dimanche 6 décembre 2009

Bouteille échouée

Je lance une bouteille à la mer. Sera-t-elle lue ? Sera-t-elle bue ? L’alcool ne réglera pas tes soucis, l’eau minérale non plus. Je vis sans plus. Sans moins non plus. Je vis c’est tout, je vis c’est rien. Je suis en chien. Les larmes du chien. Le chien de l’arme. Arme de destruction passive, télévision, télé fiction. Vie fictive, espoirs brouillés, rêves volés. J’espère voler. Avion brûlé décolle sans aucune destination. Je m'envole sans destin ni nation. Citoyen incolore, chloroforme inodore, sodomie indolore, société buggable, nouvelles buzzables. Futur. Mur. Obscur. Noir. Espoir ? Je marche vers la gloire en courant à ma perte. Je cours plus vite que je ne marche, dommage. Bientôt chômage, bientôt je croirai aux illuminatis, mon doigt dans l’œil de la pyramide. Je marche sans guide. Je prends du bide. Je me sens vide, j’ai besoin d’être aidé, aimé, qui sait ? Pas moi. Je pense à moi : envie de vomir. Sans rire. Sans être le pire. J’ai rien en ligne de mire, à part un mur ou la station MIR. Sans queue ni tête comme une blonde. Une tombe. Je sombre. Les catacombes de ma mémoire. Squelettes dans le placard. Un art de famille, un air de cafard. Cafard, spleen, ce qu’il se cultive dans ma vigne. Une ligne d’horizon. Appelle-moi le patron, je suis Roi, je suis moi, sans toit on prend la pluie. Tu suis, pas moi. Je suis, pas toi. Y’a quoi ? Gaulois, Valois, bats-moi, paroi, pas roi, que moi sans moi, sans loi, sans toi, tu vois ? Je bois à la lie de Paris. Hallali, Magali, son mari, mon cri, mon prix. Sans valeur. Malheureux sans malheur. Chanceux sans bonheur. Bonne chance sincère. Cœur en vacance, bonne chère. Chère amie punie, marrie. On sourit, c’est du faux, amitié fausse, souvenir partagés. Passé, page tournée, larmes coulées, sable écoulé, lambeaux de sentiments dépassés, semblant repassés. Tristesse macérée, filtrée, édulcorée. Le temps passe, les amitiés s’effacent. Reprises de contact : farces. Avançons, passons, maçons de notre maison, notre existence. Pense à l’avenir, ne pense qu’à finir, à fuir, que reste-t-il à dire ? Ave Caesar, morituri te salutant. Mon père demeurait sous une tente. Son fils un demeuré saoulé par Kant. Vante la vente de corde pour pendre un poids en trop. Un poids en moins, un poing au coin, un de moins au point de ralliement. Il ment, il pend, il peut, c’est un gueux. Rien de mieux. Un pieux. Vampire braqueur de banques de sang manque de couleurs. Sur la plage, rougir. A force de languir il meurt, cendres, soleil levant, orient, occident, rap conscient, conscient de rien, marchand de vent, marche devant, marche funèbre. Phèdre. Attalie. Italie. Spaghetti. Wack MC. Lundi jour de pluie. Mardi joie de vivre. Temps mort. Embarque au port. Port de pêche. Pêche au gros, gros péché. Déprimé, suicidé, cœur arrêté, pris au filet. Esclaves, chantages, marchandages. Trop mat. Bateau pirate. Bateaux piratés, volés. Femmes violés, villes incendiées. Encre, plume, papier, derniers mots écrits sous la lune. Tempête dans un encrier, tempête sous un crâne, tempête sur une vague. SOS, bouteille lancée, à l’intérieur papier. Qui viendra sauver ? Laissons tomber, laissons sombrer. Ombre. Lumière. Femme entière. Main tendue. M’a-t-on cru ? Pus écoulé, Abcès percé, vidé. Poète inspiré. Cheveux de jais. Cœur arraché, caressé, réparé. Demain : épines, tristesses, quatre mains, Céline, promesses. Peut-être.




(p)&(c) Achim Shark 2009
dessins extrait des mini strips de Frederic Noens par Frederic Noens


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