché les Cieux

Car j'ai vu en quel lieu les étoiles avaient fui
Elles luisent en ton iris ; je plonge en ce puits
Lumineux. Seule ta présence chasse la nuit.

Interdit je bégaye, ma peau devient blême,
Noyé en tes yeux je peux y lire des poèmes
Et sur tes cheveux je veux poser un diadème.




(p)&(c) Achim Shark 2010
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

lundi 1 mars 2010

Les Mormons sont trop fous

 

Vous en réviez : un tongien énorme répondant au nom de Big Buddah à une foire pour la sécurité enfantine où les enfants font l'alliance de toujours mettre leur ceinture en mettant des lunettes chelou sur le nez pour connaître l'effet de l'alcool en conduite. Trop cool. Mes projets d'avenir sont ovaire now : il faut que j'aille en Utah, c'est obligé. En plus si je suis bourré Alicia peut conduire. Elle se débrouille drôlement bien, elle a même décanillé un keuf au lieu de lui sortir une excuse toute naze parce qu'elle envoie un sms en même temps.




(p)&(c) Achim Shark 2010

samedi 27 février 2010

Musique de décérébrés #06 - Kool Shen

« Pour notre part ce ne sera pas "Fuck the Police" mais un spécial nick ta mère de la part de la mère patrie du vice. »
- Kool Shen


Parce que sortir cette phase et deux couplets plus tard terminer le morceau par un fameux « Nique la Police ! » c'est faire preuve d'une finesse d'esprit qui me dépasse.

Et si je voulais être méchant je pourrai dire que me retrouver dans un lit avec contre mon corps la chair flasque et la moustache sale de Marcel Patulaci, brigadier-chef et gardien de la paix avant tout ne fait pas partie de mes fantasmes. Mais je ne le dirai pas parce que je suis super gentil et que en plus j'ai gueulé ça avec tout le monde lors de leur concert histoire que ça résonne dans l'hôtel de police jouxtant la patinoire et je ne m'en suis pas plaint.




(p)&(c) Achim Shark 2010
Suprême NTM "Police", album "1993...J'appuie sur la gachette" (1993)
image par les Haterz

vendredi 26 février 2010

Aelpéacha, Splifton : macro est le mode !

Aelpéacha, roi de la ville du joint, quelle évidence me diriez-vous. Et bien vous auriez bien raison car c’est complètement le cas. Aussi, laissons les pétasses pétasser, passons chez le druide le plus proche pour se procurer du liquide bienfaisant et allons ride sous shit, on a la gangxta shit du A, et c’est bien suffisant. Pour fêter mon tout nouveau t-shirt Splifton et offrir un cadeau pas cher à un pote pour son anniversaire, je me suis bricolé une petite compilation de titres marquants du Val2Marne Rider avec la pochette qui va bien et je vous l’offre généreusement à vous aussi parce que je vous aime. Oui, oui. Une compilation éducative où nous apprendrons en vrac à gérer une crise menstruelle, rapeller à la catin racolée au bord de la RATP comment se comporter dans la voiture d'un rider, l'importance du réchauffement climatique, comment choisir sa couleur et beaucoup d'autres choses nécessaires plus qu'utiles, le tout copiable sur CD-R pour tourner en boucle dans le hood :

Aelpéacha « King of Splifton »

01 – Alpha vs le A (3°partie)
02 – Cash Sex Ride Drogues (avec CSRD)
03 – Casse pas l’ambiance
04 – Tout le monde (avec MSJ)
05 – Pour le réchauffement
06 – Façon California (avec Driver et MSJ)
07 – Mais c’est qui, mais c’est quoi ?
08 – Mlle Bonmatos (avec Ryu MC et MSJ)
09 – Y’a pas que la chatte (remix) (avec JL Tismé, MSJ et Supa John)
10 – Pas le temps (avec JL Tismé)
11 – J’ai de la gangxta shit
12 – 1x 2x 3x
13 – Rider otop (avec Papillon et MSJ)
14 – Couleurs
15 – Rider c’est pas facile (2° difficulté) (avec Driver, JL Tismé et Taro OG)
16 – 1 B ou 1 C (avec Le Fou la Merde)
17 – Jamais grandir (avec Pimp Psy et MSJ)
18 – Le bon vieux temps (Golden Throat Version)

Textes, musiques, enregistrements, mix et mastering par Aelpéacha au Studio Delaplage.




