dimanche 24 août 2008

Assassin - Académie mythique

J'étais tout déprimé. Je me sentais un peu l'âme d'un Fuzati ce jour où je déambulais dans les rues de Nouméa, la cité néocalédonienne. Cela faisait presque un an que je vivais sur cette île, et bien que je me sois souvent régalé la vue par les magnifiques paysages trouvés de-ci, de-là, mes oreilles criaient famine. Parce que l'engin, la Calédonie, est un pays fin miséreux rapologiquement parlant (encore pire que St Jean da Looze, et pourtant...)

Aussi, lorsque mes fibres optiques eurent aperçus le triangle rouge caractéristique de la plus assassine des productions, mon organe vasculaire cessa de battre, je fis un effort musculaire pour ne pas humecter les organes visuels de mon être humanoïde. Voilà que je parle comme James Delleck maintenant, mais bon.

Je m'élançai, pris l'objet béni dans mes mains, vis vite fait qu'il s'agissait d'un best of, le petit sticker "+ DVD 16 clips" attira mon regard, mon état de manque m'interdit de résister à mon instinct. Impulsivement, j'achetai. Très cher. Trop cher. Mais bon, la vie est chère mais je préfère perdre tout mon argent et écouter de la bonne musique que montrer mon sens de l'auto-pendaison parce que celle-ci me manque.

Après ce très intéressant moment de ma vie, passons à la description de la chose elle-même.

Je parlerais brièvement du DVD d'abord. N'ayant pas de lecteur DVD actuellement, je ne l'ai point vu. Juste 2 petits détails quelques peu désapointants : 1) le "+ DVD 16 clips" est mensonger, il n'y en a que 14.

(Note de Lady Psycho : En fait Achim si tu avais eu un lecteur DVD tu aurais constaté que les 16 clips y sont puisqu'il y a 2 bonus héhé. C'est subtil, je sais, et ça a faillit créer un incident diplomatique. On ne traite pas les gens de menteurs inopinément, tu as de la chance que j'ai été là pour te sauver la vie ;)

2) la moitié ne sont que des morceaux live et si on a le DVD Assassin Live (ce qui est mon cas même si c'est à 22000 km actuellement) on les a déjà tous (les morceaux live s'entend).

Pour ce qui est du CD lui-même, petite déception de ne pas avoir droit à 1 ou 2 inédits mais vu que le groupe n'existe plus (certaines mauvaises langues diraient depuis 1997 lors du départ de Doctor L) ce n'est pas vraiment surprenant.

On est heureux de voir la présence de la Formule secrète et la totalité du maxi légendaire Note mon nom sur ta liste. Du gros son hardcore à l'ancienne, exactement ce que j'aime. Il est intéressant de noter l'évolution d'Assassin qui, bien que toujours engagé et relativement hardcore (dans la forme et dans le fond) a vraiment beaucoup changé dans sa forme avec l'ultra hardcore / ultra rapide du début (le futur...), l'apogée de Doctor L derrière les platines faisant d'Homicide Volontaire le sommet musical de l'académie mythique avec une parfaite adéquation entre le son/le flow/les mots et le départ vers la carrière solo de Rockkin' Squat avec l'époque de Touche d'espoir aux sons plus "normaux".

Pour qui a déjà tous les albums du crew mythique c'est un peu un CD inutile (après c'est un best of, on ne peut pas trop en demander), sinon pour d'autres ça peut être un bon moyen de découvrir la feue Académie mythique Assassin et voir son évolution. Un cadeau de noël sympa pour montrer que le rap n'est pas que bête, ridicule et immuable comme 113 et consorts mais peut être réfléchi, engagé et en constante évolution comme le fut ce grand groupe.

Paix à son âme, une page du Hip Hop est tournée mais l'odyssée suit son cours...


Note : 10/20


Tracklist CD :

01 - La Formule secrète
02 - Note mon nom sur ta liste
03 - Esclave de votre société
04 - Je glisse
05 - Kique ta merde
06 - Le futur que nous réserve-t-il ?
07 - L'écologie : sauvons la planète
08 - Shoota Babylone
09 - L'Odyssée suit son cours
10 - L'état assassine
11 - Ecrire contre l'oubli
12 - Undaground connexion (radio edit)
13 - Sérieux dans nos affaires
14 - Touche d'Espoir
15 - Esclave 2000
16 - Au fond de mon coeur

Tracklist DVD :

01 - L'écologie : sauvons la planète
02 - L'odyssée suit son cours
03 - Shoota Babylone (remix)
04 - Undaground connexion
05 - Touche d'espoir
06 - Sérieux dans nos affaires
07 - Classik live
08 - L'état assassine / l'état policier live
09 - Kique ta merde / Note ton nom sur ma liste / la Formule secrète live
10 - Esclave 2000 live
11 - $$$ live
12 - Touche d'espoir live
13 - Au fond de mon coeur live
14 - Libre
15 - Bonus : Intro du live
16 - Bonus : Esclave de votre société





(p)&(c) Achim Shark 2006
artwork par Deck Two

lundi 18 août 2008

Les exercices

Les exercices matinaux d'elder Heckmann et les non-exercices matinaux d'elder Olaso...





(p)&(c) Achim Shark 2008
musique "Etat de grâce" par Dee Nasty

Maître la tempête lance [Les pensées secrètes d'un allemand psychotique]

Comme chacun le sait après une lecture rapide de ma présentation j'aime faire ce que je ne sais pas faire, notamment chanter.

Et c'était ce qu'il y avait de merveilleux pendant ma mission, je chantais tout le temps ! Mal, certes, mais je chantais tout de même et ça me rendait l'âme joyeuse. Evidemment, cela n'a pas été sans créer quelques situations traumatisantes comme la fois où après avoir chanté chez une amie de l'Eglise celle-ci me regarda et me dit : "Tu as une belle voix. Seulement tu ne sais pas du tout l'utiliser..." Pour être parfaitement honnête, sur le coup cette expérience me procura une immense fierté, c'est seulement plus tard que le traumatisme vint. Mais d'autres fois les expériences me marquèrent tout de suite. Je pense ici à ma visite chez Léonie Didier avec elder Paulet où ce dernier éclata de rire lorsque je me mis à chanter parce qu'il "ne s'attendait pas à ça".

Tout de même, cela restait dans le domaine du supportable. Jusqu'à ce que je reçusse un nouveau collègue, elder Heckmann l'Allemand. Allemand, je vois pas de meilleure description de ce jeune homme organisé, droit, sérieux, sportif, grand et blond. Sans compter ses yeux. Enfin bon, toujours est-il qu'il fut mon collègue durant 7 mois. Il me raconta alors qu'il supposait que je chantait très bien parce que chaque fois que j'avais chanté avec lui auparavant c'était en groupe, je chantais sur un ton un peu différent et il imaginait que je faisait des styles tellement je maîtrisais le chant.

Le malheureux ! La désillusion fut grande. Et elle le fit rire au milieu de nos leçons chez soeur Tauaroa ou Steeven Moueaou, elle chassa l'esprit de nombre de réunions de districts et d'études en équipe. Après un peu de temps il arriva à se retenir mais dès lors je possédais un énorme pouvoir sur lui. En posant mes yeux sur lui durant nos chants je le maîtrisai de manière à le faire rire selon ma volonté. Il souffrit beaucoup de cette situation et essaya à de nombreuses reprises de me maîtriser de la même manière mais il n'y parvint jamais. Jamais. JE suis le maître absolu de son rire.

Tout de même cela pouvait être un gros handicap à notre travail comme ce soir-là chez frère Temorere. Après une leçon édifiante nous commençons à chanter "Maître la tempête lance", magnifique cantique s'il en est. Tout ce passait bien lorsqu'une idée saugrenue entra dans l'esprit de l'Allemand. Il eut ce qu'on pourrait appeler une vision, une vision de moi, un chapeau de marin sur la tête faisant barboter une bateau en papier dans un lavabo. Et évidemment il en rit et pas qu'un peu.

Les allemands sont fous.





(p)&(c) Achim Shark 2008
filmé par elder Heckmann

Interrogatoire musclé...

Interrogatoire musclé... Une success story comme il y en a peu ! Un film de jeunes lycéens sans budget et sans aide extérieure sélectionné pour le prestigieux festival des lycéens d'Aquitaine 2005 ! Un succès mérité vue la qualité et la fraîcheur de l'oeuvre proposée.

Mais, sans plus attendre, voici l'oeuvre encensée par les critiques réalisée d'une main de maître par Guillaume Laloo :



réalisé par Guillaume Laloo
écrit et mis en scène par Guillaume Laloo, Marc Olaso, Benoit Marquine et Gratien Costedoat

avec :
Marc Olaso dans le rôle de Marc Ducon
Benoit Marquine dans le rôle de l'agent Ben
Gratien Costedoat dans le rôle du commissaire
Guillaume Laloo dans le rôle du "bon" flic

filmé par Guillaume Laloo
monté par Guillaume Laloo
effets spéciaux par Benoit Marquine et Marc Olaso
accessoires fournis par Xavier Salis

d'après une idée originale de François Guillem et Marc Olaso

contient un extrait de "Police" du Suprême NTM
( Kool Shen - Joey Starr / DJ S )

contient un extrait du "Requiem" de Wolfgang Amadeus Mozart
( W. A. Mozart )

(p)&(c) VIF 2005



Quelle merveille ! Et voici aujourd'hui en exclusivité les scènes alternatives au ton délirant, clins d'oeils aux séries télévisées des années 80, réalisées par Gratien Costedoat :

Scène alternative n°1 : "Le générique"



"le générique"

réalisé par Gratien Costedoat
filmé par Guillaume Laloo

avec :
Gratien Costedoat dans le rôle du comissaire
Benoit Marquine dans le rôle de l'agent Ben
Marc Olaso dans le rôle de Marc Ducon
Guillaume Laloo dans le rôle du "bon" flic

(p)&(c) VIF team 2005


Scène alternative n°2 : "Ghetto youth"



"ghetto youth"

réalisé par Gratien Costedoat
filmé par Guillaume Laloo

avec :
Marc Olaso dans le rôle de Marc Ducon
Un passant dans son propre rôle

(p)&(c) VIF team 2005


Scène alternative n°3 : "Un chevalier solitaire..."



"un chevalier solitaire..."

réalisé par Gratien Costedoat
filmé par Guillaume Laloo

avec :
Benoit Marquine dans le rôle de l'agent Ben

(p)&(c) VIF team 2005

Bambi, le message caché enfin décrypté !

Aujourd'hui je viens de regarder Bambi pour la première fois. Qu'est-ce qu'il est ennuyant ce truc ! Mais tout de même pour l'oeil observateur et le cerveau malade ce film peut être très instructif.

La fin du XX° siècle à vu l'affirmation du mouvement gay. L'homosexualité est de plus en plus présente et à de plus en plus d'adeptes. Mon questionnement est très simple : Quelle est l'origine de tout cela ? Mai 68 et la révolution sexuelle ? Fariboles. Cela vient de Bambi, et je vais le prouver.

