jeudi 25 décembre 2008

Biscuit des rois

Levure et farine sous ses doigts s'entremêlent,
Chaque sourire est un pudding de saveurs.
Religieuse nappée du suc de mon coeur,
J’ai fondu devant des yeux couleur caramel.

Le poète ne peut l’atteindre quoi qu’il veuille :
Pour ses sablés je rime sur mille-feuille ;
Pour chacun, ses mouvements sucrent l’infini.
La pâte crépite et ses mains lui donne vie

Ses effluves m’attirent à son comptoir
Acheter un pain, ce que je voulais faire
Mais je fus rassasié par un seul regard

Hypnotisé, je chantai seul à sa gloire :
« Je ne suis pas roi, mais soit ma boulangère. »,
Tandis qu’impatients, les clients maugréèrent.





(p)&(c) Achim Shark 2008
dessin tiré de "Astérix et Cléopâtre" par Goscinny&Uderzo

La passion

J'ai rencontré la Passion au bord du chemin
Je lui ai dit "Viens !"
Elle m'a répondu "Non !
Ton ventre est bien trop rond !"

Je suis parti seul avec ma surcharge pondérale
Tandis qu'elle perdait sa vertu
Avec le premier venu
La graisse a amorti mais je crois que ça m'a fait mal...

Au bord d'un autre chemin
Il y a quelque temps la Passion j'ai retrouvé
Mon invitation désormais elle acceptait

Contre quelques pièces car depuis peu elle fait le tapin
Je lui ai dit : "Mais tu crois quoi ?
Dégage sale fille de joie !"





(p)&(c) Achim Shark 2006
dessin tiré de Kouin le Canard par Puyo

Le chant de la lame

Avide, la lame s’élance,
Tranchant gorge et fil
De vie en conséquence,
Jamais ne reste tranquille.

Elle désire de sang s’abreuver,
Elle désire s’en éclabousser,
Elle désire entendre des cris s’élever,
Elle désire que son éclat fasse frissonner.

Peu importe qui en est frappé,
Elle va au plus profond des cœurs,
Les pleurs elle fait cesser,
Après son passage plus de douleur,

Juste des cadavres fumants
Dont le sang s’écoulant
Parfume l’air
D’une senteur particulière

Qui flatte les narines
De celui qui tient la lame.
Bientôt d’une voix adamantine,
Sa prochaine rencontre entonnera le chant de la lame.





(p)&(c) Achim Shark 2004
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

L'Amour est mort

Voilà dix-huit ans
Que je survis dans ce monde sanglant
Mais sont mortes mes illusions.

Triste est Cupidon :
Mauvaises nouvelles arrivent du front :
L’Amour est mort,

Les familles sont désunies
Quant à l’amitié,
La voilà foulée aux pieds
Et le démon sourit

Car Babylone a vaincu,
En ses mensonges tous ont cru,
Et ne survit plus que la haine et l’hypocrisie
Au milieu des mensonges et des tueries.





(p)&(c) Achim Shark 2004
dessin tiré de Lapin par Phiip

J'ai trop pleuré

J’ai trop pleuré pour des choses qui n’en valaient pas la peine
Désormais les larmes ont du mal à venir
Et quand elles viennent
Elles n’effacent rien, même pas le souvenir

De ton doux sourire
Je voudrai te fuir, courir
Loin de toi où mon cœur m’emmène
Mais mes chevilles ont des chaînes,

Je trébuche puis me traîne
A tes pieds et tes yeux m’enchaînent
Tandis que mon cœur hurle de peine.

A ta vue je ne cesse de frémir,
M’efforçant de sourire
Cachant ces larmes qui ne me font que souffrir.





(p)&(c) Achim Shark 2004
dessin tiré de Kouin le Canard par Puyo

Entre ses bras

Rien ne vaut l’instant où elle me serre dans ses bras
D’infinis sentiments soudain me traversent le cœur
La joie, la paix, le bonheur et encore bien plus que ça
Je découvre entre les bras de celle qui m’est plus qu’une sœur

Je souhaiterais que cette instant ne cesse jamais,
Que je puisse pour l’éternité
Rester entre ses bras à respirer
Le doux parfum de l’amitié.





(p)&(c) Achim Shark 2004

Rêves

I



Lorsque je suis dans les bras de Morphée
Parfois je me surprends à rêver
D’amour et de paix,
De joie et d’unité,

De personnes aux visages épanouis
Vivants dans le respect d’autrui
De peuples ayant oubliés le chant des armes,
Ne s’occupant que de la nature et ses charmes.