(p)&(c) Achim Shark 2010

vendredi 12 février 2010

Musique de décérébrés #05 - Taipan

« J’écris mieux que toi quand je pisse dans la neige. »
- Taipan


Et on se demande en quoi la beauté de son écriture urinale est une preuve éclatante de supériorité, à moins que les rappeurs français ne fassent des concours de pisse calligraphique dans la neige (mais c'est pas vraiment le genre de choses que je désire savoir).

Mais bon, je cherche la bête, en vrai tout le monde comprend ce qu’il veut dire même si en pratique ça n’a aucun sens, la magie de punchline dirons-nous. Ainsi la prochaine fois qu’on dira « Marc a sûrement des talents lui aussi » je répondrai hardiment « J’écris mieux que toi quand je pisse dans la neige crevard ! » Et blam, dans les dents.




(p)&(c) Achim Shark 2010
Taipan "La punition", mixtape "Punchliner" (2009)

mercredi 27 janvier 2010

Rapapodcast #26

Les rapapodcasts sont des playlists (principalement rap) visant à faire découvrir des nouveaux artistes ainsi que des titres phares du Hip Hop. Elles sont présentées à titre gratuit dans un but promotionnel sur le site www.rapanization.com. Je mettrai sur mon blog les rapapodcasts que je réaliserai moi-même. Si vous disposez des droits d'un morceau ou êtes un représentant des ayant droit et que vous souhaitez la disparition d'un morceau, écrivez-moi à achim_shark[at]hotmail.fr.


- Et hop ! Un nouveau podcast, et un spécial la Caution madame !
- Tiens donc ! Et pourquoi ?
- Parce que.
- Ah, d'accord...

Rapapodcast #26 :

01 - La Caution - Main courante (2002)
02 - La Caution - Dernier train (2005)
03 - Les Cautionneurs feat. Gzav' - 93 km/h (radio edit) (2007)
04 - La Caution - Majeurs à l'index (2005)
05 - La Caution - Souvent (2001)
06 - Crash test (Château Flight&la Caution) - Crash test (2002)
07 - La Caution - Glamour sur le globe (2005)
08 - La Caution - Toujours électriques (2001)
09 - La Caution - Faut-il ? (2005)
10 - Les Cautionneurs - Prends-en de la graine (2007)
11 - La Caution - Peines de maures (2005)


rapapodcast #26.mp3

durée : 40mn 16s




(p)&(c) Achim Shark 2010


Quand j'étais au plus bas... -> bonus pour fêter les 150 articles !

dimanche 24 janvier 2010

Conversation

- Look! This ship is sinking!
- Which one is it?
- Friendship.

- How could it be? It had to face the furious anger of winds of deception, tribulation and tension but it never cracked, it always kept going forward.
- It could not resist to the smoothest but yet deadliest of them all: Time.

later
- Look! There is something in the bottom of the lake.
- It looks like a sunken vessel. Wait... I can hardly see some writings on the hull.
- Let me try: “Friend…ship…”
- Friendship? What is it?
- I don’t remember.




(p)&(c) Achim Shark 2010

vendredi 22 janvier 2010

Quatrains épars

Rêveur, trempé, en cette nuit non étoilée,
Oubliant le froid, la pluie, je songe à toi ; les
Manants en leurs murs se réfugient : des toits laids
Y règnent, leur cachant ton visage par la beauté voilé.

***

Ma compagne ? Solitude : triste épousée !
Je promène mon cafard dans les rues endormies
De cette nécropole sordide accompagné
Par cette seule amante : Mélancolie.

***

Poètes en quête d'inspiration
Trouvent en cette décoction
Le suc de leurs chansons
Le sucre de leurs poisons

***

Charles.
Les brésiliens parlent :
« Quel est celui-là ?
Il a de l’art le
Séducteur de la
Luciana. »

***

Trouvons une terre riche de paix et non d’or,
Hélons les vents, nous serons portés par ceux du Nord.
Elevons donjons, forts et contreforts
Rassurants face aux ennemis du dehors
Et par notre vie narguons la mort.

***

Depuis longtemps les oiseaux se sont tus,
Les bourgeons de pousser ont oublié.
Vieux avant l’âge, il s’est replié,
Sa sève s’est asséchée, son cœur s’est tu.