Bambi est un petit faon ingénu, attachant et efféminé ce qui fait que beaucoup ont longtemps cru qu'il s'agissait d'une femelle (en tout cas moi). Timide, il n'ose pas s'approcher des femelles. Mais au contraire il s'entend très bien avec les mâles, spécialement le lapin Pan Pan et le putois Fleur.

Nous étudierons premièrement ses relations avec Pan Pan. Pan Pan est donc un petit lapin malicieux et éveillé. Hédoniste, il incite Bambi à jouir des plaisirs de la vie sans licence (par exemple il lui apprend à manger les fleurs des trèfles mais pas les pétales). Mais il est frustré par son père qui l'empêche de s'épanouir. Il est intéressant de noter que son père n'est jamais vu. On retrouve donc là le principe freudien du complexe d'Oedipe : Pan Pan n'arrive pas à "tuer" l'image du père, d'où traumatisme. Son nom est clairement sexuellement évocateur et ses relations avec le jeune faon sont pour le moins troubles. Nous ne citerons que la scène sur le lac gelé à l'érotisme exacerbé. Son nom peut aussi être un rappel du dieu grec Pan, dieu de l'animalité et des pulsions. Pan Pan vit ses pulsions à fond et a une aventure avec Bambi, c'est évident.

Les relations de Bambi avec "jolie" Fleur sont encore plus troubles. Dès leur rencontre Fleur est visiblement subjugué par Bambi. Mais Fleur est l'image du gay frustré, n'assumant pas sa sexualité. Alors que Pan Pan et Bambi vivent librement leur aventure homosexuelle, Fleur garde tout en lui-même. Le signe est donné en ce qu'il n'est jamais en tête-à-tête avec Bambi. Mais la passion le dévore, c'est bien visible. Lorsque Maître Hibou décrit le coup de foudre, Fleur regarde Bambi, plein d'espoir. Au fur et à mesure de la description du hibou il se rend compte de ce qu'il ressent pour le faon. Son regard ne trompe pas. Il ne déclare son mépris pour la "bagatelle" que lorsque Bambi l'a fait car il a compris qu'il ne pourra jamais avoir une relation avec lui.

Une analyse plus approfondie des symboles cachés du dessin animé ne vont que dans ce sens. D'un point de vue freudien, l'homosexualité de Bambi est évidente. Le complexe d'Oedipe habituel consiste (pour un homme) à "tuer" le père et à vouloir la mère. Or, c'est la mère de Bambi qui est tuée et le père est le modèle ultime de Bambi : le complexe est renversé. Il est notable que tout le temps qu'il reste avec sa mère son physique n'évolue pas, mais dès qu'elle est morte, symbolisant son épanouissement sexuel il change énormément.

Il tente bien une relation hétérosexuelle avec Féline mais devant cette relation se place le spectre du mâle qu'il doit vaincre lors d'un combat des plus suggestifs. Signe plus marquant encore : lors de l'incendie de la forêt, Bambi retourne chercher Féline tandis que celle-ci part à la recherche de Bambi avant que celui-ci ne revienne. Symbole puissant s'il en est montrant l'impossibilité de leur union.

Donc voilà le message, une fois décrypté de ce dessin animé : "Enfant, vis ton homosexualité. Ne sois pas frustré comme Fleur, vis ta nature, qui est homosexuelle." Ce message fut bien assimilé par la masse des esprits enfantins ayant visionné ce film, expliquant l'affirmation du mouvement gay à la fin du XX° siècle et au début du XXI°. L'homosexualité n'est plus regardée comme un vice honteux à cacher et s'est banalisée depuis Bambi.

Certes, on pourrait me répliquer que finalement Bambi donne des enfants à Féline, ce qui n'est pas très homosexuel, je le concède. Mais c'est juste que le message profond de Disney n'aurait pas pu être diffusé dans l'Amérique puritaine de l'époque. De plus le dernier regard de Bambi ne va pas à sa compagne ni à ses enfants mais va à son père, image suprême du mâle.



un dessin animé apparemment innocent...



(p) & (c) dr Achim Shark, docteur ès-psychopatie enfantine 2008

I will be back

Un missionnaire qui rentre c'est comme un monstre dans un film gore. Chaque fois les gentils se croient enfin débarassés lorsque la main du monstre surgit de la terre et une voix gutturale prononce "I will be back".

Mais les monstres de films gores c'est comme les missionnaires de retour chez eux, pour qu'ils reviennent il faut de l'argent et ils en ont rarement. Du coup ils ont parlé pour rien et on ne saura jamais qu'est-ce qu'ils comptent faire maintenant car il semble oublier que les gentils ont trouvé le moyen infaillible de le détruire. enfin pas si infaillible que ça puisqu'il arrive à gémir "I will be back". Mais quand même assez efficace. C'est d'ailleurs assez dommage parce qu'à chaque fois le personnage qui reste est la fille stupide à la voix crispante dont on rêve qu'elle mourra au premier coup de dague tellement elle nous saoûle. Malheureusement dès qu'une fille nous énerve dans le film on peut être sûr que c'est elle qu'on devra supporter pendant 1h30. Le pire exemple étant certainement Blairwitch. Je hais ce film et la fille plus encore.

Mais les monstres des films gores c'est comme les missionnaires de retour chez eux. une fois le film fini, ils se sentent inutiles, ils ne peuvent poignarder, éviscérer, dévorer, assassiner, piétiner, égorger, ricaner. Bref, ils ne servent à rien.

Heureusement parfois le film se poursuit, le numéro 2 se prépare. Un nouveau style, une nouvelle technique. En fait pas vraiment ça, on essaie de reprendre les choses qui ont fait marcher le premier et c'est repartie avec une autre fille crispante qui n'arrive pas à mourir. mais la différence avec le missionnaire c'est que maintenant il ne veut plus qu'elle meure, bien qu'il la poursuive toujours.





(p) & (c) Achim Shark 2008
dessins tirés de Lapin par Phiip


1-2
Marcox te coupera en deux
3-4
Monte les marche quattre à quattre
5-6
Il y a ma lame dans ta cuisse
7-8
Tu chutes dans ta fuite
9-10
Il faut que je te punisse !

Daltonien

Tu es trop belle, les gens font la queue
Pour t'admirer; et si tu ne te sens pas bien
Pour te réconforter des millions de personnes sont prêtes
A te prêter leurs bras mais avant tout il y a les miens.

J'ai besoin de toi, je t'en supplies, vas-y, viens
On ne se connaît pas mais ça n'est pas bien grave
Ton sourire, tes manies, m'ont rendu esclave
Si tu t'en vas maintenant, je suis mort demain.

Je crois que je suis un peu daltonien
Je ne vois de couleurs que celles dans tes yeux ;
Des seins je n'en aime que deux,
Tu sais bien que ce sont les tiens.

Mais s'il te plait ne me prend pas pour ton chien,
Demoiseille tu sais, je t'aime bien
Mais ce que j'aime vraiment c'est être amoureux
Si ce n'est plus de toi, j'en trouverai bien une autre.





(p) & (c) Achim Shark 2008
dessin tiré de A blob's life par Guiguoz

La dormeuse du parc

Le soleil se lève et amène avec lui la vie
Sur ce parc animé par les oiseaux et leurs gazouillis,
Ces oiseaux qui en tous sens volettent
Tandis que le soleil et ses rayons dans une mare se reflètent

Déjà les rires des premiers enfants résonnent :
Ils ont fait un palais de quelques morceaux de plastique
Grâce à leur imagination presque magique.
Leurs mères sourient de cette innocence qui toujours les étonne.

A quelques pas de là,
Sous l'ombre d'un arbre vénérable,
Non loin du bac à sable
Dort une jeune fille d'une beauté à laisser sans voix.

Tout n'est que grâce chez cette demoiselle !
Etendue sur l'herbe verte,
Silhouette svelte et discrète,
Quelle est belle !

Un buisson lui retient sa noble tête
Et se transforme en couronne sous son visage de reine
Dont la seule vue nous pousserait à la plus folle quête
Afin de rester toute notre vie sous son règne.

Ses longs cheveux de jais
Encadrent son visage nacré
D'où transparaissent quelques traits hâtifs
Dessinant d’étranges motifs

Ses lèvres vermeilles traversent son pâle visage,
Formant un doux sourire plein de paix
A l'image du chant d'un oiseau libéré de sa cage,
Contrastant avec ses yeux et leur obscurité.

Aussi incongrue que cette petite cuillère
Pour la tirer du sommeil approche une mère,
Mais pour la réveiller il est trop tard.
Overdose dans le square.





(p) & (c) Achim Shark 2004
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

James Delleck "Le cri du papillon"

On peut dire qu'on l'attendait celui-là ! Annoncé depuis la sortie d'"Acouphène" en 2002, le premier album solo de James Delleck, souvent annoncé, toujours repoussé, sort enfin 5 ans plus tard.

Après, on ne peut pas non plus taxer James Delleck de beaucoup chômer car pendant ce laps de temps sa discographie s'est considérablement étoffée avec l'album de l'Atelier, Gravité Zéro et Gravité Zéro RMX avec Le Jouage ou encore plus récemment le premier album du Klub des 7.

L'attente était d'autant plus longue pour moi que James Delleck est, à mon avis, un des meilleurs MC français. J'attendais donc beaucoup de cet album tout en craignant d'être amèrement déçu comme c'est souvent le cas lorsqu'on attend trop d'un disque. Mais tout arrive "tôt Ou tard" comme le label de James. Et après quelques temps de recherche le CD tant attendu se retrouva entre mes mains, puis sur ma platine et y tourna longtemps, longtemps, longtemps, parce que je l'ai adoré et qu'il a dépassé de loin toutes mes espérances. La chronique qui suit est le fruit de la plus profonde admiration pour cette album qui est à mon avis le meilleur album de rap français depuis longtemps, ça risque d'être pas mal subjectif, ne soyez pas surpris. Et ne soyez pas surpris après l'écoute de cet album de trouver brusquement pas si bon que ça les prestations du MC chevelu sur ses anciens projets présentés ci-dessus, alors qu'auparavant vous trouviez que c'était des pures bombes. En tout cas c'est l'effet que ça m'a fait.

Tout commence par un morceau instrumental "Chrysalide". Un des rares défauts que je trouve à James Delleck c'est de faire plein de morceaux instrumentaux très bons mais souvent trop longs à mon goût. Mais là c'est parfait, que ce soit "Chrysalide", "La carotte sauvage" ou encore le titre caché, ils sont justes assez long pour pouvoir apprécier l'énorme talent de M. delleck et juste assez courts pour ne pas lasser.
Tant qu'on en est à parler des titres instrumentaux autant parler des instrumentaux eux-mêmes. Elles sont toutes signées par James Delleck, sauf "Le réverbère" co-signé par Azul et "J'ai appris" co-signé par Vincent Segal. Grâce à elles nous pouvons entrer dans le monde éclectique de James Delleck qui nous offre autant d'instrus que de bijoux. Chacun s'adapte parfaitement au texte qu'elle supporte, exprimant ce que les mots ne peuvent dire. Parfois mélodiques ("Le réverbère", "15 ans"), parfois dansantes ("Titty Twister"), parfois énergiques ("L'étranger"). Comme d'habitude avec le MC chevelu les sons sont très marqués électro, mais elles sont ici appuyées par des instruments organiques, donnant la chaleur et la vie qui manque souvent aux sons digitaux.

