samedi 20 juin 2009

Le Pingouin "Hyper urbain"

Lorsqu'on essaie de chroniquer un disque, quoi que l'on veuille, on en vient à coller des étiquettes et finalement ça se révèle assez pratique. La difficulté lorsque le premier album du Pingouin, groupe bordelais, « Hyper urbain » arrive à nos oreilles. Qu'est-ce que c'est ? Du rap ? Oui, mais pas que. Du slam ? On pourrait y penser mais finalement non. De l'électro ? Il y en a un peu mais ça reste malgré tout rock. Disons juste que c'est du « Hip Hop alternatif » pour cacher qu'on ne sait pas définir cet album atypique.

Les trois membres du groupe, Monsieur Crâne, Père Dodudaboum et Petit Fantôme s'en donnent à cœur joie durant les 12 titres de court LP à base d'électro-rock-funk-Hip Hop. Les formats des morceaux sont totalement anarchiques, certains n'ont pas de beat, peu ont un refrain, certaines commencent par un couplet pour finir totalement instrumentalement… Le Pingouin s'amuse à brouiller les pistes mais on sent que cela a été fait par pur plaisir et non pour avoir un style. Aux premières écoutes j'ai pensé à du James Delleck en un peu moins bien et beaucoup plus brouillon même si au final tout comparaison serait une erreur.

Les thèmes sont variés, les fachos, l'uniformité, l'Etat, la pornographie, la solitude, le suicide, le Hip Hop… Mais le groupe étant adepte de l'écriture automatique, rien n'a l'air tout à fait réfléchi, les textes suivent leurs propres routes, tout comme les instrus, le fil conducteur n'est pas souvent gardé durant tout un titre. Ce côté brouillon de l'écriture rends parfois les textes difficile à comprendre d'autant qu'ils sont parfois perdus dans la masse sonore très riche. Le plus gros reproche iraient néanmoins aux flows, pas toujours terrible, mais ça reste un premier album.

En bref, un album intriguant, peut-être un peu opaque à la première écoute mais qui réussit le pari difficile de l'originalité malgré un côté brouillon parfois agaçant. A suivre…





(p)&(c) Achim Shark 2009

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