(p)&(c) Achim Shark 2010

mercredi 20 janvier 2010

Aelpéacha « Le pèlerinage (Golden throat edition) »

Janvier, la neige, le froid. On a beau lever le pot d'échappement dans les airs le réchauffement climatique tarde à venir et avec lui les mini-jupes de février. Cruelle destinée pourrai-t-on croire mais à Splifton les barbecues d'hiver ne font pas peur et nous y sommes cordialement autant que musicalement invités par le A grâce à la golden throat edition (sortie en janvier 2009 mais ressortable lors de chaque période de froid) de l'album chef-d'oeuvre « Le pèlerinage ». Tandis que les incrédules sont labourés par la peur et par l'étonnement les plus intrépides s'approchent de ce phénomène climatique inexpliqué. Golden throat edition ? Qu'est-ce donc ? Plus qu'un simple album de remix, toutes les instrus ont été retouchées dans un délire plus acoustique, certaines reprennent l'instru d'origine avec un arrangement différent tandis que d'autres sont toutes nouvelles toutes belles, le tout a été reposé avec quelques nouveautées (nouveaux couplets, nouveaux intervenants). Le tout est appuyé par SOB à la guitare et à la talk-box prouvant une fois de plus, s'il le fallait encore, que parler talk-box en France c'est parler SOB. Point barre. On remarquera quelques inédits (à moins qu'ils ne soient sur la mixtape Pèlerinage). Comme c'est généralement le cas dans ce genre d'exercice les nouvelles mélodies souffrent de la comparaison à leurs aînées à l'exception de l'explosive nouvelle version de « Rider otop », néanmoins, la GTE jouit d'une impression de spontanéité et de fraicheur bienvenues. Moins indispensable que son prédécesseur, peut-être, mais pas inintéressant pour autant, le plaisir et le soleil sont assurés et comme dit le vieux proverbe « qu'importe la caisse pourvu qu'on ai la ride ».




(p)&(c) Achim Shark 2010

lundi 18 janvier 2010

Method Man&Redman « Blackout ! 2 »

« Return to the 36 chambers », « The legend of the liquid swords », « Only built for Cuban Linx pt 2 », « Tical O : The prequel »... Le Wu et ses membres ont toujours su recycler les titres des moments forts de leurs discographies et lorsque l'homme méthodique du Wu-Tang et l'homme rouge du Def Squad se retrouvent pour un deuxième album commun, pourquoi se prendre la tête ? « Blackout ! 2 » est né. Mais ce titre n'est-il pas symptomatique d'une volonté de vivre sur les acquis du passé quand le présent est loin d'être brillant ?

Bien mal nous a pris d'être soupçonneux et mauvaises langues car Red&Med nous offrent un très bon album qui n'a pas grand-chose à envier à son prédécesseur de la décennie précédente. Ca rappe sec, dur, bien et avec des grosses voix pour notre plus grand plaisir. Pour ce nouvel effort commun un nombre impressionnant de producteurs ont été plébiscités et pas des moindres (Havoc, Pete Rock, Erick Sermon, Rockwilder, Mathematics...) pour un résultat très new-yorkais agrémenté de quelques essais Dirty South réussis (le très bon « City lights » avec Bun B). L'album n'est pas exempt de défauts (longueurs, redondance, certains titres passables) mais est globalement très bon, à écouter sans risque.




(p)&(c) Achim Shark 2010

samedi 16 janvier 2010

Grain 2 Caf « Thomas Traoré »

« L'homme qu'a rappé 'Week-end à Meda' et 'Pénu' dans cet album se met à nu. Enfin, pas au point que tu vois mon anus ! » Après trois excellents albums avec Octobre Rouge, Grain d'Caf se lance dans l'aventure solo et fin 2009 débarque « Thomas Traoré ». Un des prénoms les plus communs d'Europe associé à l'un des noms de famille les plus communs d'Afrique, deux mondes plus habitués à être placés dos-à-dos mais un pont est jeté : Grain d'Caf, Thomas Traoré pour l'état civil. Appeler son album de son vrai nom n'est pas anodin, la volonté du MC est clairement de se livrer sans ambages. On pourrait craindre alors un album un peu lourd plein d'introspections chiantes sauvées par une « sincérité » qui a bon dos. Mais ce serait bien mal juger le grain de café du XIX° qui sur cet album suit la même ligne suivie par OR, livrant des textes travaillés, avec un point de vue original assaisonné d'humour pour un flow impeccable. Le fond et la forme travaillent ici de concert, pas besoin de chercher une quelconque concurrence.