J'entends déjà des voies distordantes et méchantes dire : "OK, OK, Achim, on a bien vu que tu voulais l'encenser à fond ce disque, à croire que Delleck t'a filé des sous, mais c'est facile en se basant sur les instrus qui sont, comme chacun sait, les points forts de James Delleck. Mais si on parle flow hein, et bien direct c'est moins brillant et toi paf, t'as plus rien à dire et tu te tais parce que t'es fin bête mec !" Je dois être assez honnête pour reconnaître que question flow James Delleck n'est le plus technique des MC. D'ailleurs, s'il fallait trouvé un défaut à l'album, le seul que je trouverai serai l'abondance des assonances en "s" qui ne collent pas trop avec la voix de Delleck. Mais (et oui vous ne m'aurez pas avec vos arguments fallacieux) son flow est très bon quand même. J'avoue ça paraît super subjectif ce que je viens de dire, aussi je vais expliciter mes propos. D'abord j'aime la voix chaude et grave de Delleck. OK, c'est toujours super subjectif. Deuxièmement, même s'il n'est pas super technique James sait moduler sa voix et son flow en rapport à l'ambiance et à la vitesse du morceau, ainsi il est très lent et doux sur "Sonate pour une gouttelette" et très rapide sur "Ainsi soit-il". Et urtout, le gros point positif de son flow est que chaque parole est bien articulée et chaque mot utilisé est compréhensible dès la première écoute.

Justement, venons-en aux textes maintenant. le reproche qui est souvent fait - à juste titre - au Hip Hop dit "alternatif" est d'avoir des textes hermétiques au premier abord au pauvre hère se risquant sur ces chemins musicaux déviants. Un pauvre hère qui, soyons-en sûr, n'est pas prêt de retourner sur ces plate-bandes pourtant riches de talents et d'excellence. il y a aussi ces gens orgueilleux et stupides - ma remarque va plus lon que le Hip hop et tout l'arche contemporain en général - qui, vides de talent et d'idée, pondent un truc ridicule sans queue ni tête, expliquant que le sens en est trop profond pour l'homme du commun ignorant à l'esprit limité, eux-mêmes persuadés d'être des êtres supérieurs tellement au-dessus du reste de l'humanité par leur "classe" et leur "art" bête et sans but tout juste bon à être piétinés par des éléphants fachés qu'on leur vole leurs défenses pour décorer les palais payés par les oeuvres bidons de ces êtres aux idéaux néo-fascistes basés sur la suprématie de certains êtres non par leur race mais par leur "intelligence" où je ne sais quoi d'autres; idées dangereuses s'il en est, que je méprise mais je sais bien que mon avis a autant de poids que la mort d'un enfant tchétchéne sous les un char russe et en plus je me suis drôlement éloigné du sujet. Ainsi donc, James delleck a-t-il réussi à surmonter ce problème-là ? mais bien sûr ! C'est james Delleck ! Il réussit tout bien lui. C'est un peu Superman en MC ce mec.
Car oui, chaque texte est bel et bien un trésor. Chaque rime a été pensée, balancée, machinée afin d'amener la langue française à son essence même. Enfin, ce que je veux dire c'est que tout est compréhensible, en une écoute on voit de quoi il parle, où il veut en venir ...etc... Mais la véritable richesse est qu'il y a des tonnes de niveaux de lecture, chaque texte peut recevoir diverses interprétations. james ne dit jamais tout, nous laissant la possibilité d'aller plus loin à la recherche de ce qu'il veut dire. par exemple "Personne". A la première écoute j'ai pensé que c'était un délire mystique de Delleck où il pointe du doigt notre société nombriliste et matérialiste. Une autre fois j'y ai vu l'histoire d'un homme ayant l'impression d'être invisible dans la foule grouillante du métro, chacun se préoccupant de leurs propres nombrils et lui perdu dans son propre néant. Et tout à l'heure l'écoutant de nouveau j'y ai vu l'histoire d'un clochard, reclu de la société et oublié dans une station de métro. Et à chaque écoute on y voir beaucoup d'autres choses. Laquelle de ces interprétations est correcte ? Je crois qu'elles le sont toutes, c'est notre sensibilité qui fera la différence.

Les thèmes sont variés, on a droit aux goûts de James sur "Le profil psychologique", les sombres pensées d'un réverbère sur "Le réverbère", les rêves d'un prolo gagnant au Millionnaire avec "Gérard de Roubaix", la position déviante de James face au hip Hop et la vie sur "L'étranger", un adolescent mal-aimé avec "15 ans", la vie et la mort d'une goutte sur "sonate pour une gouttelette" ou encore la fuite du temps et de l'enfance avec "J'ai appris".

Donc voilà les ingédients de ce "Cri du papillon" : un bon flow, de belles instrus et des textes magnifiques. Qu'est-ce qu'il se passe quand on mélange ? Non pas de la pisse de païen mais un disque qui dépasse les qualificatifs élogieux que je pourrai énumérer ici. Chaque élément se superpose parfaitement avec les autres et lorsqu'on ferme les yeux on peut voir ce dont parle James Delleck. Je vous le dis, ce mec est un génie.

Je ne peux pas ne pas citer "15 ans", à mon avis le meilleur titre de l'album où on nous conte le mal-être d'un jeune de 15 ans face à une mère absentéiste. L'instrumental est d'une rare beauté, James rappe tout le premier couplet sans beat, celui-ci n'arrivant qu'au deuxième couplet couronnant un morceau en crescendo. Vraiment magnifique, à chaque écoute ça me fait le même effet et me donne les larmes aux yeux.

Chaque titre à sa propre atmosphère, tantôt comique ("Gérard de Roubaix"), tantôt torturée ("Personne"), tantôt trsite ("Le réverbère"), et chacun a ainsi une très forte identité mais malgré tout l'album a une rare cohérence. On est ici dans le monde Delleck, un monde éclectique qui a pour but de détruire les limites de nos pensées. On nous offre 14 perles serties dans un diadème précieux couronnant le front de la déesse du Hip Hop (déviant, évidemment).



Note : 20/20

Tracklisting :

01/ Chrysalide
02/ Chaman
03/ Le profil psychologique
04/ Le réverbère
05/ Gérard de Roubaix
06/ L'amour
07/ L'étranger
08/ 15 ans
09/ La carotte sauvage
10/ Titty Twister
11/ Sonate pour une gouttelette
12/ Personne
13/ Ainsi soit-il
14/ J'ai appris





(p) & (c) Achim Shark 2008
artwork par Contre&Façon

http://www.jamesdelleck.com
http://www.myspace.com/delleck

Hymne à la rapaille 2

Rappellons-nous lorsque tout était vide
A l'aube des temps, à l'époque du néant.
Point d'aide pour nous, point de guide.
A l'aveuglette nous allions errants,
Ne reconnaissions la lumière mais toujours la recherchions
Inconsciemment pour échapper à nos prisons.
Zigzaguants au milieu de phares trompeurs qui
A des ports incertains voulaient notre accostage,
Toujours nous évitions, n'y trouvant avantage.
Impatients comme beaucoup,
On attendait le jour béni où
Naquit Rapa, chassant bien loin la nuit.





(p)&(c) Achim Shark 2006
logo "Rapanization" par Miles

Où est passé le vrai Hip Hop ? C'est pas écrit dans la Bible...

Je suis nostalgique du Hip Hop des années 95-2000.

Mais peut-être que si je vois cette période comme l'âge d'or du HH c'est peut-être que j'écoute les bons skeuds de cette époque, laissant de côté les nombreux déchets de la même époque.

Qui sait ? A ce que je sache ce n'est pas écrit dans la Bible.

Mais cette dernière parle de moi.

Dans la généalogie de Jésus dans Matthieu (chapitre 1 verset 14) on peut lire ceci "Azor engendra Sadok; Sadok engendra Achim, Achim engendra Eliud". En fait à l'origine ce n'était pas écrit de cette manière mais un copiste assez bête à faire une erreur et depuis, cette une erreur grossière apparaît dans toutes les bibles.

Heureusement, j'ai pu récupérer un fragment du manuscrit original de Matthieu où le publicain avait noté ceci : "Azor engendra Sadok ; de Sadok naquira dans les temps futurs l'être le plus merveilleux de tous les temps, la lumière d'un monde enténébré perdu dans un Hip Hop s'enfonçant peu à peu dans la fange de la médiocrité, celui qui donnera l'espoir aux faibles, le plus beau, le plus fort, le plus drôle, le plus classe, le plus choc, le plus je connais pas les mots, Achim Shark, celui dont le nom fait trembler ceux atteint de la maladie de Parkinson, celui devant qui les filles de Dieu se prosterneront pour ne serait-ce que serrer sa main, oui, ce même Achim Shark dont les légendes de tous les peuples parlent, le Zeus des grecs et l'Osiris des égyptiens. Il en a de la chance Sadok. En plus de ses reins est descendu quelqu'un d'un peu connu aussi, on en parlera à partir du verset 16; car Sadok engendra Eliud;"

Néphi avait bien prévenu que de nombreuses parties claires et précieuses ont été enlevées...



"j'te jure ! C'est écrit juste là là..."



(p) & (c) Achim Shark 2008

Carapace brisée

Réservé comme tant d'autres
Pointé du doigt comme tant d'autres
Dans cette école anonyme
Aux murs cacheurs de cimes
Timide et complexé
Caché dans un conte de fée
Rêvant de changer d'air
Dans une carapace aux rythmes binaires
N'attendant rien de la vie
Si ce n'est une fille un peu jolie
Souriant par habitude
Le coeur plein de vide
Une chevelure qui s'éloigne
Et son coeur qui saigne

Une larme sur une joue
Une lame sur un cou
Un poids sur le coeur
Vidé avant l'heure




(p) & (c) Achim Shark 2008
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

IAM "Revoir un printemps"

6 ans après le monument Hip Hop qu'est "L'Ecole du micro d'argent" IAM revient avec un nouveau sigle et un nouvel album "Revoir un printemps".

L'album débute très bien avec "Stratégie d'un pion". Des flows précis et des textes incisifs, c'est du IAM grand cru. Enfin, durant les deux premiers couplets car dès le troisième apparaît le premier des nombreux soucis de cet album : Freeman. Car oui, désormais l'ex-danseur ne se contente plus d'apparaître que sur un ou deux titres, mais sur la totalité de l'album. Autant le dire tout de suite : c'est très regrettable. Son flow et sa voix me font penser à la mélodie d'une tronçonneuse. Il est très loin du niveau de ses comparses, eux-mêmes pas toujours au top de leurs forme, spécialement Shurik'N.

