mercredi 24 juin 2009

Tekitek "Mes pelures sont plus belles que vos fruits"

« Mes pelures sont plus belles que vos fruits » ou le meilleur des freestyles de Tékitek aka Tékilatex. Je reste émerveillé par ce titre, comment trouver une parabole aussi extravagante voire même arrogante mais néanmoins poétique ? Et pourtant il n'en est pas faux car bien qu'il ne soit pas la sortie de l'année ce « street album » (comme on dit) se révèle une très bonne surprise et bien supérieur à la majorité des sorties crunk et dirty south.

Le disque commence avec « L'envol du corbeau » qui donne le ton du skeud. Rebaptisé Tékitek, Tékilatex a laissé de côté ses délires pop et disco de « Party de plaisir » pour servir un produit beaucoup plus rap aux ambiances très eurocrunk. L'ambiance est plutôt énervée, Téki n'est pas là pour rire « dans [sa] tête c'est Gotham city, chacun pour sa gueule », l'égotrip est omniprésent, Téki nous apprend qu'il est prêt à rapper « sur n'importe quel beat si t'as la thune/Mercenaire du rap moi j'en ai rien à foutre », il « tranche la gorge des rappeurs avec l'anneau de Saturne », « c'est l'heure de juger et [il a] des punitions pour tous », ici on est sur « la quatrième dimension et toi y'en es qu'à la une » et « c'est de la bombe et tu ne crois pas si bien dire/C'est la grande distribution et je suis une usine à hits/On a remarqué que nos classiques t'inspirent/On trouvera dans les tiens des phases des miens dans facile 15 piges ». On a bien compris, l'ambiance est égotrip tout au long du disque, blindé de punchlines mais Téki est bon à ça, alors pourquoi se plaindre ? L'ambiance eurocrunk très réussie de « L'envol du corbeau » se retrouve la majorité du disque, notamment sur « Bâton merdeux » et « The six pack anthem » mais les instrus restent d'un niveau inférieur. D'autres sonnent plus dirty south comme « Un million » ou « La messe ». « Miami lies » ou « Go go go (to the disco) » sont les exceptions dancefloor de ces pelures. En bonus Téki nous sert quelques freestyles sir des sons improbables comme « Rymden » sur de la pop suédoise.

Au niveau des invités, Cuizicuiz (mais pas Tidotid) vient prêter main forte à Tékitek sur plusieurs titres, par forcément pour le mieux comme sur « Un million » où il ne semble pas très en forme. Il se rattrape sur « The good guys » extrait de son troisième « Pour les filles » qui voit la meilleure prestation du Genevan Heathen de la série. L'ami suisse apparaît aussi sur « Miami lies ». Le So Fresh Squad qui apparaît au côté de Cuizi sur « Un million » aide à remonter le niveau du titre, mais pas suffisamment pour qu'il en devienne indispensable. Quant à Joke, il se révèle une agréable surprise.

Au final une poignée de titres resteront durablement dans la tête, « L'envol du corbeau », « Miami lies », « Truman show », « Je parle aux chats », « Googlez ma gueule », « Rymden » ou encore « La messe ». Mais dès quelques écoutes passées une certaine lassitude s'installe dûe à une certaine redondance des thèmes et des ambiances. Mais, soudainement, le CD s'approche de la fin de ses tournoiements, quelques notes résonnent : un sample, "Orange mécanique" et un beat super crade à l'ancienne. Voilà la pièce maîtresse : « Agent Orange » qui reprend le titre emblématique de Cage sur une instru de Necro sorti en 1997. Téki commence en répétant la première réplique d'Orange mécanique -toute la partie "C'était moi et mes droogies dans le bar à lait prenant des forces pour une bonne fête d'ultra violence"- sauf qu'Alex devient Julien.

Puis cela commence réellement, le beat revient et les punchlines s'enchaînent. « Le doyen du rap païen/Dieu est dans cet arbre » « Le poing en l'air sous le tonnerre/Quand Tékitek s'énerve c'est le ciel qui pique une grosse colère ». Téki nous sert un texte très riche comme il a oublié de le faire depuis un bon moment où se mèle étrangement égotrip et introspection : « Orange mécanique pour ma résurrection/J'ai perdu toutes mes illusions depuis ma crucifixion/Et je me pose même plus de questions à peine responsable de mes actes/Mes yeux pleurent des larmes de métal... » « Il n'y a pas que de l'amour sous cette épaisse couche de chair/Le visage lourd de peine/J'entonne aux jeunes de faire la fête/Qu'ils meurent tous un par un c'est tout ce que je pense dans ma tête/Vivement le silence dans ma tête/Que je n'entende plus ce que mes démons manigancent sans arrêt »...

Et le tout se termine sur un cut de l'intro du « Liquid Swords » de GZA « People said his brain was infested by devils ».

Je suis complètement fasciné à son écoute, il exprime énormément de ce qui se trame dans ma petite boîte crânienne, tout ce que j'essaye vainement d'exprimer depuis bien longtemps. Ce titre m'a fait un effet comme peu m'en on fait et justifie à lui seul l'achat de ce skeud qui ne manque pourtant pas de qualités.





(p)&(c) Achim Shark 2009

2 commentaires:

  1. Bien le post
    tu pourrais surement m'aider, Tekitek conseil d'écouter du "Alexis sweet?" à la fin de Rymden, aurais tu un ptit lien ??

    ps : orgasmic déglingue sur six pack

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  2. C'est Alexis Weak en fait :
    http://www.myspace.com/alexisweak

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