Trentenaire depuis peu, « Thomas Traoré » est en quelque sorte un disque bilan, intelligent et bien conçu que tous pourront apprécier, quelque soit leur âge. Même ma nièce de 2 ans kiffe, et veut toujours augmenter le volume ! Car avant tout le disque est agréable à écouter, même sans écouter les textes, grâce à des prods variées et globalement inspirées appuyées par un flow tout-terrain. Derrière les machines on retrouve donc Tony (Puzzle), JC (qui a notamment travaillé avec OR sur « Là où ça fait mal »), D-ego (un des rares en France à savoir utiliser un synthé), Tido Berman (TTC), JM Dee (Disiz la Peste), Drixxxé (Triptik), Chimiste (La Cliqua), Nerubi (connaît pas) et Voodoo (Octobre Rouge). Les ambiances se suivent mais ne se ressemblent pas, on passe du jazzy « Trente nerfs » à l'électro minimaliste et froid du « Négronomie » de Tido Berman avant de plonger dans le rock du « Choix de vie ». « Arraches-toi de moi » et son sample soul sont digne au « Blueprint » de Jay-Z, « 3 secondes pour me racheter » est une nappe de synthé froide parfaite, « Miroir » est lui dans un ambiance très tribale plus ou moins dans la lignée du « Fréquence interdite » d'Octobre Rouge. Enfin bref, les ambiances, les sons, les influences s'entrechoquent, s'entremêlent et pourraient menacer l'unité du disque mais Grain de Caf maîtrise sa barque, et mène son disque où il le veut. Loin de se gêner, les différents styles se télescopent pour dévoiler au mieux la personnalité complexe de Thomas Traoré.

Car c'est bien de lui que l'on parle ou plutôt lui qui parle sur des sujets variés, la crainte de l'amour destructeur sur le magnifique « Arraches-toi de moi », son lien d'amour/haine avec son poto Bédoman qui « masse [ses] cervicales » sur le juste « Au suivant », la trentaine sur « Trente nerfs », son goût en sapes sur « Miroir », une ode au cunnilingus avec « L'infirmière », le « Rêve enterré » de Martin Luther King et la montée des communautarismes sur une instru chorisée envoutante ou encore ce (ceux) qui le pousse à continuer à rapper sur le péchu « Des histoires comme celle-là » et la géniale intro « Introspection ».

Le rapport à l'argent et les manières légales ou illégales de l'obtenir reste le thème central de l'album, introduit par l'excellent « Négronomie ». Froid et dur à souhait, Grain pose les bases de sa réflexion sur la difficulté d'être noir et d'avoir des biens en France, « On est bon pour soulever des cartons, avoir des hernies discales ; négro soit ton propre patron et t'as un contrôle fiscal ». On y brasse beaucoup de thèmes qui se révèlent récurrents, la place des noirs en France, l'argent légal ou illégal ... Un peu dur d'accès par son aspect très dur et son instru particulière, « Négronomie » devient vite obsédant (dans le bon sens du terme). Cette réflexion est suivie par une étude de cas : la sienne (on l'a sous la main, profitons-en) avec « Choix de vie » où Grain raconte son parcours en université de droit en parallèle avec le parcours d'un autre étudiant issu de son quartier. Les deux ont la chance de quitter leur zone pour faire leurs études dans une fac de qualité et commencent à s'intégrer avec d'autres jeunes de la rive gauche, « la voie royale pour l'embauche ». Les gens commencent à demander où trouver du shit, parce qu'il y en a plein dans le XIX, il paraît. Alors que la collègue du jeune Thomas décide de se focaliser sur les études, celui-ci saute sur l'occasion pour se faire du blé, ce qu'il fait avec succès. Au début tout cela lui paraît très bien mais finalement, des années plus tard, il réalise que ses choix de l'époque l'a empêché de se construire un futur stable et libre de soucis financiers, d'autant qu'il se retrouve au tribunal où Mme le procureur n'est autre que son binôme du quartier. « Ma soeur, c'est juste des choix de vie, si on retrouve ici c'est parce qu'on l'a choisi ». Le thème se poursuit avec « 3 secondes pour me racheter » qui se focalise plus sur le cercle vicieux d'un tel style de vie, les raisons de le choisir et la difficulté de revenir en arrière une fois qu'on y est engagé.

Le choix est donc là : argent facile et illégal ou légal et plus long à obtenir. Quelle voie choisir ? Loin de jouer le moralisateur, le grand repenti ou quoi ou qu'est-ce, Grain se contente de poser la question et nous laisse la réflexion. Ce qu'il ne faut jamais oublier en écoutant Grain de caf (et Octobre Rouge en général) c'est qu'il faut faire attention aux différents degrés du discours.