Akhenaton rappait aux côté de Busta Flex "J'ai plus d'air" sur la compilation Sad Street de DJ Khéops et à l'écoute de cet album dont il signe plus de la moitié des prods on se rend compte que ses instrus ont le même problème. Pas d'oxigène. L'auditeur s'asphyxie dans des boucles plus tristes et ennuyantes les une que les autres, les quelques seules bulles d'air sont réalisés par Khéops et Imhotep avec, respectivement, "Second souffle" et "Pause". En réalité une seule instru mérite réellement le détour et ce grâce aux bons soins d'Imhotep : "Tiens".

On ne trouve pas beaucoup plus d'air dans les textes. Et cela pour deux raisons : ceux qui cherchaient des exercices de style bizarres dans le genre "L'empire du côté obscur" repartiront bredouilles. C'est d'autant plus triste que ce genre de titre c'est la marque de fabrique d'IAM, ce qui rend leurs albums attractifs. Après c'est sûr, on ne va pas attendre "Attentat 3" de MCs de presque 40 ans.

Alors on se fait une raison et on part à la recherche de textes mordants et incisifs comme Shurik'N et Akhenaton savent faire. Malheureusement, c'est là la seconde déception : ces derniers semblent avoir confondu le mot "revendication" avec le mot "pleurnichage" car tout ce qu'ils font pendant 18 titres : pleurnicher. Et franchement, c'est saoulant. Pourtant ils ne cessent de parler de sujets graves et importants comme le racisme, les violences quotidiennes, la misère, les femmes battues ...etc... mais leur façon de présenter rend tout cela totalement soporifique.
Au final un album vraiment décevant qui fait une grosse tâche dans la discographie d'IAM qui ont bien besoin de "revoir un printemps" après cet album ennuyeux comme la pluie en hiver.

C'est d'autant plus décevant qu'IAM a réellement un grand talent (je suis sûr que Freeman danse très bien). En effet ceux qui ont la chance d'avoir l'édition limitée profitent d'un CD bonus avec 3 inédits où IAM nous montrent leur vrai niveau. Grâce à des instrus excellentes et de l'énergie à revendre comme sur "Live de la base", "La violence" et surtout le magnifique "40 ans de retour au ghetto". Des titres qui font donner aux expression "rap engagé", "rap conscient" ou "musique revendicatrice" tous leurs sens. 3 titres surclassant tout un album, c'est un peu paradoxal, mais ça nous fait rêver à ce qu'aurait pu être "Revoir un printemps", et nous fait d'autant plus sentir (et regretter) ce qu'il est.


Note : 08/20

Tracklisting :

01/ Stratégie d'un pion
02/ Nous (feat. Kayna Samet)
03/ Quand ils rentraient chez eux
04/ Noble art (feat. Method man & Redman)
05/ Lâches
06/ Mental de Viêt-Cong
07/ Revoir un printemps
08/ Armes de distraction massive
09/ Second souffle
10/ Visages dans la foule
11/ Ici ou ailleurs (feat. Syleena Johnson)
12/ Tiens
13/ Bienvenue (feat. Beyoncé)
14/ Pause
15/ Fruits de la rage
16/ Murs
17/ 21/04
18/ Aussi loin que l'horizon

CD bonus édition limitée :

01/ Live de la base
02/ La violence (feat. Soprano)
03/ 40 ans de retour au ghetto
04/ Noble art (instrumental)
05/ Tiens (instrumental)





(p)&(c) Achim Shark 2008
artwork par Tous des K/Kankre attak
http://www.iam.tm.fr
http://www.myspace.com/officialiam
http://iamofficiel.skyrock.com

dimanche 17 août 2008

Tandem "C'est toujours pour ceux qui savent"

Si vous n'aviez pas deviné par la pochette, Tandem est un groupe originaire du 93 (Aubervilliers), composé de Mc Tyer et Mc Kregor.

Découverts sur la compilation Mission Suicide ils ont par la suite signé chez Première Classe chez qui ils ont sorti un EP "Ceux qui savent m'écoutent" mais insatisafaits ils ont partis chez Kilomaître prod et en 2005 nous servent leur premier album "C'est toujours pour ceux qui savent". On remarquera une grande originalité dans le choix du titre =].

Dès les premières mesures, le ton est donné : Tandem ce sont deux mecs de la rue qui parlent de rue avec talent sur des instrus aussi hardcores que magnifiques.
Tout commence avec "93 hardcore", un chef d'oeuvre dans le genre. Les 2 MC's s'offrent chacun un couplet très long, parlant de leur département qui est hardcore (on l'aurait deviné). Le thème a été pris et repris mais ces deux-là ont vraiment du talent, que ce soit au niveau de flow que de l'écriture. Ils amènent leur touche qui rend le titre imparable.

Le seul souci c'est qu'à part la rue Tandem ne parle pas de grand-chose (pour ne pas dire rien), ce qui donne l'impression que le disque tourne en rond. Les instrus sont toujours impeccables, les flows sympathiques, ça se laisse écouter mais aucun titre n'accroche vraiment, on a l'impression d'écouter le même titre encore et encore, tourné dans tous les sens.

Du coup dès que ça change un petit peu on est obligé de remarquer, comme le rapide "Trop speed" ou le sincère et introspectif solo de Mac Kregor "J'ai trop de coeur". On est surpris par "Laisse-moi le temps", un morceau parlant d'amour mais comme le dit Mac Kregor "c'est pas parce que je fais du rap hardcore que je n'ai pas de coeur". Malheureusement, la motivation est bonne mais le titre beaucoup moins.
Mais surtout les 2 gars nous bluffent grâce à leur écriture avec "Un jour comme un autre", "Frères ennemis" et "Le jugement", une suite de morceaux créant un réel film musical. L'histoire reste très ghetto : un gars en zonzon, son jugement, ses sentiments. Une vraie réussite. On notera la présence de nombre de guests sur "le Jugement" où chaque rappeur a son rôle bien précis (Diam's, la juge; Faf Larage, le procureur; Kéry James, l'avocat; Kazkami, le commissaire; Lino, le témoin à charge; Tunisiano, le témoin à décharge).

En définitive, un album qui réunit beaucoup de qualités, des bonnes instrus, des bons MC's (au niveau des flows et de l'écriture), quelques excellents morceaux ( "93 hardcore" et la trilogie du jugement ), mais victime de redondance à outrance.


Note : 10/20

Tracklisting :
01/ 93 hardcore
02/ Le monde est stone
03/ Dans ma rue
04/ Génération sans repères
05/ Tu croyais quoi ?
06/ J'ai trop de coeur
07/ Un jour comme un autre
08/ Frères ennemis
09/ Le jugement
10/ Laisse-moi le temps
11/ Trop speed
12/ Explosif
13/ Nostalgique
14/ Warriors
15/ Sombre
16/ Bouge !
17/ Vécu de poissard





(p)&(c) Achim Shark 2008
artwork par Dimitri Simon

La Caution "La Caution rend visite aux gens et des gens revisitent la Caution"

Désireux de marquer le coup après une tournée mémorable de plus d'un an qui les a emmené de Noisy le Sec au Venezuela en passant par le Maroc la Caution sort un DVD en rétrospective et pour rendre le tout plus alléchant, l'assaisonne d'un album de remixes. Pour le faire ils s'entourent de beaucoup de talents, DJ Duke, Drixxxé ou encore Radionactive, pour les plus Hip Hop, Ddamage ou Eda côté électro et même le groupe de métal Enhancer.

Mais le souci avec la Caution c'est que les flows, les textes et les instrus ont tendances à fusionner, alors pour remixer c'et pas évident et souvent ça ne fonctionne pas. Ainsi bien que les instrus sont toutes bien, les remixes ne le sont pas tous. On peut citer le "Peines de maures" de Radioinactive ou "Glamour sur le globe" de DJ Duke où les instrus ne collent pas du tout. D'autres remixes n'apportant vraiment pas grand-chose à l'image du "Player" d'Eda, le "Club de gym" de Drixxxé ou encore "Focus" de Florent Sabaton.

Mais on a droit à quelques bonnes surprises tout de même, l'alchimie fonctionnant le mieux lorsque le remix s'éloigne au maximum de l'original. Ainsi le "Boite de macs" d'Insomniak : l'instru calme fait un malheur dans les oreilles au même titre que "Ligne de mire" de DJ Duke. Dans une ambiance opposée à l'original on ne pouvait oublier le "Je te hais" d'Enhancer, à des encablures du style électro de son prédécesseur.

On a aussi droit à 3 inédits, "L'original" avec Oxmo Puccino, "GPS sur la comète" de Nikkfurie et Mai Lan et "Vergacion" avec Saphir et Cuarto Poder du Vénézuela. Trois titres aux ambiances très diverses. Trois très bons morceaux voire excellents comparés à la plupart de ce qui se fait dans le Hip Hop aujourd'hui, mais venant de la Caution on pourrait s'attendre à mieux, spécialement au niveau des textes qui ne sont plus ou moins que des égotrips.

Un bon CD, mais pas transcendantal.

Mais passons au DVD. Très bien réalisé, on y retrouve deux reportages, l'un en rétrospective racontant l'histoire du groupe avec la participation de bon nombre d'artistes : Rockin'Squat, DJ Medhi, Vincent Cassel... Ensuite on a "La Caution rend viste aux gens" proprement dit avec un retour sur la tournée qui a suivi "Peine de maures/Arc-en-ciel pour daltoniens", avec des sessions live et freestyles, entrecoupés d'interviews des 2 frères.

En bonus on a droit à 3 titres lives : "Boite de macs", "Je te hais" et "Thé à la menthe", tous les clips du groupe (sauf "Toujours électriques") et de l'Armée des 12 ainsi que celui de "Bâtards de barbares", des photos, quelques textes et beaucoup de surprises.

Une sortie pour les fans du groupe, pas un disque essentiel mais qui reste bien sympatique.

Note : 14/20

Tracklisting :

Des gens revisitent la Caution :

01/ Drixxé revisite "Club de gym"
02/ Eda revisite "Player"
03/ Insomniak revisite "Boîte de macs"
04/ Enhancer te hait
05/ L'original (feat. Oxmo Puccino)
06/ GPS sur la comète (feat. Mai Lan)
07/ DJ Duke revisite "Ligne de mire"
08/ Florent Sabaton revisite "Focus"
09/ Radioinactive revisite "Peines de maures"
10/ Ddamage re hait
11/ DJ Duke revisite "Glamour sur le globe"
12/ Vergacion (feat. Cuarto Poder & Saphir)
13/ Maison closed revisite "Souvent"
14/ Insomniak revisite "Revolver"
15/ Aetoms revisite "Arc-en-ciel pour daltoniens"

La Caution rend visite aux gens :

01/ Film rétrospective : La Caution rend visite aux gens
02/ Bonus live
"Boites de macs" (feat. China)
"Je te hais"
"Thé à la menthe"
03/ Vidéoclips
"Thé à la menthe"
"Code barre"
"Aquaplaning"
"Casquettes grises"
"Gin & jus"
"Ils m'observent"
"Bâtards de barbares"
04/ Goodies
05/ Diaporama/Photos
06/ Lyrics





(p)&(c) Achim Shark 2008
artwork par Ego/Photo par Vincent Sannier
http://www.la-caution.net
http://www.myspace.com/lacaution

JoeyStarr - Gare au Jaguarr

JoeyStarr, membre fondateur des NTM est passé de référence musicale, grâce à son groupe et leurs 4 excellents albums et leurs prestations scéniques, au statut de "rappeur-type" dans la tête du français moyen, notamment grâce à ses frasques judiciaires et ses prestations télévisuelles et ce -paradoxe- en ne rappant quasiment pas.