Je rêve d’un monde de confiance
Où seul subsiste l’amitié,
D’un monde où vivre est une chance

Mais bientôt l’harmonie est brisée
Par le réveil et son goût amer
Dans ce monde qui ressemble fort à l’Enfer


II



Lorsque je suis dans les bras de Morphée
Parfois je me surprends à rêver
De haine et de guerre,
De peine et d’un souverain nommé Lucifer,

De gens ne pensant qu’à leur argent,
De mères donnant à leurs enfants
Du rat au repas tandis que d’autres
A quelques mètres dans des orgies se vautrent.

Je rêve d’un monde gouverné par l’égoïsme
Où la violence domine,
Où tous les hommes sont des connards,

Je souhaite alors fuir ce cauchemar
Mais j’ai beau attendre le réveil ne vient pas
Car notre monde ce n’est que ça.




















(p)&(c) Achim Shark 2004
dessins tirés de "Elftor" par Alex

Enterrement

De voir ton cercueil dans ce cimetière,
De voir ton corps s’enfoncer dans la terre,
De savoir ton cadavre déposé dans la bière,
De te savoir dévorée par les vers,

De ne plus voir celle qui m’est plus chère
Que ne le serait une sœur,
De tenir dans ma main cette unique fleur
M’ôte toute envie d’être fier.

Maintenant que tu es là-haut
S’il te plait ne me regarde pas trop,
Je ne pourrais que te décevoir
Quand tu verras le fond de mon âme noire.

On m’a dit que les meilleurs partent les premiers
Et devant ta tombe je me dis que c’est vrai
Mon amie, jamais je ne t’oublierai
Et à jamais je te regretterai.





(p)&(c) Achim Shark 2004
dessin tiré des Céréales du dimanche matin
par Zack Weiner

Dernière volonté

Un jour la mort vient chercher chacun,
Peu importe que tu trouves ça malsain.
Moi-même je devrai partir,
Et je me demande à quoi je pourrais servir.

J’aimerais faire de ma vie
Quelque chose de bien,
Stopper de l’argent l’hégémonie
Et que comme sentiment il n’y ait plus rien
Que l’amour et l’amitié.
Que la charité remplace la pitié
Et que le mépris cède place au respect.

J’aimerais laisser de bons souvenirs,
Ou au moins peu de mauvais,
Mes amis jamais faire souffrir
Et jamais trahir leur amitié.

J’aimerais que ma fin
Soit aussi celle de la faim
Et celle des guerres.
Et quand de mon poids j’allègerais la Terre,
J’espère aussi alléger sa peine,
Qu’entre les hommes il n’y ait plus de haine.

J’aimerais ne pas attrister le cœur
De celle qui m’aime, ma mère.
Mourir pour ressusciter ma sœur
Faire plaisir tant qu’à faire.

Mais si je n’avais qu’une seule dernière volonté,
J’aimerais d’essence me faire arroser
Et mourir en brûlant Babylone,
N’épargnant rien n’y personne.
Que ses cendres soit répandues aux quatre vents
Et que tout en chantant
Mes frères y construisent Sion.

Finalement je vais mourir pour rien, quel con !





(p)&(c) Achim Shark 2004
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner

Une vallée au loin

Loin de la folie de Babylone, s’élèvent des montagnes où l’homme n’ose pénétrer. Au centre de ces montagnes sauvages se trouve une vallée merveilleuse, un des seuls endroits où la Nature ai encore ses droits. Là, un lac aux eaux limpides abrite toutes espèces de poissons, de la truite aux milles feux au discret brochet. Cette eau pure abreuve les racines du plus rieur des saules pleureurs. Un lapin bondissant a construit non loin, dans un creux de verdure, un terrier au vu de l’appétissante herbe environnante. Un renard roux le guette, caché derrière un jeune prunus vigoureux. Un pivert frappant sur cet arbre rythme cette matinée égayée par les gazouillements de toutes sortes d’oiseaux fêtant le retour du soleil sur cette terre favorisée par Mère Nature. Un majestueux aigle royal, souverain sans conteste de ce petit coin de paradis où chacun peut se nourrir à sa faim, observe son vaste territoire du haut de son perchoir, un promontoire rocheux situé sur la montagne toute proche. Il est à l’affût, tout comme l’ours brun qui guette, à quelques mètres de là, une ruche d’abeilles affairées qui s’est installée dans un ancien trou d’écureuil. Une abeille ouvrière décide alors d’aller prospecter le pollen des fleurs situées au pied de l’arbre. Elle descend et percute soudain, à quelques centimètres du sol, un étrange objet de métal. Il s’agit du casque d’un soldat d’une armée de Babylone ayant combattu dans cette vallée quelques dizaines d’années auparavant. Les différents combattants avaient tous péris dans la bataille et leur chair en décomposition avait constitué l’engrais qui permit à cette vallée de prospérer et ainsi devenir aussi édénique.





(p) & (c) 2003 Achim Shark
dessin tiré des Céréales du dimanche matin par Zack Weiner