Malgré toutes ses qualités l'album souffre de quelques défauts, notamment l'instru fatigante du « Comte de Paname », quelques phases faciles et enfonçage de portes ouvertes (« Tout est à vendre » par certains aspects), des feats pas toujours au niveau (Oxmo déçoit) et d'autres titres un peu dispensables (« Miroir », « L'infirmière », mais c'est peut-être juste pas mon genre de délire). Néanmoins l'objectif est atteint, nous avons là un album sincère, juste, intelligent, bien produit, bien rappé, sans tomber un passéisme lourdingue.

Le disque se termine avec le titre éponyme « Thomas Traoré ». Un prénom européen, un nom africain, je me répète. On parle beaucoup d' « identité nationale » en ce moment et Grain rec herche son identité personnelle, qui est bien plus essentielle. Noir en France, Blanc en Guinée, où est la place du métis ? Finalement il a choisi la meilleure part « Mon camp n'est pas une race mais la volonté de vivre ensemble ».




(p)&(c) Achim Shark 2009

jeudi 14 janvier 2010

Octobre Rouge « Votez pour nous »

S'il ne fallait garder que trois voitures de l'histoire de l'automobile française ce serait sans doute la 2CV, la Traction et la DS. Trois Citroën ! Qui l'eut cru ? Pas moi en tous cas, mais je pense qu'après réflexion peu viendront contredire mon axiome.

Sur la rocade du rap français se sont encore ces véhicules-là que l'on peut croiser. Derrière un volute noirâtre une foule de Deux Chevaux s'avancent dans laquelle les chauffards du dimanche n'ont de cesse de grogner dans leurs barbes contre les mauvais conducteurs qui les entourent et les freinent sans se rendre compte qu'ils se noient dans la foule moins par manque d'éclairage que par une ressemblance bluffante avec la masse. Embrayage, passage de vitesse, coude à la fenêtre, il pense être classe avec son autocollant « Never change » sur le pare-brise, le son est fort, conscient en 98, dirty suce en 2008, il arbore lunettes de soleil en pleine grisaille pour pouvoir suivre discrètement ceux qu'il conchie, ceux qui ont réussi à sauter en Traction, souvent sponsorisés par Skyrock. Ceux-ci ont l'oeil dans le rétroviseur gueulant sur tous ces abrutis qui ne font que les suivre. Peut-être ont-ils peur que l'on découvre qu'eux-mêmes ne sont que tractés par General Motors qu'ils copient pâlement. Seulement à s'observer en chiens de Fayence en permanence ils ne remarquent pas que leur route les mènent au même endroit : un mur.

Et puis il y a ceux qui s'en foutent. A l'aise dans leur DS ils « ken les américaines et mettent à l'amende les grosses allemandes ». Grâce à leurs phares tournants ils aperçoivent les sorties et s'extirpent du périphérique de la médiocrité pour suivre leur propre route. Slalomant dans les rues de Paris à bord de leur « Cadillac française » les Octobre Rouge sont de ceux-là et nous servent donc leur troisième album « Votez pour nous ». Celui-ci suit la démarche artistique exigeante de ses prédécesseurs allié à volonté d'ouverture. Le difficile mélange à tendance à se faire harmonieusement et la voiture continue sa route sans caler.

Sur ce nouvel album on retrouve tous les thèmes récurrents d'OR, ainsi « Hydro » est la suite logique du « Ien » sur « Là où ça fait mal » et à « Home shit home » sur « 24/7 ». « Balance-toi » suit « les cent ciels » et « OTLO » ; « 75000 » à « Nuits blanches » ; « J'quitte le tiékar » suit « Malgré tout j'l'm » ; « Prends le gen-ar » suit « Décollement pulmonaire » et « Ainsi font font » ; « Que tout ça change !! » suit « Diagnostic » et « L'Enfer ». Ceci n'est pas pour critiquer une quelconque redondance, déjà parce que si on devait cracher sur tous les rappeurs qui disent toujours la même chose on n'aurait pas fini mais surtout parce qu'à chaque nouveau titre les mêmes thèmes sont traités de manière différente, d'un nouveau point de vue et permet de voir l'évolution du groupe. Ca à beau tourner toujours des mêmes choses (la rue, le biz, Paris...) on ne tombe jamais dans la redite.