En effet que s'est-il passé depuis le dernier NTM dans l'actualité rapologique du Jaguarr Gorgone ? Pas grand-chose. "Gaz-l" sur la BO d'Astérix&Cléopâtre, quelques featurings (la Brigade, Disiz, Fdy, Futuristiq, Fat Cap...) pas toujours convaincants. Et puis rien. Joey avait délaissé la casquette de MC pour celle de producteur, poussant ses poussins du BOSS. Alors évidemment après 8 années quasi-silencieuses on a le droit de craindre que le "jus de soleil de Seine-Saint-Denis" qu'est "Gare au Jaguarr" soit quelque peu indigeste.

C'est donc avec pas mal d'appréhension que je me suis procuré le premier album solo de JoeyStarr, quoi qu'un peu rassuré par quelques bons échos sur le net. Ne sachant à quoi m'attendre j'ai posé le CD sur ma platine.

L'album commence en trombe par des guitares saturées, un beat sauvage et un Joey hurlant "J'arrive, j'arrive, j'arrive... esquive !", énervé comme jamais. La première impression est bonne et les craintes volent en éclat. Mais vite une autre vient s'insinuer dans l'esprit : Pourra-t-il continuer à hurler pendant une heure sans lasser ? Heureusement le vieux roublard du 93 n'a pas passé l'album à hurler mais bel et bien à rapper, nous offrant même une leçon de flow avec "Pose ton gun 2" (plutôt une suite de "Police" à mon sens, mais bon...). Brassant toutes ses influences, passant du rock au dancehall en passant par la biguine ou la chanson française, Joey se fait plaisir, sans calcul n'y prise de tête ce qui rend l'album frais et original.

Ecrit pendant les émeutes d'octobre 2005, l'album en est profondément marqué, que soit sur "Cours", "Hot Hot", "Soldats" avec des Fat cap en grande forme ou encore "Chaque seconde" avec la collaboration du chanteur du BOSS, D.Dy qui donne de la profondeur au morceau.

A croire que tous les participants à l'album aient été en grande forme pour notre bon vieux Joey. Même Dadoo (qui réalise l'album) nous fait une excellente prestation sur "93 déboule". On regrettera juste le très mauvais titre dancehall "The Jam" (avec Nathy et Mr. Toma) qui plombe complètement la fin de l'album qui jusque là fait vraiment plaisir même si "Cours" et "Hot hot" sont un peu trop brouillons à mon avis.

On a droit à des gros délires alcooliques et drogués avec "Carnival" et "Cigarette piégée" dans des ambiances complètement folles, aux flows et instrus variables et changeants.

Poursuivant son introspection initiée sur "Laisse pas traîner ton fils", JoeyStarr nous offre "Métèque" reprenant "Le métèque" de Georges Moustaki (qu'on entend sur le refrain), un pur bijou, le morceau le plus fort de l'album.

Au final, aucune déception, Joey nous offre du vrai bon son. On sent que cet album a été fait avec les tripes, sans calcul, et ça en fait tout le charme. Un album qui pue l'urgence, tout en énergie, taillé pour la scène. Gare au Jaguarr, il n'est pas encore hors-jeu !

Note : 16/20

Tracklisting :
01/ J'arrive
02/ Intro
03/ Métèque
04/ Bad boy
05/ Hot hot (Hâte-toi)
06/ Soldats (feat. Fat Cap)
07/ Question 1
08/ Pose ton gun 2
09/ Question 2
10/ Chaque seconde (feat. D.Dy)
11/ Cours
12/ Carnival
13/ Cigarette piégée
14/ 93 déboule (feat. Dadoo)
15/ The jam "West Indies break bites" (feat. Nathy & Mr. Toma)





(p)&(c) Achim shark 2008
artwork par Jeanne Dubois/Photo par Seb Janiak
http://www.joeystarr.fr

Citations

"Je crois en la prêtrise catholique mon frère !" soeur Marie-Ange Tauaroa

"Nous sommes les missionnaires de l'Eglise de Jésus-Christ !" "Non !" "Mais oui, nous sommes les missionnaires de l'Eglise de Jésus-Christ !" elder Markus Heckmann et un contact

"Je tiens à vous dire" frère Pecqueux-suck

"Hein" frère Michel Voisin

"J'ai pas d'amis moi" frère Michel Voisin

"Quoi" frère Célestin Tiaou

"Tchoh ! Il a dit ceci :" président Tiakura

"C'est trop cher" soeur Tiakura

"Jette ton sac !" deux petites frappes

"Je préfère le vous" fille Forest

"Le mec, tu lui tues un cerf et c'est comme si on lui tue sa femme ou sa voiture..." frère Didier Gavin

"Je voulais venir à l'Eglise mais il y avait trop de soleil..." Rosette Luenu

"L'importance du travail missionnaire c'est très important" soeur Fulituu

"Je pars du principe qu'entre guillemets on est tous foutus" monsieur Nau

"Il faut que vous fassiez du porte-à-porte pour trouver les inactifs" frère Pecqueux-suck

"Vous l'avez invité à l'Eglise ?" frère Pecqueux-suck

"Faut pas se garer là, j'attends du monde" un mec

"C'est ma route !" un squatter

"faut pas venir à midi chez les gens ! Vous avez pas été éduqués ou quoi ?! [...] Je vous dis pas au revoir je vous ai pas dit bonjour !" un mec fâché

"les basques sont toujours dans les élites" un bascologue de Voh

"Missionnaire... J'ai besoin de toi" Jacqueline

"J'assepte" Léonie Didier





(p) & (c) Achim Shark 2007

Avons-nous bien toutou compris ?

Après nous être baignés dans le sang de Léonie nous sommes repartis en marche arrière, les pieds nous faisant atrocement souffrir, le soleil frappant violemment sur nos cranes, nos sacs nous paraissant plus lourds à chaque pas.

Mais courageux nous continuons et faisons du porte-à-porte. Nous arrivons à une maison, une petite entrée de 20 mètre nous en sépare. nous marchons tranquillement, tout est calme et silencieux. Nous sommes presque à la maison lorsque débarquant de nulle part une bête sauvage n'ayant que le meurtre de missionnaires à l'esprit se met à courir vers nous en aboyant furieusement.

C'était un chien. Mais quel chien! D'abord il était très grand (sa tête m'arrive à la taille je pense), il avait beaucoup de grosses dents et le gros problème c'était que son plus grand désir était que nous repartions de là avec chacun une fesse en moins. D'ailleurs c'était vraiment un chien vicieux qui a bien attendu qu'il nous soit trop tard pour repartir en arrière pour commencer à aboyer. Là, j'ai vraiment eu peur, il a commencé à aller vers elder Lundquist, qui a senti sa gueule près de sa descendance. J'ai tenté de fuir. Quelle idée bête. Quand il a vu que je commençais à courir il est venu vers moi plus menaçant que jamais, je me suis alors arrêté et le chien à sauté sur mon sac (qui en garde quelques traces) qu'il a mordu. S'il n'a mordu que mon sac c'est que grâce à la providence divine je l'avais derrière mon dos sinon on ne pourrait jamais plus me dire "bouge tes fesses!".
A ce moment une dame est sortie et a réprimandé le chien et nous a dit :

- Mais il faut appeler un peu avant d'arriver devant la maison!
- ... Peut-être faudrait-il mettre un panneau pour l'indiquer?

Contact.





(p) & (c) Achim Shark 2006

La traversée de Bourail

"Qui es-tu?" "Un serviteur de Dieu en galère de kilomètres." Ainsi pourrais-je me présenter. Etant donc en grosse galère de km samedi, avec mon compagnon nous avons décidé d'aller voir notre amie de l'Eglise Léonie chez elle à pied malgré les 10 km entre sa maison et la notre.

Armés de tout notre courage et de nos parapluies (au cas où) nous sommes partis vers 8 h du matin.

Nous avons ainsi marché sous le soleil brûlant de la calédonie, dans des petites routes tortueuses qui font penser qu'on fait 2 km là où l'on en fait un. Nous avons fait un peu de porte-à-porte sur le chemin.
après 2 heures d'intense efforts nous arrivons chez elle. Il ne nous reste plus que 500 mètres. Le bonheur irradie nos traits lorsque nous voyons... la voiture de Léonie sortir. Elle nous voit tout sueurant, épuisés, les pieds gonflés mais là et elle nous dit :

- Mais... Vous avez où votre voiture
- Ben chez nous...
- Ah mais je suis désolée aujourd'hui je peux pas vous voir...
"Mais qu'aurais-je pu faire à part l'étriper monsieur le Commissaire?"





(p) & (c) Achim Shark 2006

Agressés par un mélanésien bourré

Il y a dans les voitures missionnaires un objet maudit : le compteur kilométrique. En effet les missionnaires ont un certain nombre de kilomètres à ne pas dépasser, soit 2500 pour Bourail qui après être monté au Nord une fois par mois et être allé sur Koné une fois toutes les deux semaines ne lui laisse plus grand'chose, ce qui est dommage.

Enfin dommage, c'est relatif, car pour palier à cela mon compagnon et moi marchons beaucoup dans le village pour ne prendre la voiture que pour aller voir les familles un peu éloignées. Cela nous permet d'être plus au contact des gens, et maintenant la population bouraillaise voit clairement que les mormons sont BEL ET BIEN LA car ils les voient marcher tous les jours dans la rue plutôt que de voir de temps en temps les missionnaires dans leur voiture.

Car il y a des gens dans Bourail qui restent dans la rue toute la journée (sauf entre 12 et 14h ou là Bourail dort!). Parmi ceux-ci se trouvent quelques mélanésiens désoeuvrés des tribus avoisinantes qui passe leurs journées assis sur le trottoir à boire pour être totalement saouls aux environs de 14h30 et à fumer plus de joints qu'il n'y en a dans un moteur de Mercedes.

L'ennui c'est qu'après avoir atteint cet état distingué certains d'entre ces personnes n'aiment pas les petits mormons en cravate et chemise blanche.
Ainsi donc un jour où elder Lundquist et moi-même marchions, un des ces homme nous héla. Il était au milieu d'un petit groupe de personnes dans l'état susnommé, à la différence que lui semblait ne pas bien supporté ledit état qui avait tendance à l'irriter tandis que ses potes ne comprenait pas bien ce qu'on leur disait. Donc il nous hèle et nous venons à lui.