Au niveau MCing, Grain de Caf et LOGAN sont comme d'habitude d'un niveau excellent, évolutif et juste. Au début la présence accrue de Voodoo m'a fait un peu peur mais finalement il s'est nettement amélioré et oue dans la même catégorie que ses deux collègues. Au niveau des prods, c'est très éclectique, ça part d'un titre tribal, agressif et jouissif comme « Fréquence interdite » à une ambiance lourde, menaçante et sudiste sur « 75000 ». Une volonté d'être plus accessible et plus dans la tendance sudiste se ressent mais le résultat est convainquant, ceux aux manettes (Richie, La Plakn D.Ego, DJ Manifest, Voodoo...) maîtrisent parfaitement leur truc, c'est solide, la qualité est là. Je regrette juste que le génie de la MPC JC ne soit pas présent sur ce projet parce que l'empreinte qu'il a laissée sur « Là où ça fait mal » m'a beaucoup plu.

Peut-être toujours dans cette volonté d'ouverture on retrouve un peu plus d'égotrips qu'avant avec le très bon « Fréquence interdite », « VRAIS » ou « Colekt'OR » (une ode à leur label qui fête ses dix ans d'indépendance et de qualité). On a droit à un titre étrange « Accordés », où chaque membre se vante d'être toujours bien habillé, accordé. Personnellement ce n'est pas du tout mon délire, les sapes, tout ça, mais l'humour, la verve des MC's, l'instru bien catchy en font un titre super agréable, s'ensuit « DS », un autre titre bizarre en l'honneur de la Citroën DS (je vous avais dit qu'ils roulaient dedans !). Mais en soit ces titres ne font pas tâche dans la discographie du groupe où l'humour et la légèreté à toujours eu sa place. Sur les autres titres l'ambiance est bien plus lourde et oppressante (« 75000 », « Que tout ça change !!! », « Une vie de rêve »).

Octobre Rouge est un des rares groupes à avoir une écriture compréhensible sur plusieurs degrés et un titre comme « Votez pour nous », musicalement parfait, révèle de plus en plus de richesse au fur à mesure des écoutes, où chacun trouvera des significations différentes. Bien que je le trouve un poil en dessous de « Là où ça fait mal » Octobre Rouge nous offre encore un excellent album qui se bonifie avec l'âge et les différentes écoutes.




(p)&(c) Achim Shark 2009

mardi 12 janvier 2010

Taipan « Punchliner mixtape »

« Vous voulez la qualité ? Devinez qui est de retour. »

On en parlait il y a peu, Taipan se prépare depuis son pays haut à changer la face du rap au moins hexagonal et en attendant « Je vous aime » prévu début 2010 sortait ce mois-ci une mixtape, « Punchliner ». Voici donc 28 titres mêlant quelques anciens titres avec (principalement) des inédits. Première bonne surprise, ici juste une face B, à part ça toutes les prods sont originales, composées en majorité par CHI, mais également par Taipan lui-même, Lartizan ou DJ Mig One. Celles-ci sont globalement bonnes (voire très) mais certaines se placent nettement en dessous (« Prétentieux, prétendant » par exemple). Les ambiances sont assez actuelles, beaucoup de claps, de synthés et un peu (à mon goût déjà trop) d'autotune ; mais ce n'est pas la seule texture musicale, c'est quand même très varié avec par exemple le remix épique de « Debout là-dedans » ou l'ambiance g-funk à souhait de « Smoke me out ».

On retrouve également un nombre imposant de featurings, principalement avec le crew luxembourgeois LX, vivier de MC's aux niveaux très variables qui offre quelques perles (« Paria » surtout, difficile d'en revenir) mais aussi quelques lourdeurs (les prestations de Lil'Star, « Nuage de plantes »). On notera également la présence de Rachid Wallas, de Bolino sur le drolatique « Tu m'emmerdes avec ta musique » ou Soklak sur le hit du skeud « Je commence demain », ode au chômage mené tambour battant par deux MC's de grand talent.

Comme l'indique le nom, le concept est très égotripé dans une recherche constante de performance, et pas de mauvaise surprise, derrière le micro Taipan est toujours au poil. Pour éviter une fatigue quant à la redondance de ce genre de délires quelques thèmes plus personnels ou autres viennent -bienvenus- aérer régulièrement le disque. Ecouter Taipan sur un projet plus long qu'à l'accoutumé permet de mieux cerner le personnage et certains défauts transparaissent, principalement une récurrence de refrains chantonnés pas très efficaces et fatiguants.

Un truc très personnel pour finir, le mix de la mixtape est vraiment minimal, les titres sont simplement légèrement enchaînés et la quasi-absence de scratches est regrettable. En bref, une tape de qualité, pas indispensable mais qui confirme le bien que l'on pensait de Mr Ponds.