- Vous venez d'où?
- Moi je viens de métropole, dis-je
- Je m'en fous d'où tu viens! [n'est-ce pas ce que tu viens de demander ?!] Vous faites quoi ici?
- Ben on est missionnaires pour notre Eglise et on en parle aux gens que ça intéresse
- Ben moi je m'en fous!
- OK, ben nous on parle aux gens que ça intéresse, si ça t'intéresse pas y'a pas de problème.
- Et vous parlez de quoi?
- De Jésus-Christ.
- Ben moi j'm'en fous, vous voulez faire quoi ici, pourquoi vous venez chez nous ?
- Parce qu'on veut aider les gens qui veulent entendre notre message.
- C'est toi qui me donne mon riz?
- Non.
- Qu'est-ce vous parlez de m'aider! C'est vous qui me donnez mon riz et mon sucre à la maison?
- Non, nous on parle aux gens que ça intéresse que Dieu à rétabli son Eglise de nos jours l'intermédiaire d'un prophète. [nous montrons la brochure du témoignage de Joseph Smith]
- Moi j'me ****** le *** avec ça!
- Ben nous c'est pas grave si tu veux pas nous voir nous y va" et nous commençons à partir.

Là l'homme nous pousse violemment (mais vu les litres d'alcool qu'il a dans le sang c'est pas très fort. "hey mais moi je vous laisse pas partir je veux pas que vous passiez devant moi! je vous laisse pas passer" "Hey mais t'es qui pour nous dire ça?!" Et nous partons.

Et là un de ces potes [il n'y avait que lui de méchant les autres ils étaient en train de se marrer] vient me parler, complètement stone et me dit "oh faut pas faire attention il a pas compris, tu vois moi je crois qu'en Jah! Jah Libérator! Loué soit Jah qui m'a libéré du fléau de l'impopularité!" Bref il était marrant. je m'apprêtais à lui répondre "Babylone tombera!" et partir rejoindre mon compagnon quand l'autre qui ne semblait pas content que parle avec son pote et venu et m'a poussé encore violemment (enfin c'est relatif) son pote là retenu ce qui l'a empêché de paraître ridicule en essayant de revenir vers moi et tombé de tout son long parce qu'avec tout ce qu'il avait bu il pouvait pas marcher.

"Ainsi parle le Seigneur: malheur à celui qui lèvera son talon contre un de mes oints!"

Woops! désolé! =]





(p) & (c) Achim Shark 2006

Phone story (the prequel)

Un matin le téléphone sonne lorsque elder Lundquist et moi-même faisons nos études en équipe. Mon compagnon décroche. Surprise ! C'est notre président de mission de Fiji ! C'est choc parce qu'il n'appelle pas beaucoup des missionnaires de Nouvelle Calédonie. Il demande à me parler :

"Elder Olaso ! J'ai une petite histoire pour toi. Hier, j'étais dans mon bureau lorsque mon téléphone à sonné. J'ai décroché et on m'a dit 'Elder Olaso !' 'Oui, je connais bien elder Olaso, ais-je répondu, il est un de mes missionnaires.' 'Je suis son président de pieu et il n'écrit pas à sa mère !'

Je hais internet qui n'a pas envoyé les messages que j'avais pourtant écrit.





(p) & (c) Achim Shark 2006

Kelenny ou l'oreille musicale précoce

Le mercredi soir, nous autres missionnaires de Païta, nous sommes convoqués chez la famille de Brigitte Témaké. Avant de manger nous présentons une petite pensée spirituelle.

Pour commencer ce mercredi-là - comme les autres - nous chantons un cantique. Adélia, la fille de la famille choisit le cantique. Numéro 124. Le petit Kelleny (20 mois) est sur mon genou. Je commence à faire entendre ma douce voix mélodieuse au creux de sa petite oreille. A ce moment il tourne la tête vers moi et j'ai vu la terreur au fond de son regard et sur son jeune visage. On le sent prêt à pleurer. Il saute alors de mon genou et court se cacher derrière sa mère, terrorisé.

Sale gosse.

Enfin ça prouve qu'il a déjà une oreille musicale bien dévelloppée.





(p) & (c) Achim Shark 2006

Premier porte-à-porte

A Païta il y a un grand quartier de presque 400 maisons : "Sheffleras". C'est des maisons individuelles mais ce sont des HLM (enfin FSH, l'équivalent néo-calédonien des HLM).

On décide d'y faire du porte-à-porte afin d'y emmener le message du salut en commençant par le première rue, la descendant et la remontant.

On descend : rien.

On remonte : une personne prête à nous revoir. Il ne nous reste que 4 maisons.

Un jour sans on dirait... Mais on ne va se laisser décourager, on n'a pas le temps pour ça.

n°15 : "Je dois partir mais revenez un autre jour ça m'intéresserait !" :)
n°16 : des jeunes et des enfants, les plus âgés étant majeurs, il n'y a pas de problème visiblement. Alors qu'attendons-nous ? Présentons-nous !

"On pourrait partager notre message avec vous ?"
"Oui, oui !"

:D

On commence :
Dieu nous aime.
Il a un plan pour nous.
Il a de tous temps envoyé des prophètes pour nous guider.
Il a envoyé son Fils.
Jésus-Christ est mort pour nous.
Vroum.

Vroum ? C'est le camion du père (ou quelque chose d'approchant) qui arrive. Le mec sort. Voix rude et menaçante accompagnée d'une démarche quelque peu ridicule. "Qui vous êtes ?" "Des missionnaires de l'Eglise Jésus-Christ..." "Fichez-moi le camp ! On n'a pas besoin de vous ici !" "Au revoir monsieur ! Bonne journée !"

Rembarrage sévère

:) Mais c'était super drôle.

Enfin bon, après on s'est vengé parce qu'à la maison d'après nous avons pu enseigner la plénitude de l'Evangile du Christ sans être coupé.

On en sort et il ne nous reste plus qu'une maison. Il commence à faire tard. Mais on sent qu'il faut y aller tout de même.

Au même instant à l'intérieur du n°18 une femme est à genoux, priant son Père Céleste pour savoir que faire. Elle termine sa prière et quelqu'un frappe à sa baie vitrée, elle va voir qui est-ce. Deux jeunes gens à l'air étrange, en cravate et pantalon sombre sous un soleil de plomb. "Bonjour madame, nous sommes les missionnaires de l'Eglise de Jésus-Christ des Saint des Derniers Jours. je me présente elder Lamothe et voilà mon collègue elder Olaso..."

Le reste appartient à l'Histoire.





(p) & (c) Achim Shark 2006

samedi 16 août 2008

Yenu "Fao quatr durekazegu"

Je préviens d'avance : ce n'est pas du rap mais du kaneka. mais le kaneka qu'est-ce donc que cela ? C'est la musique des mélanésiens (kanaks) de Nouvelle Calédonie, une musique qui trouve son origine dans la terre, la terre d'où sortent toutes les légendes mélanésiennes. En Calédonie, il y a des tas de groupes de kaneka mais Yenu tire son épingle du jeu, avec un kaneka flirtant avec nombres d'influences, reggae, jazz, soul, chanson française... Originaires de l'île de Maré les chants sont tour à tour en Maré et en français. Les musiques, les textes, les chants, tout est magnifique et touche au coeur. Parfois calme, parfois énergique, toujours mélodieux, un voyage musical magique.





(p)&(c) Achim Shark 2008
artwork par Tam Tam

http://www.mangrove.ws

Fatal Bazooka - T'as vu

Le rap ne cesse de s'enfoncer dans ses propres clichés, c'est bien connu et ça ne semble pas s'améliorer, bien au contraire. Mais que peut-on faire ? On peut pleurer sans fin ou bien en rire. Moi, je préfère en rire, me gaussant des caricatures surmédiatisées que le français moyen assimile au rappeur, casquette, baskets, pas grand-chose dans la tête. Reprenant tous les clichés véhiculés par le rap en les retournant en faisant un produit grand-public, Michaël Youn sous le pseudonyme de Fatal Bazooka nous pond "T'as vu". Le cauchemar des puristes. Enfin moi je m'en fous, c'est amusant le temps d'une écoute. Pas un album çà avoir -ni qui mérite une vraie chronique-, juste un album à écouter, en rire, puis oublier.





(p)&(c) Achim Shark 2008
http://www.myspace.com/fatalbazooka
http://www.michaelyoun.com

MAK "Suaren Garai Erraus Errekai"

MAK est un ( le ? ) groupe de rap basque auteur d'un premier album "Suari Darion Kea" en 2005. 3 ans plus tard ils reviennent avec "Suaren Garai Errauts Enrekai", toujours aussi engagé et explosif. Désormais MAK ne rappent qu'en basque délaissant le français et l'espagnol présents sur le premier disque. Le flow est beaucoup plus abouti, rendant l'écoute beaucoup agréable et prouvant définitivement que le basque est une langue on peut rapper. Les instrus également ont évolués vers le mieux, dans une ambiance toujours plus oppressante, appuyé par des instruments live. Avec cette album les MAK ont grandement amélioré la forme en gardant un fond engagé. N'hésitez pas, les basques apprennent à rapper et ça tue !





(p) & (c) Achim Shark 2008
artwork par les Arbaletes

http://www.myspace.com/makhiphop
http://www.makhiphop.net

Le parapluie

C'est un couplet du morceau "Le parapluie" du Klub des Loosers. J'aime beaucoup, c'est ce que je ressens souvent avec un côté désabusé et moqueur dans le lequel je me retrouve.


Je sais qu'on m'attend au tournant
Mais pour l'instant je suis chez moi
Lorsque le ciel ne pleurera plus j'irai me chercher un chinois
Bien sûr que les types comme moi commandent toujours à emporter
Manger tout seul dans un resto je n'en vois pas vraiment l'intérêt
Autant me tatouer sur le front "en ce moment ça ne va pas fort"
Le jour où je péterai les plombs il y aura des morts et des renforts
Le ciel est une chochotte et je n'ai pas trouvé mon parapluie
Peut-être tente-t-il de se cacher dans l'intimité d'une jolie fille
J'espère qu'il s'y sent bien et qu'il n'est pas trop encombrant
Pas de soucis pour la fille il ne s'ouvre pas devant les gens
Donc encore moins dedans et je me dis finalement
J'ai un objet à mon image, je l'ai perdu comme c'est dommage !
Donc c'est l'histoire d'un parapluie qui n'aimait pas trop s'ouvrir
Car il savait qu'en le faisant il risquait sûrement de souffrir
Un parapluie qui ne sert à rien restant tout seul dans son coin
En rêvant de soleil même dans les instants sans sommeil
Un parapluie qui aurait aimé abriter un couple sur Broadway
Et qui n'avait jamais connu que le crachin versaillais
Mais assez parlé de lui dans cette histoire où je ne l'ai pris
C'était juste un meileur sujet que mon boeuf sauté au curry.





(p) & (c) Fuzati 2005
http://leklubdesloosers.free.fr
www.myspace.com/klubdesloosers

Devinette

Combien faut-il de personnes pour changer une ampoule dans une église mormone ?
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
Alors ? Tu sais pas ?
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
Tu donnes ta langue au chat ?
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
Arrête ! C'est fin facile !
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
Tu veux savoir alors ?
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
Je te saoule ?
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
Alors voilà la réponse :

14 !

1 pour présider
1 pour diriger
1 pour diriger la musique
1 pour jouer du piano
1 pour la prière d'ouverture
1 pour la pensée spirituelle
1 pour fournir l'ampoule
1 pour fournir la chaise
1 pour changer l'ampoule
1 pour la prière de clôture
1 pour s'occuper des rafraîchissements
1 ami de l'Eglise
2 soeurs missionnaires





(p) & (c) Achim Shark 2008
dessins tirés de Lapin par Phiip

le Cercle des Poètes Pyromanes

Seulement trois êtres parmi tant d'autres
Seulement trois fous parmi tant d'autres
Groupuscule d'amis qui devant Babylone mettent une glace
Dangereux comme un couguar en chasse

Assassins pyromanes qu'on rêve de laisser sur le bitume
"C'est pas le feu qui brûle mais celui qui l'allume"
Hardcore sont nos pensées alors on veut nous arracher la plume
"Il ne faut pas laisser d'arme dans la main d'un fou"
Mais dans la bouche d'un fourbe ça me parait flou
Seul le feu nous fait rêver
Haineux envers Babylone même si nous ne sommes pas des
Adorateurs d'Hailé Selassié
Regarde ce que nous sommes en réalité:
Kamikazes organisés en armée

Prêts a mettre le feu a Babylone
Ainsi qu'à tous les lieux ou seul le mal résonne
Notre essence est notre encre et l'étincelle ce papier
Terroristes verbaux aux écrits classés
X, car nous disons de dangereuses vérités,
X, car on ne s'arrêtera jamais
X, car on est venu tout brûler...


__________le Cercle des Poètes Pyromanes :__________
___________Pantxxx, Achim Shark, SSGD.____________


http://cerclepyro.skyrock.com





(p)&(c) Achim Shark 2004

Les Sages Poètes de la Rue "Jusqu'à l'amour"

Les Sages Poètes de la Rue (Zoxea, Melopheelo&Dany Dan) sont les premiers MC's de Boulogne-Billancourt à sortir un disque. Ce fut le classique "Qu'est-ce qui fait marcher les sages ?". Quelques années plus tard, aux commandes de leur propre label "Beat de Boul" ils reviennent avec un double album "Jusqu'à l'amour", 2 autres disques sortiront par la suite.

Avant d'écouter un double album on craint toujours car souvent on a droit quelques bon titres noyés au milieu d'autres variants du moyen au minable. C'est là qu'on a, au fur et à mesure de l'écoute la première bonne surprise de l'album : on a droit à 22 titres (+ intro&fintro) d'une égale excellente qualité. "Carrément top" comme dirait un tahitien.

Ca commence par "J'rock la place", un exercice de style péchu pour mettre l'ambiance. L'album en est ponctué de bout en bout avec des tueries comme "Si tu rap faux", "Bouge tête seuf", "Voulez-vous bouger ?" ou encore "Sur le beat yo !" afin de laisser notre tête remuer dans un mouvement de haut en bas.

Toutes les instrus (signées Logilo, Zoxea[kopat] ou Melopheelo) participent à cette réaction physique qui commence dans notre nuque par une réaction entre les tympans et des beats qui claquent et des mélodies généralement douces nous laissant dans une ambiance tranquille et paisible.

Car ici on est loin de l'ambiance thug, les Sages sont des poètes qui se "battent jusqu'à l'amour et rappent jusqu'à l'amour". Les Sages Po font de la musique parce qu'ils aiment le Hip Hop et veulent partager leur plaisir aux gens, ils ne sont pas là pour se prendre la tête. L'ambiance est donc tranquille, pronant les valeurs premières du Hip Hop : peace, love, unity&having fun sans tomber dans les clichés zulu et rap bouffonant. Ils décrivent simplement, avec sincérité et amour, leur quotidien, s'attachant aux bons côtés de la vie en cité.

Malgré tout nos Poètes sont bien de la rue et ne se voilent pas la face sur les problèmes. Même s'ils n'en font pas leur fond de commerce ils nous offrent de magnifiques morceaux sur celle-ci avec notamment "Barre chocolatée", nous contant l'histoire de dealers de came vu par les yeux innocents de leur fils se demandant pourquoi tant de gens bizarres viennent chez eux pour acheter des "boules deglace à la vanille" ou encore "Le train de minuit", hommage à un guitariste SDF rencontré dans les couloirs du métro.

En bref, un excellent double album, des MC's frais, des flows maîtrisés, des instrus réussies, une bonne ambiance... De quoi nous faire dire "déjà?" avec une note de déception dans la voix quand ça s'arrête.


Note : 17/20

Tracklisting :

CD 1 :

1/Intro
2/J'rock la place
3/La guerre commence
4/J'rap pour les minorités
5/Le train de minuit
6/Si tu rap faux
7/Barre chocolatée
8/Bouge tête seuf'
9/Voulez-vous bouger ?
10/Un homme et un micro
11/Je reste au centre
12/A quoi ça sert les pleurs

CD 2 :

1/La bête domptée
2/On inonde les ondes
3/Dans ce monde
4/Victoire
5/Champion
6/Crève la meuf
7/Sur le beat yo !
8/Chatte casseur
9/Des voix dans ma tête
10/Mascarade
11/J'aurais bien aimé
12/Fintro





(p)&(c) Achim Shark 2008

Faf Larage&Shurik'N "La Garde"

La réunion vynilique des deux frères Faf Larage&Shurik'N (IAM) s'était faite sur la compilation "Choniques de Mars" avec le titre "La Garde meurt mais ne se rend pas", poursuivie par quelques featurings elle se concrétise avec un album "La Garde" en 2000 dans une ambiance de l'an 1000.

Voilà donc la réunion de deux des meilleurs MC's de Marseille, les deux frères Shurik'N et Faf Larage. Les deux ont déjà derrière eux une bon bagage discographique -les 3 album d'IAM et "Où je vis" pour Shurik'N, le EP du Soul Swing et "C'est ma cause"pour Faf-. On a donc pas mal d'attentes par rapport à ce disque et le résultat est bien mitigé. On peu facilement diviser le disque en deux. De "Prophétie" à "Parallèle" on est déçu et d'"A moi la Garde" à la fin on est rassuré. Je ne sait pas trop c'est quoi le problème sur la première partie, l'alchimie entre les 2 MC's ne fonctionne pas, les lyrics s'enchainent mais ne font pas grand-chose.mais aux premières notes d'"A moi la Garde" on se rend compte qu'ils ne faisaient que se chauffer la voix, même si on regrette que ça nous fait 7 morceaux pas folichons. Donc tout démarre vraiment avec "A moi la Garde", égotrip aux allures moyennageuses, une espèce de suite à "La Garde meurt mais ne se rend pas", le tout accompagné d'un bon beat brut de Shurik'N. Les deux frères se donnent à coeur joie dans l'hilarant "La cambriole", l'histoire de deux frères cambrioleurs ridicules, l'un complétement casse pas la tête et l'autre se prenant pour Arsène Lupin, les deux rejetant sur l'autre leur nullité chronique. Les deux frères aiment le Hip Hop et ils le prouvent bien sur des morceaux comme "Dans l'lard" ou "Déterminé" mais ils sont des lyricistes avant tout et nous le prouvent avec "Ca m'saoule" et "Faut que j'renaisse", soutenus par des instrus très douces concoctées par Faf. Puis vient un morceau à part "La légende des deux lames", digne du Chrétien de Troyes, une chanson de gestes à la sauce Hip Hop où on nous compte la naissance et l'épopée grandiose de la Garde.
Un album en double teinte, à l'écoute de la deuxième partie on est un déçu en pensant à ce que cet album aurait pu être si ce niveau avait été présent sur chaque titre.

Note : 10/20

Tracklisting :

1/Prophétie
2/J'ai pas envie
3/Je me dois de représenter
4/Old man
5/Ripaille
6/MCide
7/Parrallèle
8/A moi la Garde
9/Voie lactée
10/La cambriole
11/Ca m'saoule
12/Déterminé ! (intro)
13/Dans l'lard
14/Faut que j'renaisse
15/Déterminé !
16/La légende des deux lames
17/ Voie lactée remix (Bonus track)
Ghost track/La Garde meurt mais ne se rend pas





(p)&(c) Achim Shark 2008
artwork par Tous des K

Mafia k'1 fry "La cerise sur le ghetto"

Créée autour d'Idéal J et Kéry James la Mafia k'1 fry est une association de rappeurs du 94 (l'axe Orly-Choisy-Vitry) qui réunit Rohff, 113, Karlito, Popa Project, Mista Flo, OGB, Sélim du 94, Intouchable, Teddy Corona, Manu Key, Bakar et Je$$y Money. Spécialisés dans un rap de rue basique ils se réunissent pour ce premier long format en 2003. Ils ont depuis sorti un autre album ensemble (et beaucoup chacun de leur côté).

Quand on écoute un disque il faut adapter notre attente au disque qu'on a. Si on attend d'un disque comme "La cerise sur le ghetto" des instrus excentriques et des textes pointus aux thématiques originales à la James Delleck c'est sûr qu'on ne sera jamais satisfait et on risque de crier à mort contre le-dit malheureux disque alors qu'il ne le méritait pas forcément. En effet, que recherche-t-on dans la Mafia k'1 fry ? Des textes sensés et originaux ? Bien sûr que non ! Un produit qui sort des sentiers battus et rebattus du rap français ? Allons, soyons sérieux ! Ce qu'on recherche chez la Mafia c'est du rap bête et méchant à la "Bâtards de barbares", des centaines de punchlines stupides sur un beat crade et lourd, un son qui pue la weed et les merguez huileuses, du "rap de rue" au sens le plus restrictif, mais on s'en fout ça nous fait une heure de vide intellectuel reposant et jouissif. Moi j'aime bien la Mafia k'1 fry et si j'aime c'est pour tout ça. Après j'aime énormément James Delleck (cité plus haut) mais pour d'autres raisons (citées plus haut également).