(p)&(c) Achim Shark 2009
Myspace Taipan
LZO records


dimanche 10 janvier 2010

Croassement au-dessus d'un nid de coucou

Il était une fois un crapaud qui rêvait d'être un prince. Il ne cessait de répéter à qui voulait l'entendre (ou pas d'ailleurs) qu'une sorcière lui avait jeté un sort, le transformant en un vil crapaud tel qu'on le voyait. A vrai dire, personne dans la communauté crapaude ne savait vraiment s'il fabulait ou disait la vérité et je pense que lui-même aurait été bien en peine de répondre.

Comme tout crapaud dans sa situation il espérait le baiser d'une princesse qui le sortirait de sa fâcheuse situation. Pour cela il avait élu domicile dans un marais proche d'un palais où une vivait une princesse dotée d'une rare beauté. Chaque jour, il la voyait se promener avec ses suivantes aux abords de la mare riant tout fort de toutes sortes de futilités. Il se dressait alors, se gonflait du plus qu'il pouvait et criait son désespoir à la demoiselle couronnée qui hantait ses rêves dans une mélopée tragique à la beauté sauvage. Malheureusement, lorsque ses cris parvenaient aux oreilles de la princesse et ses dames de compagnie ce n'étaient que les croassements disgracieux d'un crapaud qui l'était encore plus. Toutes lui jetaient alors des pierres jusqu'à ce que, le coeur brisé, il ai fui, laissant là pantelants ses rêves et ses chants. Il se promettait alors de partir à la recherche d'une princesse plus charitable mais il ne pouvait se décider. Il en venait toujours à blâmer son apparence misérable, ou à démontrer à son coeur par un raisonnement retors que la princesse était bonne et généreuse, seules ses suivantes étaient méchantes et blessantes par leurs cris injurieux et leurs pierres acérées. Ainsi, chaque matin il se remettait à guetter le passage de la dame de ses rêves.

Un jour qu'il guettait ainsi il vit la princesse s'approcher seule de la mare afin d'y prendre le soleil. Il se glissa alors s'en bruit et se retrouva à ses pieds. Là, il croassa doucement afin d'attirer son attention sans l'effrayer. Las ! A peine l'eut-elle vu qu'elle eut un mouvement de recul. Mais, étonnée par ce batracien qui ne bougeait pas d'un pouce elle s'avança pour l'observer. "Et bien, tu es bien drôle toi ! lui dit-elle en riant, on dirait que tu attends quelque chose ! Cela me fait penser à ces contes idiots qu'aimait à raconter ma nourrice, pleins de princes transformés en crapaud, en loups ou en je ne sais quoi..." Au souvenir de ces histoires enfantines elle se mit à glousser de plus belle tandis que, plein d'un espoir naïf, le coeur du crapaud explosait de joie et d'espoir. La jeune fille, toujours dans son rire dit "Ah, oui, tu ferais un bien étrange prince, crapaud difforme ! Mais... Ah, je crois avoir trouvé ta princesse" dit-elle en éclatant de rire. Elle attrapa alors le crapaud et le cacha dans son mouchoir puis revint, courant et riant vers le palais y retrouver ses suivantes.

Au palais vivait une orpheline bossue, difforme et muette qui servait d'amusement à la princesse et sa compagnie. Celles-ci aimaient à l'humilier, la frapper et lui imposer toutes sortes de lourdes tâches tandis que la malheureuse, prostrée dans son mutisme obéissait humblement à sa maîtresse. Ce jour-là, la princesse revint de sa promenade et parla et ria à mi-voix avec ses suivantes avant de s'avancer vers elle.

"Ma pauvre fille, dit-elle, tu as été obéissante à moi, ta maîtresse, jusqu'à aujourd'hui et, dans ma grande bonté, dont tu peux voir chaque jour les bienfaits, j'ai songé à ton avenir et t'ai trouvé un mari digne de toi ! Mes suivantes et moi trouvons que vous allez parfaitement ensemble, alors ne soit pas timide : le voilà, embrasse-le !" Disant cela elle présenta à sa malheureuse servante le crapaud qu'elle avait trouvé près de la mare.