J'aime bien les intros aussi en général mais je dois dire que cette intro là ne passe. La boucle est saoulante, on se demande vraiment à quoi elle sert. Heureusement viens tout de suite "Pour ceux", la quintessence du style k'1 fry... Ca commence par des hurlements sauvages, ça se poursuit avec un beat bien crade et violent (signé Jakus) et c'est parti pour 6 minutes de brutalité rapologique. Les rimes s'enchaînent dans une surenchère de la violence et de la rue et on secoue la tête en braillant avec Rohff "Pour ceux qui bougent/Pas pour ceux qui se chient dessus/Qui s'tapent même quand on est plus à marcher dessus/Pour nos soeurs qui seront les mères de demain/Wesh, wesh cousin, Mfaia k'1 k'1/Pour tous les Karlouches, les Arlbouches, les Manouches aux regards louches/Hardcore même quand ça galoche/Pour les cas sociaux qui font de fautes sur les murs, qu'ont des lacunes/Pour les Touaregs, les pirates du bitume/Qu'ont plus de chico sur le côté, qui boîtent, balafrés avec un oeil qui part en couille/Toujours devant quand y'a embrouille...". Jouissif. Le meilleur titre de l'album. c'était une bonne idée de le mettre au début parce qu'on a parfois besoin d'un truc qui accroche pour réussir à tenir les 16 titres lorsque certains nous semblent parfois longs, voire très longs.

La folie "Pour ceux achevée on découvre "CBR". C'est à peu près la même chose que "Pour ceux", un niveau en dessous à part que ça parle plutôt des sous (On dirait pas toujours mais il y a des thèmes dans la Mafia k'1 fry, même si ça tourne toujours autour de la même chose : la rue) avec l'inévitable sample d'un film de gangsters en intro. On continue avec "Lourd", c'est toujours sur la vague de "Pour ceux" avec une sirène westcoast en plus et l'énergie en moins. Après trois titre de la même chose (en moins en moins bien) on en a un peu marre, le filon "Pour ceux" ce tarissant on passe aux titres sur la rue. "En bas des tours", le genre de trucs entendu 1000 fois, un morceau transparent dont ne se souvient pas près écoute. Une petite histoire (de rue évidemment) complètement nulle avec "Story mafia", le plus mauvais titre "cinématographique" que je n'ai jamais entendu et on repart sur la rue avec "Elle" (elle, c'est la rue, quelle surprise). Encore un titre entendu 1000 fois tout comme "Balance" (commequoi il faut pas balancer).

Le feu du début est bien fatigué, avec "Liberta" (sur la prison, je pense que vous aviez deviné) l'alchimie reprend un peu grâce aux cris "Liberta ! Liberta !" (le sample de Scarface, il le fallait bien à un moment ou un autre) qui tiennent lieu de refrain. Et là c'est la bonne surprise de l'album "La cerise sur le ghetto" par Intouchable. Le thème est toujours le même (la rue, le biz, les sous, le rap...) mais l'instru est sympa, arrondie à la basse, les textes bien écrits et bien posés par celui qui est (à mon avis) le meilleur MC de la Mafia, Demon One. Un des titres les plus touchants sur la rue. A écouter !

Les "stars" de la Mafia, 113&Rohff se réunissent pour un titre-type "113&Rohff". Instru un poil électro, très loin de l'ambiance des autres intrus du disque, une chanteuse r&b au refrain, ça sent fort le hit à la "Au summum", 113&Rohff savent bien faire ça.

mais bon c'est bien beau la rue mais dans le rap français comme chacun sait il faut être contestataire, un brin révolutionnaire, en bref engagé sur au moins un morceau sinon ça le fait pas. On a alors l'attraction du disque, à exposer dans les foires : "L'Etat". Des textes vraiment engagés et sensés, tranchant comme une lame de rasoir. A côté tout l'album "L'homicide volontaire" d'Assassin semble n'être que de l'égotrip. Le refrain : "M'en bat les couilles de la gauche/J'encule la droite/Vers la gauche, vers la droite/Lève le doigt ils nous exploitent!". Ca vole haut. Parfait pour confirmer l'image du rap casquette, basket, misogyne et sans hygiène, pas grand chose dans la tête. Ca voulait être rap conscient, ça devient rap amusant, ça fait plus rire que les attentats d'IAM...

Et soudain on arrête de rire et on se demande qui a changé le skeud lorsque Kéry James déboule avec ses mélodies africaines et ses textes moralisateurs et réellement conscients. ca fait un heureux contraste avec la stupidité précédente. "Nuage de fumée 2" donc, Kéry le sage conseille les jeunes de s'éloigner de l'alcool et du shit.

Fin de l'intermède mélodique et inspirant avec "Rabzouz" réunissant tous les MC's arabica du crew pour un égotrip délirant. Un titre très sympatique, j'aime beaucoup.

A l'époque de guerre Eastcoast/Westcoast Tim Dog avait réalisé le titre "F*** Compton" (anti-westcoast). Les 2 MC's les plus présents de l'album, Rim-k du 113 et Rohff ont l'excellente idée de reprendre le titre mais ce coup-ci c'est "F.U.C.K. ton pote" où ils énumérent toutes les raisons pour lesquelles on doit fuck ton pote justement. Ca fonctionne complètement, c'est très drôle et décalé, la tête secoue bien.

L'album se termine comme il se commence avec un plage totalement nulle et insupportable. "Rusé (la gamberge)" parait interminable.

Au final, un bilan très contrastévec autant des morceaux inécoutables ( "Intro", "Story mafia" et "Rusé (la gamberge)" ) que d'excellents morceaux ( "F.U.C.K. ton pote", "La cerise sur le ghetto" et surtout "Pour ceux" ). le tout entouré de morceaux sympatiques ( "Rabzouz", "CBR" ) et d'autres largement dispensables.

Du rap de rue, juste de rue, avec ce qu'il peut donner de mieux comme de pire.

Note : 8/20

Tracklisting :

1/Intro
2/Pour ceux
3/CBR
4/Lourd
5/En bas des tours
6/Story mafia
7/Elle
8/Balance
9/Liberta
10/La cerise sur le ghetto
11/Official (feat. Lara)
12/L'Etat
13/Nuage de fumée 2
14/Rabzouz
15/F.U.C.K. ton pote
16/Rusé (La gamberge)





(p)&(c) Achim Shark 2008
artwork par Julien Pelgrand, Jérôme Colliard et Eric Baquet

http://www.mafiak1fry.com
http://mafia-k1-fry.skyrock.com

Skunk Anthology

"Mmm Skunk Anthology, formé comme un bon 2 feuilles" comme dirait la fille sur l'intro. Car oui, Skunk Anthology, première mix tape sortie par 75021 music, c'est comme une grosse ganja party d'une heure et demi avec les X men, L'S.kadrille, Iron Sy, Sadik Asken et bien d'autres.

On commence avec un bon gros buzz à la purple. DJ Loud chauffe les platines pour nous l'allumer. Les premières taffes s'élèvent. Elles sont agréables. On sourit. On recracle la fumée et on croit distinguer des "Gorilles dans la brume", Ill&Dy, on ramène "La brigade du shit" aka Farman club pour un voyage enfumé dans Iron Zion, le paradis vert d'Iron Sy. Ketro nous invite : "Sors ton bloc ton de douce" nous dit-il, on ne se fait pas prier et on acquiesce, on kiffe et le bad trip de Joe Lucazz à fond dans sa "Skunk story" nous semble être tout sauf mauvais. Malgré on en vient à tousser à l'écoute du décevant "PP...Pénurie" d'Atimali&Octobre Rouge (morceau qu'on retrouve dans une version encore plus fatiguante ur "24/7" de ces derniers).

On a beaucoup fumé d'un coup alors on pose notre spliff le temps d'une bière parce qu'entre "Boire ou fumer" Nakk a fait son choix : boire. C'est tellement bon que la bière se vide vite fait. On reprend notre bédo et un bégaillant et excellent Doowill nous nous explique comment il aime fumer tandis que Cross nous le dit carrèment : "Je fume" et il n'aime pas ça. On se demande pourquoi parce que bordel, on du bon shit jusqu'ici! On approche de la fin du collage et l'effet commence à faire agréablement sentir. Notre perception du monde change. Tout semble briller, les gens paraissent brusquement sympatiques même à Fuzati. On rigole stupidement. On devient bête mais qu'est-ce qu'on kiffe ça ! Tout ça se passe dans une "Fumée épicée" accompagnés par Sadik Asken&Red-Bull qui se révélent excellents proche du coma.

Mais, malheur ! On a fini de fumer notre purple. On écrase notre mégot dans le cendrier et on en roule un autre (à l'herbe orange pour le coup) en écoutant un freestyle bien sympa de Metek, Test, Eloquence, Apôtre H&Disiz la Pest, avec le freestyle à la fin de l'autre face, le seul titre qui n'a rien à faire avec la fumette.

On allume notre second spliff en changeant de face. On a beau passer un bon moment "Popo...pèpère" grâce à Kamal&Mekhlouf, malgré tout le kif n'est plus le même et dans le fond du cerveau nait le mal tant redouté : le mal de tête. On a beau tirer, on ne trouve plus le même plaisir. Est-ce à cause d'une mauvaise herbe ? La présence des Exilés et d'X-Taz dans notre collage n'est peut-être pas pour rien dans la baisse d'apétit canibique mais je pense plutôt que la cause en est une certaine lassitude. Trop fumer tue la fumette. On a beau retrouver de bonnes sensations grâce à la "Skunk pathology" de Zio John, les scratches fumants des Coup 2 Cross ou au "Dirty dancer" Mac.Yavel.

La tête en vrac on laisse notre buzz s'éteindre entre nos lèvres désséchées avec les 9M4 avant de l'écraser en écoutant un excellent freestyle deDy, Kamal, Joe Lucazz, Cross&Cassidy.

Skunk Anthology c'est une mix-tape qui enfume le cerveau et donne les yeux rouges. Comme un gros spliff, c'est cool un moment mais quand ça se prolonge ça saoule.

Note : 12/20

Tracklisting :

Purple side :

1/Intro (DJ Roc)
2/Gorilles dans la brume (Ill&Dy)
3/La brigade du shit (Farman club)
4/Iron Zion (Iron Sy)
5/C'tout pour les cancevas (L'S.kadrille)
6/Sors ton bloc de douce (Ketro)
7/Skunk story (Joe Lucazz)
8/PP...Pénurie (Octobre Rouge&Atamali)
9/Boire ou fumer (Nakk)
10/Si tu kiffes... (Cassidy)
11/Je je t'explique (Doowill)
12/Je fume (Cross)
13/Fumée épicée (Sadik Asken&Red-Bull)
14/75021 freestyle (Metek, Test, Eloquence, Apôtre H, Disiz la Peste)

Orange side :

1/ Stepoin (Test&Metek)
2/Popo...pèpère (Kamal&Mekhlouf)
3/Le crâne en deuil (Kennedy&Sinik)
4/Pour un moment de détente (Les Exilés)
5/Explishit lyrics (X-taz)
6/Dédicae aux accros (Les Fédéraux)
7/Skunk Pathology (Zio John)
8/Je t'apprends rien (Niro&Vensty)
9/Ranges ton popo (Chiens 2 Tci)
10/Skunk interlude (Coup 2 Cross)
11/Freestyle (Demon one&OGB)
12/Splifflife (Flynt)
13/Dirty Dancer (Mac.Yawel)
14/9M4 c'est du bon... (9M4)
15/75021 freestyle (Dy, Kamal, Joe Lucazz, Cross, Cassidy)



(p)&(c) Achim Shark 2008
artwork par Jerry One