Coincé dans le mouchoir de sa belle, le crapaud n'arrivait pas à croire sa bonne fortune tout le long du trajet jusqu'au palais. Aveuglé par le tissu, il imaginait la princesse se faisant belle pour embrasser et rencontrer son prince charmant. Son coeur battait à tout rompre, ce n'est pas tous les jours que vos rêves se réalisent ! Soudain, le mouchoir se souleva et alors qu'il s'attendait à voir une princesse rayonnante de beauté dans ses plus beaux atours il se retrouva nez à nez - presque lèvres à lèvres - avec la plus laide des créatures vêtue de quelques hardes en lambeaux. Pris de panique il pensa à s'enfuir mais il croisa ses yeux. Dans ses yeux il lut une tristesse ineffable doublé d'un véritable intérêt pour lui, prince crapaud que tous, humains comme batraciens, rejetaient et méprisaient. Il se laissa alors embrasser.

L'orpheline muette et difforme se métamorphosa alors en la plus belle des demoiselles que l'oeil n’ai jamais pu observer. Il y avait de cela plusieurs années, jalouse de ses charmes une sorcière avait ensorcelé cette princesse (car s'en était une) en cet être infâme méprisé par tous. Seul le baiser de quelqu'un ayant compassion envers elle pouvait la sortir de son état, ce même baiser que lui donna ce crapaud. Ce dernier justement ne se métamorphosa point et ce pour la simple raison qu'il n'avait jamais été autre chose qu'un crapaud et que ses rêves de prince n'étaient que chimères.

Paisible et sans haine, la princesse posa les yeux sur son ancienne maîtresse et ses suivantes estomaquées et dit simplement "Je vais rentrer chez moi maintenant." Elle prit le crapaud dans sa main et partit en son pays. A son arrivée, la longue angoisse du roi et de la reine furent finis et le royaume entier fut en liesse pour fêter le retour de la belle princesse aimée par tous. Lorsqu'elle eut fait part de son récit, sa fée de marraine se mit en colère et transforma la méchante princesse et ses suivantes en crapauds, état dont elles ne revinrent jamais. Ceci fait, elle métamorphosa le crapaud rêveur en un valeureux prince. Le roi et la reine eurent ainsi très vite la joie de marier leur fille avec cet ancien batracien. Ils vécurent heureux, et bien que l'état civil ne fût pas très bien tenu à l'époque, il n'y a aucune raison de penser qu'ils n'aient pas eu beaucoup d'enfants.




(p)&(c) Achim Shark 2010
image trouvée ici

mercredi 6 janvier 2010

Blakroc

11 jours, 11 morceaux, telle est la gageure qu'à tenté de relever Damon Dash pour sortir la tête hors de l'eau après la fin de l'aventure Roc-A-Fella. L'entrepreneur d'Harlem a eu beau multiplier les tentatives dans tous les domaines, son divorce avec Jay-Z a signé sa descente aux enfers mais avec le projet Blakroc le charmant filou compte bien remonter la pente. Pour se faire, partant d'un concept pas follement original, il réunit les bluesmen The Black Keys et 11 MC's de premier ordre avec ODB que même la mort n'empêche pas de sortir des couplets de fou furieux, Ludacris, Mos Def, RZA, Pharoahe Monch, Raekwon, Jim Jones, Billy Danze ou encore Q-Tip et en profite pour mettre en avant son nouveau poulain Noe et la chanteuse Nicole Wray. Aussi alléchant soit-il, on regrettera que ce casting soit si marqué par New York et surtout composé de vieux rappeurs confirmés, il aurait été agréable de découvrir plus de jeunes artistes, parce qu'à par la chanteuse et Noe (dont la réputation de sous-Jay-Z n'est pas usurpée), on connaît plus ou moins tout le monde. Et puis la pochette est d'un affreux de mauvais goût.

Un casting impressionnant pour un résultat décevant ? Une fois n'est pas coutume, pas du tout. Les MC's se montrent tous d'un très bon niveau avec de nombreux temps forts et surtout les Black Keys montrent un énorme talent, offrant des productions riches et diverses, parfaitement adaptées aux voix, mélodiques et agréables, sans oublier d'être parfois plus pêchues (« Coochie »). L'album, court, passe merveilleusement, un vrai plaisir auditif avec quelques tentatives intéressantes comme l'étrange « Tellin' me things » de RZA, qui sera loin de faire l'unanimité. Mais là se situe le plus gros défaut du disque : le rendu est très propre et policé, il manque un élément de folie et d'expérimentation (dont les Black Keys sont clairement capables) qui donne une impression d'inachevé. A la fin de l'écoute, il reste un gout de trop-peu, ce petit quelque chose qui aurait fait de « Blakroc » un disque indispensable alors qu'il ne reste qu'un bon disque.




(p)&(c) Achim Shark 2009